(1993, Alex de la Iglesia)
Premier film (et à ce jour encore son meilleur) du cinéaste espagnol Alex de la Iglesia,
ACCION MUTANTE est un bijou d'humour noir, de satire sociale,
de science-fiction et d'action violente. Un véritable plaidoyer en faveur de la laideur
et du mauvais goût avec plusieurs moments mémorables : la scène de carnage de
l'enlèvement de la fille du milliardaire lors de son mariage où tous les invités y
passent; les scènes avec le frère siamois qui doit composer avec son demi-frère
décédé (qui ressemble à un pantin ridicule) mais toujours accroché à lui; la finale
sur la planète Axturias filmé « en direct » par un commentateur
féru de sensations fortes, véritable pied de nez aux « reality shows ».
Dommage que de la Iglesia ait perdu quelques plumes depuis ce premier film éclaté et
complètement dément. Un régal.
CUBE (1997, Vincenzo Natali)
Premier long métrage du cinéaste canadien Vincenzo Natali, ce petit film fort efficace
et sans prétention s'est avéré une merveilleuse surprise. Un huis-clos prenant et
réussi qui rappelle les romans de science-fiction de Serge Brussolo des années '80 (par
exemple, Enfer vertical en approche rapide). La scène d'ouverture est fort
réussie. Une belle découverte.
DEMOLITION MAN (1993, Marco
Brambilla)
Mais voyons, qu'est-ce qu'un film avec Stallone viens faire parmi les meilleurs films de
science-fiction? Bien tout simplement parce que DEMOLITION MAN
est une des meilleures réussites hollywoodiennes dans le genre. Un film bourré d'action
et d'humour satirique (Los Angeles est désormais San Angeles, une société
pacifiste où la violence et le langage vulgaire sont défendus) qui, injustement, n'a
obtenu qu'un succès limité. Les scènes d'action sont efficaces et inspirées du cinéma
d'Hong Kong. Un des meilleurs rôles de Wesley Snipes en vilain de service. Stallone
demeure et demeurera toujours Stallone, c'est-à-dire un gros abruti sans talent, mais ici
il est employé à meilleur escient qu'à l'accoutumé et on ne peut que sourire lorsqu'il
tricote un chandail pour Sandra Bullock.
GAMERA 2 : ADVENT OF
LEGION (1996, Shusuke Kaneko)
Deuxième volet d'une nouvelle série japonaise dans les années '90 (trois volets
jusqu'à présent) consacrée aux exploits de la plus célèbre tortue géante et volante
qui a vu le jour pour la toute première fois en 1965, GAMERA 2
est le meilleur film consacré à ses aventures. Les effets spéciaux sont à la hauteur
et le duel titanesque entre Gamera et la légion d'insectes volants est fort
efficace. Moins tarte et enfantin que les autres films du genre (spécialement les
nouveaux MOTHRA), ce film est un MUST pour les amateurs de
« kaiju », les films de monstres japonais.
HARDWARE (1990, Richard
Stanley)
Imaginez Dario Argento réalisant une version de TERMINATOR
et vous aurez une bonne idée du HARDWARE de Richard Stanley.
À partir d'une idée fort simple, Stanley a réussi un film fort maîtrisé techniquement
(le soin apporté à la photographie et au travail sonore est remarquable), doté d'une
bande sonore hallucinante de Simon Boswell. De la science-fiction atmosphérique et gore.
Une production qui rappelle de nombreux films de par son sujet et son scénario, mais qui
se signale par son travail fort singulier.
THE MATRIX (1999, Andy &
Larry Wachowski)
Malgré tout ce qui a été dit, THE MATRIX demeure un des
films les plus divertissants de la grosse machine hollywoodienne. Du divertissement de
haut niveau qui aurait mérité un scénario plus étoffé, mais qui livre la marchandise
en matière d'action et d'effets spéciaux ingénieux. Le spécialiste Yuen Woo Ping a
fait un travail colossal avec les comédiens pour des combats réglés à la perfection
qui ont presque la grâce des meilleurs films d'arts martiaux dHong Kong. Ne manque
que la vitesse d'exécution, mais ça
c'est une autre histoire.
STARSHIP TROOPERS
(1997, Paul Verhoeven)
Quelle joie de voir un film aussi destructeur et violent que ce STARSHIP
TROOPERS, véritable satire du nazisme. Un film énergique à souhait, où la
violence, caricaturale soite, est étonnamment (pour un « blockbuster ») ultra
sanglante et saignante où l'on retrouve le Verhoeven ravageur de TOTAL
RECALL et ROBOCOP. Les effets spéciaux sont tout à
fait remarquables. Du divertissement comme il devrait toujours se faire : décoiffant
et intelligent. Malheureusement, le film a connu un bide au box-office lors de sa sortie
en salle.
TERMINATOR 2 : JUDGMENT DAY
(1991, James Cameron)
Un film fort inférieur à son prédécesseur, T2 se retrouve
parmi mon Top 10 ne serait-ce que pour la première heure ou encore pour son innovation
technologique. En deuxième partie, ça se gâche royalement, par contre, et Cameron a
beaucoup changé en sept ans (entre TERMINATOR et T2) : ici, les policiers survivent aux fusillades (on leur
tire dans les genoux) alors que dans le premier, ils y passaient pas à peu près.
TETSUO II : BODY HAMMER
(1992, Shinya Tsukamoto)
Remake d'un premier film expérimental tourné en 16mm trois ans auparavant, TETSUO II est une véritable charge contre la société moderne
japonaise. Une société tellement centrée sur la productivité et le développement
technologique que certains êtres se transforment carrément en machine. Ce qui donne
droit à un montage épileptique de Tsukamoto et le film, plein de bruit et de fureur, est
un des plus importants des années '90, malgré sa réputation de film culte. Une vision
ultra nihiliste et anarchique de la société de consommation japonaise. Un must pour les
amateurs de « cyberpunk ».
TOTAL RECALL (1990, Paul
Verhoeven)
Sans aucun doute le meilleur film de science-fiction des années '90, TOTAL RECALL (adapté d'une nouvelle de Philip K. Dick) a le
mérite de conjuguer avec bonheur tous les meilleurs ingrédients des films de
science-fiction : de l'action et de la violence à couper le souffle, un scénario en
béton qui allie intelligence et rebondissements, des effets spéciaux fort réussis, une
réalisation inventive et un montage serré qui ne laisse aucun temps mort, des comédiens
solides y compris Arnold qui s'en sort adéquatement dans un double rôle, etc. Autant
d'éléments qui font de TOTAL RECALL un divertissement riche
et de première qualité.
À venir prochainement, les pires citrons des années '90 ainsi que les autres
meilleurs et pires films de science-fiction des autres décennies!
Pascal Grenier
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