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Les
pires films de science-fiction des années '90
Voir un mauvais film peu s'avérer une expérience pénible ou encore fascinante.
Pénible, si le film est intolérable ou insupportable. Par contre, un film tellement
mauvais peut devenir fascinant à bien des égards : qualité technique déficiente,
talent limité, effets spéciaux risibles; autant d'éléments qui peuvent tout de même
être divertissants en raison justement des nombreux défauts du film. Dans ce bilan des
pires films de science-fiction des années '90, je me suis plutôt attardé à la
première catégorie, car ces films pénibles ont été pour la plupart une énorme
déception ou un fiasco total.
10 pires films des années '90 (en ordre
alphabétique) :
ALIEN3 (1992, David Fincher)
Ce troisième volet de la série ALIEN, qui a nécessité pas
moins de sept scénaristes et qui a été constamment remaniée, est la première
réalisation de David Fincher. C'est un film d'une prétention sans bornes et un hommage
pompeux au film LA PASSION DE JEANNE D'ARC de Carl T. Dreyer.
Le suspense et l'action sont pratiquement inexistants et la réalisation est immature et
trop saccadée. Ennuyant et extrêmement décevant, surtout comparé aux précédents
volets, deux chefs-d'uvre dans le genre suspense (ALIEN)
et action (ALIENS).
THE FIFTH ELEMENT (1997, Luc
Besson)
Luc Besson avoue avoir écrit THE FIFTH ELEMENT après avoir visionné STAR WARS alors qu'il était adolescent. Or,
il aurait dû retravailler son scénario de ce bordel informe qu'est THE FIFTH ELEMENT, un ramassis pêle-mêle des
meilleurs films du genre. Tout est dans la forme, mais absolument rien dans le contenu.
Chris Tucker est carrément insupportable en drag
queen de service. Même la violence, caractéristique importante dans l'uvre de
Besson, est ici cartoonesque et incolore. Une grenouille morte enrobée d'un beau costume
de Jean-Paul Gauthier, voilà ce qu'est THE FIFTH ELEMENT.
GODZILLA (1998, Roland Emmerich)
Remake insultant et insipide du plus célèbre monstre du Japon, GODZILLA made
in USA est un navet de la pire espèce. Non seulement les pires films de GODZILLA made
in Japan sont 100% plus divertissants que ce citron, mais en plus les concepteurs de
ce remake ont radicalement modifié le look de Godzilla qui ressemble
davantage à un T-Rex de JURASSIC
PARK. De plus, la majorité de l'action (où Godzilla
sème la panique à New York) se passe sous la pluie ou dans la noirceur. Matthew
Broderick et Jean Reno perdent leur temps dans une galère pareille.
INDEPENDENCE DAY (1996, Roland Emmerich)
Succès inestimé et impensable pour cette production ultra-patriotique auquel les films
de Chuck Norris ont l'air de modèles de crédibilité et de subtilité en comparaison.
Tellement GROS (des vaisseaux spatiaux aussi gigantesques que des métropoles!) qu'on y
croit pas pour cinq secondes. Tellement niaiseux (Will Smith qui ne pense qu'à botter le
cul aux extra-terrestres après qu'ils eurent pratiquement démolit la ville de New York
en dix minutes) que ça devient consternant. Ça débute comme un film de catastrophe et
ça se termine sur une leçon de patriotisme éhonté où le sort de la planète repose
entre les mains du Président américain, rien de moins.
JUDGE DREDD (1995, Danny Cannon)
Sans contredit la pire adaptation d'un héros de comic, JUDGE DREDD
est une bêtise filmique dont tous les participants devraient avoir honte. Rien à sauver
de cet incommensurable nanar. Stallone n'a jamais été aussi bas, ce qui est peu dire.
L'humour est de facture zéro. Quel gâchis!
NO ESCAPE (1994, Martin Campbell)
Mélange de film de science-fiction, d'aventure et d'un film de prison, NO ESCAPE est
un réel ennui pour tout spectateur averti. Aucune originalité, une mise en scène
routinière au possible et des comédiens au jeu appuyé (mention spéciale à
l'insoutenable Stuart Wilson dans le rôle de Marek). Bref, rien à sauver de ce
supplice de deux heures.
PREDATOR 2 (1990, Stephen Hopkins)
Suite merdique d'un bon film d'action assez efficace, PREDATOR 2 transporte
l'action de la jungle à la ville. Il y avait pourtant matière à une forte dose
d'adrénaline, mais la réalisation incompétente de Hopkins et un scénario insipide à
souhait font de PREDATOR 2 un navet enrageant.
STARGATE (1994, Roland Emmerich)
STARGATE est un film hautement insatisfaisant qui, à partir d'une prémisse
intéressante, ne s'avère qu'une version pharaonienne de STAR WARS, l'efficacité
laissée au placard. Incroyable à quel point le film ne livre aucunement la marchandise
mis à part les quelques effets spéciaux réussis. Emmerich, un tâcheron d'origine
allemande, a réalisé les excréments ID4 et GODZILLA par la suite.
TANK GIRL (1995, Rachel Talalay)
Qu'ossé ça c'te film-là? Non mais, excusez mon langage, mais y'a-t-il quelqu'un qui
peut m'expliquer le but de ce film carrément insupportable qui a vraisemblablement
détruit la carrière (si tant soit peu établie) de Lori Petty, qui était effectivement
épouvantable dans le rôle titre. Quand on transforme un rappeur en kangourou c'est la
preuve qu'il y a un problème quelque part
UNTIL
THE END OF THE WORLD (1991, Wim Wenders)
Film ambitieux (tourné dans 15 villes différentes sur quatre continents) qui a détruit
aa carrière de Wenders, UNTIL THE
END OF THE WORLD est une pseudo-réflexion de trois
heures qui ne va et ne mène nulle part. Un road movie dans le désert ça peut
passer (PARIS, TEXAS par exemple), mais un road movie de science-fiction sous
forme de réflexion et de parabole sur la fin du vingtième siècle, bien, non merci
ça ne marche tout simplement pas. Seul point intéressant est la bande sonore. Un film
d'autant plus désolant quil marque le début de la fin d'un des cinéastes les plus
importants du cinéma post-moderne des années '70 et '80.
À venir prochainement, les années '80 ainsi que les autres meilleurs et pires films
de science-fiction des autres décennies.
Pascal Grenier
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