
Sean Connery: Infatigable
Acteur sérieux, qu’on refusa de considérer comme tel jusqu’au moment où à la stupéfaction générale, il abandonna le rôle de James Bond qui avait pourtant fait sa renommée, Sean Connery a démontré au cours des trente dernières années qu’il était un interprète consciencieux et doué, capable de personnages complexes à qui il a donné allure, dimension et classe.
L’Oscar qu’on lui remit pour sa prestation dans "The Untouchables", confirma, plus qu’il ne prouva, une étonnante diversité et un riche polyvalence. On exagérerait en disant qu’il est dans une classe à part. Personne ne disconviendra, en revanche, qu’il appartient à cette élite de "présences hors-normes" dont on ne se lasse jamais et qui donne au cinéma international son panache et son éclat.
Rien ne prédestinait ce géant à une carrière aussi riche. Né, Thomas Connery, à Edimbourg (Écosse), le 25 août 1930, d’un père camionneur et d’une mère qui faisait des ménages, il montra dès l’enfance une instabilité et une marginalité qui stupéfièrent ses parents. À 15 ans il quitta le toit familial et mentant sur son âge, s’engagea dans la Marine marchande. Démobilisé, il remplit les métiers les plus ingrats, depuis maître-nageur, nettoyeur de latrines, plongeur dans un restaurant et polisseur de cercueils jusqu’à vendeur par correspondance, chauffeur d’autobus, équarrisseur et promeneur de chiens dans les quartiers chics.
Pour échapper à la monotonie d’une vie sans reflet, il fréquente les gymnases de culturistes et fait la connaissance de modèles qui posent chez les peintres et les sculpteurs. Il sera bientôt du nombre et rencontrera une faune intéressante qui l’introduira dans les milieux du théâtre et du cinéma. À la fin des années 40, il touche son premier cachet après avoir posé pour des réclames de maillots de bain. On le retrouve six mois plus tard en marin dans la comédie musicale "South Pacific". Tels sont les débuts modestes d’un acteur qui ne croyait jamais côtoyer un jour les plus grands de son art.
Mordu de théâtre, il joue avec des semi-professionnels puis avec des inconditionnels de théâtre classique. Cantonné dans les rôles d’Écossais - il ne souhaitera jamais se départir de son accent - il prend de l’assurance et se voit confier des rôles d’importance. C’est à Edimbourg que le remarque le réalisateur Montgomery Tully qui lui donne sa première chance au cinéma dans "Les Criminels de Londres". Suivent "Train d’enfer" et "La plus grande aventure de Tarzan" qui imposent son physique impressionnant et sa tête de baroudeur.
Mai c’est "Dr. No" de Terence Young, qui en l’imposant, en fera une vedette internationale. "Dr. No", on le sait est le premier "vrai" film de James Bond, et dans son genre un mini-classique ou à tout le moins un film-culte.
Et Sean Connery est à jamais identifié au personnage de l’agent 007. Pourtant en 1962, année où le film fut tourné, personne ne voulait de lui, et encore moins l’auteur Ian Flemming qui disait: "Ce sera David Niven ou rien". Oui, mais Niven ne montrait pas le même intérêt. Il fallut la persuasion (et l’argent) des bailleurs de fonds, Saltzman et Bruccoli, pour convaincre le romancier que "Connery était le seul acteur capable de rester dans la mémoire populaire". Le succès du film, plus que les millions avancés, l’en persuada.
Connery joua par la suite dans six autres aventures de l’agent de sa gracieuse Majesté, "From Russia With Love", "You Only Live Twice", "Diamonds Are Forever" et beaucoup plus tard "Never Say Never Again". Mais en 1964, Connery manifesta son mécontentement: "Les millions me grisaient mais me détruisaient un peu plus chaque jour. J’ai voulu briser mon contrat, mais on m’a menacé de retentissants procès que j’aurais de toute évidence perdus". En 1964, dont, il joue parallèlement dans "Marnie" pour Hitchcock et "La colline des hommes perdus" pour Sidney Lumet. "L’homme à la tête fêlée", d’Irvin Kershner dans lequel il est très crédible, nous montre un interprète tout à fait différent, capable d’humour et de fantaisie.
Son contrat résilié, il se consacre aux grands rôles de composition. Michael Caine et lui sont excellents en mercenaires dans "The Man Who Would Be King", de John Huston. Il est mémorable en Robin des Bois vieillissant aux côtés d’Audrey Hepburn dans "Robin and Marian", de Richard Lester, et en quinquagénaire amoureux dans "Five Days, One Summer", de Fred Zinnemann. " Il n’a pas son pareil, dit son ami Michael Caine, pour choisir un scénario. Il choisit ses personnages non pas en fonction de l’interprétation qu’il peut en fournir mais pour la qualité de l’histoire. Si l’histoire lui plaît, c’est à demi gagné. Et si le personnage est essentiel à l’intrigue, c’est dans la poche. Il n’est jamais mauvais dans le film. Il éclate de partout. Et le temps ne fait rien à l’affaire. "
Loin de s’essouffler avec les années, le voilà plus en forme que jamais au cours des années ‘80. "The Highlander ", "Presidio", "Family Business", "The Name Of The Rose" et "The Untouchables" qui lui vaut un Oscar d’interprétation, nous montrent, non pas un acteur fatigué, mais un interprète en pleine possession de tous ses moyens. Il abordera les années ‘90 avec la même énergie et le même optimisme débordant. "The Russia House", "Rising Sun" et "Medicine Man" sont à verser au dossier d’un acteur qui ne manifeste aucun désir de s’arrêter et ce, malgré de très graves problèmes de santé en 1992 alors qu’on a diagnostiqué un cancer des polypes. Obéissant aux conseils de ses médecins, il a connu une sabbatique de 18 mois pendant laquelle il a repris du poil de la bête. Et le voilà prêt à reprendre un collier qui n’a rien du carcan.
En première noces, Sean Connery fut le mari de la comédienne Diane Cilento qui mérita une nomination pour un Oscar pour son brio dans "Tom Jones". Leur union, amorcée en 1962 et terminée en 1973 a donné naissance à un fils, Jason, qui suit le creuset parental. Il est marié en secondes noces avec le peintre Micheline Roquebrune avec qui il fait bon ménage. Elle l’accompagne sur tous les plateaux du monde et partage sa passion du golf. Que demander de plus... ou de mieux ?
Filmographie
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Let's Make Up |
1955 |
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Time Lock |
1957 |
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No Road Back |
1957 |
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Action of The Tiger |
1957 |
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Another Time, Another Place |
1958 |
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Hell Drivers |
1958 |
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A Night to Remenber |
1958 |
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Tarzan's Great Adventure |
1959 |
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Darby O'Gill & The Little People |
1959 |
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Operation Snafu |
1961 |
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The Frightened City |
1961 |
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The Longest Day |
1962 |
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Dr No (007) |
1962 |
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From Russia With Love (007) |
1963 |
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Goldfinger (007) |
1964 |
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Woman of Straw |
1964 |
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Marnie |
1964 |
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Thunderball (007) |
1965 |
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The Hill |
1965 |
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A New World |
1966 |
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A Fine Madness |
1966 |
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You Only Live Twice (007) |
1967 |
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Shalako |
1968 |
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Red Tent |
1969 |
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The Molly Maguires |
1970 |
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Diamonds Are Forever (007) |
1971 |
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The Anderson Tapes |
1971 |
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The Offence |
1973 |
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The Wind and the Lion |
1975 |
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The Man Who Would Be King |
1975 |
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Robin and Marian |
1976 |
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The Arab Conspiracy |
1976 |
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A Bridge Too Far |
1977 |
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Zardoz |
1973 |
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The Terrorist |
1974 |
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Murder on the Orient Express |
1974 |
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Meteor |
1979 |
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Cuba |
1979 |
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The Great Train Robbery |
1979 |
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Time Bandits |
1981 |
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Outland |
1981 |
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Wrong is Right |
1982 |
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Five Days One Summer |
1982 |
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Never Say Never Again (007)
Dernier James Bond de Sean |
1983 |
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Sword of the Valiant |
1983 |
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The Name of the Rose |
1986 |
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Highlander |
1986 |
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Happy Anniversary 007 : 25 Years of James Bond |
1987 |
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The Untouchables |
1987 |
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The Presidio |
1988 |
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Memories of Me |
1988 |
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Family Business |
1989 |
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Indiana Jones and the Last Crusade |
1989 |
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The Russia House |
1990 |
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The Hunt for Red October |
1990 |
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Highlander 2 , The Quickening |
1991 |
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Medicine Man |
1992 |
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Rising Sun |
1993 |
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Black Scorpion |
1995 |
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Black Scorpion |
1995 |
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First Knight |
1995 |
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Dragonheart |
1996 |
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The Rock |
1996 |
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Avengers, The |
1998 |
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Playing by Heart |
1998 |
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Entrapment |
1999 |
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End Game |
2000 |
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