XXIIIe siècle. Un médecin corrompu ressuscite un corps cryogénisé du XXe siècle et lui intègre la mémoire factice, fabriquée de toutes pièces, d'un Atlante n'ayant jamais existé. Jon Ricard se réveille avec deux personnalités, celle d'un médecin côtoyant celle d'un mercenaire. Il devra composer avec cette double identité afin de mettre fin au trafic des "ressuscités" que dirige le dangereux Cernìcalo.
Le monde futuriste de Le ressuscité de l'Atlantide n'a que peu de choses à voir avec les visions exagérément idylliques ou glauques qu'on nous présente habituellement. Ainsi, d'un côté le chômage, la famine et la guerre ont été enrayés (d'accord, cela relève presque du miracle), mais de l'autre, le crime et la corruption règnent toujours parmi les politiciens... pour ne nommer que ceux-là. Le trafic des Réchauffés, par exemple, est un exemple flagrant d'esclavage toléré par une société hypocrite que l'on croirait pourtant idéale.
L'un des thèmes du récit est la fascination des personnages du futur pour ce passé d'où vient Ricard, l'univers avant la bombe donc, que l'on imagine plus riche en idées et en identités. Parlant de diversification, dans ce monde dépeint par Jean-Louis Trudel, l'anglais n'a pas envahi tous les recoins de la planète, car il a fusionné avec l'espagnol, donnant ainsi naissance à une espèce de patois hybride. Roddenberry s'en retournerait dans sa tombe...
Si la collection Fleuve Noir n'a pas toujours eu bonne réputation, il est rassurant de constater que les choses semblent changer. Le ressuscité..., quoique restant essentiellement une histoire de SF, se lit aussi comme une intrigue policière qui évite les clichés. Une bonne lecture, donc, pour les amateurs des deux genres.