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Littérature SF&F

Blunt les treize derniers jours
AUTEUR : Jean-Jacques Pelletier
Éditions : Éditions Alire
Cible: adulte
509 pages
Illustration de la couverture : Jean-Pierre Normand

blunt.gif - 24.123 KQui aurait cru qu'un auteur québécois pourrait donner un nouveau souffle au thriller, redéfinir le roman d'espionnage. J'en ai fait ce constat en lisant Blunt, les treize derniers jours, un roman de Jean-Jacques Pelletier paru aux éditions Alire en 1996. Je me mords les doigts de ne pas avoir fait la lecture de ce roman plus tôt. De plus un deuxième roman du même auteur, poursuivant la même idéologie, vient de paraître : La chair disparue.

1986 : les deux grandes puissances mondiales signent d'obscurs accords. Nicolas Strain, agent d'une grande agence de renseignements américaine en est témoin. Il doit donc fuir, se cacher sous une nouvelle identité, cesser officiellement de vivre pour ne pas périr.

1995 : neuf ans plus tard, la ville de Montréal est secouée par de mystérieux attentats. Nicolas Strain surgit alors sous le nom de Horace Blunt. Il aura à mener une enquête sur ces événements qui iront plus loin qu'on aurait pu le croire. La sécurité mondiale se voit peut-être même mise en gage.

Ce qui m'a le plus surpris dans ce roman, c'est l'emprise que cette histoire a eue sur moi. L'intrigue est montée avec une telle intelligence, une telle logique, qu'on lit le livre sans intermission. L'auteur sait parfaitement comment nous tenir en haleine. Il nous dévoile l'intrigue goutte à goutte, de façon à ne pas nous laisser la chance d'anticiper le moindre développement.

Outre la forme, il y a le fond. Pelletier traite le terrorisme sous un angle différent. Il nous présente le monde du renseignement d'une façon curieuse. Il nous dévoile aussi une Amérique qui se trouve sous les assauts de l'information et de la désinformation. Une Amérique exhibitionniste, pour citer l'auteur. Il nous fait découvrir une facette critique de la mentalité contemporaine américaine.

"… le premier souci des États-Unis lors d'un éventuel conflit, serait de passer l'événement en direct sur toutes les chaînes de la télévision nationale". Cette citation du roman nous montre un avant-goût de la l'Amérique que veut nous présenter la CIA, SVR, NSA, et combien d'autres agences d'information qui semble être les réels dirigeants du monde.

Ma note pour Blunt : 9˝ sur 10. J'ai très hâte de lire La chair disparue, question de m'émerveiller à nouveau devant ce grand auteur qui apporte une vision critique authentique sur notre monde.

 

Philippe Lebel


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