Des prophètes l'on prédit, la fin du monde est prévue pour l'an 2000. Aux quatre coins du globe, la veille du 1er janvier 1999, les évènements se précipitent ; l'éradication de la race humaine est enclenchée. Le règne de Satan serait-il arrivé ? Sous les yeux de témoins horrifiés, un virus étrange dévore hommes et femmes de l'intérieur. De ces gens, il ne reste qu'une flaque gluante et informe. Parmi les survivants, certains ont des visions, d'autres, tels des illuminés, sont à la recherche de l'Élue. D'autres encore sont épargnés, mais observent avec le plus grand désarroi et l'impuissance la plus totale, ces phénomènes étranges. Néanmoins, les survivants ont un point en commun : tous ont moins de 20 ans. Tous les adultes sont morts. Plus de règles, plus de lois, l'anarchie est devenue le mot d'ordre. Pour ceux qui atteindront l'âge fatidique au cours des prochains mois, une course contre la montre, mais surtout contre la mort, s'engage.
Avant d'aller plus loin, j'aimerais émettre des réserves quant au public cible de Compte à Rebours. Suite à une recherche sur Internet, j'ai trouvé le site d'une librairie qui inscrivait la mention " fiction pour 9 à 12 ans ". Or, il s'agit, et de loin, d'une série dédiée aux jeunes adultes. Le récit est noir, les personnages, jeunes et déjà coincés dans des situations difficiles : alcool, drogue, violence entre amoureux, prostitution. Paradoxalement, on parle de réalités touchant des adolescents, mais l'histoire est racontée d'une telle manière qu'on a davantage le sentiment qu'il s'agit d'adultes. Encore heureux qu'on rappelle leur âge, sinon le récit perdrait en crédibilité, d'autant plus que le monde adulte a été anéanti.
Ceci dit, amateurs de séries, vous serez gâtés. Compte à rebours cumule douze titres, chacun portant le nom d'un des mois de l'année précédant l'an 2000. Chaque chapitre détermine le lieu et l'heure où se passe l'action. Le rythme du premier tome, Janvier, est plutôt lent bien que le premier chapitre soit assez efficace. Le niveau du récit de Janvier se maintient en " surface ". On met en place les lieux et les personnages dont l'histoire évoluera dans les prochains titres. D'autres viendront se greffer en cours de route - Après avoir lu Janvier et Février, j'ai poursuivi avec Mai et des personnages m'étaient totalement étrangers. - Dès Février, les textes ont plus de substance, mais encore là, on étire la sauce. N'est-ce pas là le propre de certaines séries : soutenir juste ce qu'il faut d'attention du lecteur pour l'inciter à se procurer le prochain numéro. Dans le genre, l'auteur Daniel Parker remporte le pari. Un dernier point, à certains moments, la traduction peut agacer dû à l'accumulation de termes issus de l'argot français. Cela ne gâchera pas pour autant votre plaisir.
Pierrette Giroux