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Littérature SF&F
Préparez-vous pour Sac d'os! Bag of Bones est le titre du prochain roman de Stephen King, roman qui sera en librairie en version originale anglaise le 22 septembre prochain. Les éditions Albin Michel, qui ont les droits de la version française, ont annoncé sa sortie en français à l'automne 1998 sous le titre "Sac d'os" (le titre n'a pas été confirmé). King a changé d'éditeur et ce nouveau roman est le premier à voir le jour chez Scribner, une des filiales de Simon & Schuster. Un mois avant la sortie du livre, l'éditeur m'a expédié le premier chapitre de Bag of Bones. C'est de ce chapitre dont il sera question ici. Dès les premières lignes, une chose étonne; le roman est narré à la première personne. Un cas assez rare chez King, qui n'a utilisé cette forme de narration que très peu souvent au cours de sa carrière. L'exemple le plus évident de cette forme est le roman Dolores Claiborne, mais dans le cas de Bag of Bones, le niveau de langage est fort différent. Michael Noonan, le narrateur, est écrivain. Il nous raconte donc son histoire comme il l'aurait racontée s'il l'avait inventée... Il s'excuse même parfois de prêter des émotions aux protagonistes, n'étant pas certain que c'est bien ce qu'ils ont ressentis, mais qu'il imagine la chose plausible. Car pour nous raconter son histoire, Mike a interrogé plusieurs personnes, témoins des divers incidents qui se sont produits. Toujours dans le premier paragraphe, on remarque que l'action de Bag of Bones se déroule à Derry, Maine, petite ville typique de ce coin de pays et que l'auteur (et ses lecteurs) a déjà visité dans les romans IT et Insomnia. Retour dans le Maine, donc, endroit que King avait négligé avec ses quatre derniers romans (Desperation, The Regulators, The Green Mile et Wizard and Glass). Et donc retour, en partie, à ce bon vieux King aux clins d'œil comme celui de la résidence d'été de Mike Noonan, qui est à Dark Score Lake, l'endroit où Jessie Burlingame était demeurée emprisonnée dans Gerald's Game. Et en lisant ce premier paragraphe (et il est court!), le lecteur est tout de suite accroché. Pas de bavardage, pas de longue mise en situation; paf! Un punch, comme ça. Puis, on se rend compte que King a téléphoné son effet — comme il le fait souvent — en lançant ce punch et en revenant en arrière par la suite pour nous raconter comme c'est arrivé. Il se sert de petits détails pour installer un suspense qu'il a pourtant vendu dès le départ, et réussit non seulement à maintenir notre intérêt mais même à nous surprendre. Enfin, comme King sait si bien le faire, l'intrigue passe subtilement d'éléments réalistes et bien ancrés dans l'esprit du lecteur à un élément surnaturel, que le narrateur et principal personnage s'empresse de nier (et de rationaliser autant que possible)… Et c'est déjà la fin de ce premier chapitre, dont j'ai soigneusement évité de vous raconter l'histoire, question de ne pas vous gâcher le plaisir, chapitre qui laisse le lecteur avec suffisamment d'intérêt pour avoir hâte de pouvoir lire la suite, le 22 septembre prochain. Chose certaine, ce King-ci m'a l'air de relever à la fois de ce bon style confortable qu'on connaît à l'auteur, mais avec un petit quelque chose de différent, ce qui me laisse optimiste pour la suite. Je vous laisse donc là-dessus, en terminant avec la reproduction de cette lettre adressée par King à ses lecteurs. (Ce court article a été publié une première fois dans Fenêtre Secrète sur Stephen King #15, voir http://www.generation.net/~imagene/fsking/ pour information sur cette revue).
Lettre de King à ses lecteurs concernant Bag of Bones. Chers lecteurs, Lorsque j'ai commencé à travailler sur Bag of Bones, le roman qui sera publié par Scribner à l'automne 1998, j'ai regardé le calendrier et réalisé que la cinquantaine allait me frapper de plein fouet. Ça fait plusieurs années depuis Carrie, Salem et Le Fléau; beaucoup de bon temps pour moi, et — je l'espère — beaucoup de frissons pour les gens qui lisent mes livres. Mais cinquante est un âge dangereux, un âge où un écrivain doit trouver quelques nouveaux lancers s'il veut continuer à avoir du succès. Je pense que j'ai toujours une bonne balle rapide lorsque j'en ai besoin, mais pour Bag of Bones, j'ai utilisé quelques glissantes, quelques changements de vitesse, et peut-être une courbe ou deux. J'ai voulu écrire au moins une autre bonne histoire d'épouvante avant d'atteindre le grand 50, mais je voulais aussi autre chose: raconter une histoire combinant le suspense romantique de Rebecca et cette sorte de terreur qui est issue de La Hantise et L'Inconnu. J'ai aussi voulu écrire sur le Maine, encore. Je m'en ennuyais après le temps que j'ai passé au Nevada (Désolation) et dans le sud (La Ligne verte). J'ai un nouvel éditeur, j'ai voulu lui livrer le meilleur livre qu'il m'était possible d'écrire. J'ai voulu raconter une histoire qui plairait à mes vieux amis, et peut-être m'en ferait de nouveaux. Bag of Bones est le résultat — une somme de tout ce que je connais sur le désir, les secrets et la mort. Si j'avais à la décrire, j'appellerais ça une histoire d'amour hantée. J'espère que vous l'aimerez, ![]() |
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