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Littérature SF&F québécoise

THE BOOK OF KNIGHTS

AUTEUR: Yves Meynard
ÉDITION: TOR Books
Cible: 12 ans et plus
1998, 222 pages

Ce n'est pas tous les jours qu'un francophone publie un livre écrit directement en anglais. Ce n'est pas tous les jours, non plus, qu'un québécois publie chez la prestigieuse maison américaine Tor Books (à ma connaissance, seule Élisabeth Vonarburg l'avait fait auparavant). Mais Yves Meynard a réussi ce double exploit avec un roman de fantasy, ce qui mérite d'être salué.

Passons au contenu, maintenant. Dès les premières pages, Meynard réussit à nous rendre sympathique son personnage principal, Adelrune, alors âgé de cinq ans. Il découvre un livre dans lequel on parle des chevaliers, de leurs quêtes, et décide que lui aussi, plus tard, fera partie de la confrérie. Mais le contraste avec le monde ambiant (qui se limite alors à la ville) est très assez grand. On dirait le Québec des années 30, empêtré dans la religion et le respect des règles et tabous divins. Tout y est, même un genre de catéchisme que les jeunes apprennent par coeur. À douze ans, Adelrune part à la recherche de Riander, qui deviendra son maître, son enseignant dans l'art de la chevalerie.

Mais avant la page 72, il ne se passe pas grand-chose d'intéressant. J'avoue avoir eu un peu de peine à me motiver pour me rendre jusque-là. Après, ça décolle, c'est de mieux en mieux presque jusqu'à la fin. Il y a des trouvailles intéressantes, Meynard évite les clichés du genre (ce qui est très rare), mais Adelrune se sort toujours d'embarras avec trop de facilité. Après quelques épisodes, on n'arrive plus à s'en faire pour le héros dont la psychologie est assez sommaire. Mais on continue à lire, pour les trouvailles d'imagination qu'on retrouve un peu partout.

Et c'est comme ça qu'on arrive à deux chapitres de la fin, alors qu'Adelrune revient à sa ville natale pour y achever sa quête. Je n'ose pas donner trop de détails, pour ne pas déflorer le livre, mais il me semble que, malgré les explications qu'il donne par la suite à son maître, son meurtre n'est pas du tout justifié et justifiable, si on se fie à la logique du personnage tout au long de ses aventures, avec laquelle il entre en contradiction. Sans motif. Peut-être Meynard a-t-il voulu éviter le piège d'une fin heureuse, mais on n'y croit pas, ni même au repentir d'Adelrune au dernier chapitre, adouci par un plaidoyer de Riander pour le pardon aux gens qui commettent des fautes graves, sans pour autant être de mauvaises personnes.

Puis on boucle la boucle, Adelrune repart en quête d'héroïsme et un nouvel apprenti arrive, qui a déjà lu ses aventures.

Somme toute, c'est un livre divertissant où l'imagination caractéristique d'Yves Meynard est au rendez-vous, mais il comporte des lacunes sur des points où il nous avait habitués à beaucoup mieux.


Claude Mercier



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