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Littérature SF&F québécoise SUR LE SEUIL
Le contenu, maintenant. C'est complexe. Thomas Roy est l'écrivain le plus célèbre de l'histoire du Québec, traduit en une dizaine de langues, et Hollywood a fait quelques films à partir de ses livres. Alors, quand il arrive à l'hôpital psychiatrique en état de catatonie après s'être coupé les dix doigts et avoir tenté de sauter par une fenêtre, on devine un peu l'intérêt que le personnel lui porte. C'est Paul Lacasse, un psychiatre en fin de carrière, désabusé et cynique, qui récupère le cas, après que Jeanne, une autre psy, ait admis qu'elle était trop impliquée émotivement pour agir de façon sensée. Tous deux tentent de se procurer des renseignements sur la vie personnelle de l'écrivain, pour mieux le guérir. C'est là que Charles Monette arrive, journaliste véreux et biographe de l'auteur, et essaie de leur soutirer des renseignements, en échange de ceux qu'il possède. Il sera très utile tout au long de l'histoire, pour découvrir de nouvelles données sur sa vie peu banale. Au centre de l'histoire se trouve un cahier où sont présents quarante-trois articles de journaux, relatant des drames, et que l'écrivain a employés dans ses textes. Je ne vous en dis pas plus, sauf qu'on en vient à tomber dans le surnaturel (même si Lacasse rejette cette hypothèse au début). Ça finit dans l'horreur totale, apocalyptique (et très bien décrite).
Mais il n'y a pas que de l'action. Beaucoup de psychologie, énormément, les personnages sont forts, vivants, complexes, ce sont des humains, pas des super-héros sans peur et sans reproche. De la réflexion, aussi. Sur le Bien, sur le Mal. Sur le sens de la vie. Sur les illusions qu'on se fait parfois. Les désillusions.
Le seul petit point négatif que je peux trouver, ce sont les premières pages du premier chapitre, alors que Lacasse arrive à l'hôpital psychiatrique. Vu la narration à la première personne du singulier, au présent, c'était un peu incongru qu'il nous fasse une présentation des lieux et des gens (un peu comme s'il savait qu'on était dans sa tête, ou comme s'il y avait une voix hors champs). Mais on oublie vite tout cela, la narration gagne en efficacité et on est partis!
Un roman à lire absolument, sous peine de passer à côté d'un bouquin vraiment génial!
Citation : "J'aime mieux être déprimé dans une certitude que dans le doute", p. 260. Liens "littérature S-F" ![]() |
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