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Littérature SF&F

VILLA BINI
AUTEUR: Serena Gentilhomme
ÉDITION: Éditions de L'Harmattan, coll. Écritures
CIBLE: Adultes
1997, 110 p.

Petit conseil en passant avant de commencer ma critique de ce livre : quand vous signez un contrat, assurez-vous d'avoir bien vérifié s'il n'y a pas d'autres clauses au verso. Sinon, qui sait ce qui pourrait vous arriver...

C'est ce que Ghislain Daroy apprend à ses dépens. Il faut tout de même mentionner qu'il est né perdant, et que perdant, il le sera éternellement. Ni beau, ni vraiment intelligent, né d'une famille assez particulière et solitaire, personne n'a jamais remarqué son existence à Besançon avant la Signora Lucida Bini, son prof de maîtrise en italien, qui l'invite à un séminaire qu'elle organise à propos du peintre Ghirlandaio (1449-1494) dans l'une de ses demeures, à Florence. Mais les gens qu'il y rencontre sont particuliers. Plus que particuliers. Vraiment, vraiment plus que particuliers! Et pas seulement psychologiquement. D'auditeur au séminaire, il est promu conférencier contre son gré, et doit analyser la fameuse "Fresque sacrilège numéro 1" de Ghirlandaio.

Le seul problème, c'est qu'on l'empêche de la voir avant sa conférence devant public. Les événements s'enchaînent, plus étranges les uns que les autres, dans des pièces plus étranges les unes que les autres où Daroy ne passe qu'une fois. On découvre petit à petit le passé et les particularités des autres personnages, jusqu'à une fin vraiment pas banale.

En fait, ce roman n'est vraiment pas banal. Avec son style très visuel (Serena Gentilhomme enseigne l'histoire du cinéma italien, tendance fantastique et horreur, à la Faculté de Lettres, à Besançon), l'auteure crée une ambiance intrigante, fantastique, qui accroche le lecteur jusqu'à la fin. On a souvent le sourire - Daroy se retrouve dans des situations embarrassantes à plusieurs reprises - et il m'est même arrivé de partir à grands éclats de rire (surtout vers la fin). En écrivant cette critique de Villa Bini, je me retiens de vous dévoiler les trouvailles visuelles de ce livre - il y en a beaucoup. Je dois tout de même vous avouer que les apparences y sont souvent trompeuses, - le trompe l'œil semblant être l'un des jeux narratifs que Serena Gentilhomme préfère...


Claude Mercier



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