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Quelques nouvelles sur la B.D. américaine...


X-Men

Alors que la folie X-Men s’est emparée des écrans cet été, il est intéressant de se rappeler quelques faits historiques concernant cette bande de héros.

X-Men #1Le comic book X-MEN a fait sa première apparition sur les tablettes en septembre 1963. Après le succès de la première génération de nouveaux héros chez Marvel (se constituant des Fantastic Four, Hulk, Thor, Iron Man, Spider-Man, Daredevil, les Avengers, etc.), Stan Lee a créé ici un nouveau livre proposant les aventures d’une nouvelle équipe de superhéros, avec toujours Jack Kirby chef du visuel. Avec le succès d’un héros adolescent (Spider-Man, pour ne pas le nommer), cinq des principaux personnages ici (Cyclops, Angel, Beast, Marvel Girl et Iceman) sont à l’âge de fréquenter le collège et c’est justement dans une institution d’enseignement spéciale qu’on les retrouve. Le propriétaire et unique professeur est Charles Xavier (ou Professor X), un mutant chauve en chaise roulante qui a un immense pouvoir de télépathie. Certains ont souvent ironisé que quelques mois plus tôt, DC Comics mettait sur le marché les aventures d’un autre bande de héros incompris, DOOM PATROL, dont le chef était un génie en chaise roulante… mais bénéficiant d’une magnifique chevelure rousse (ainsi que la barbe!). Les X-Men portent des costumes bleu et jaune, avec masques pour dissimuler leur identité, car Dieu sait qu’ils en auront besoin.

Entraînés par Xavier, les X-Men auront comme principale mission de stopper n’importe lequel mutant ayant des desseins maléfiques pour la population mondiale. Pour la première fois, le concept du «mutant» était introduit chez Marvel et, avec le temps, l’importance de cette création allait prendre de plus en plus d’ampleur. Mais dès le début, la méfiance allait s’installer et jamais l’humanité ne ferait complètement confiance aux X-Men, malgré leurs meilleures intentions. Dans l’univers Marvel, un mutant est un être qui représente la prochaine étape de l’évolution de l’Homme, et donc possède un «pouvoir» quelconque faisant de lui une créature extraordinaire. Voilà pourquoi la population craint les mutants, croyant qu’ils veulent s’emparer du monde et traiter les homo sapiens comme du vulgaire bétail. Certains ont certainement cette intention… L’adversaire principal des X-Men depuis le tout début demeure Magneto, qui a bénéficié d’une évolution personnelle assez marquée. Tantôt vilain de la pire espèce, tantôt anti-héros jouant au martyr, Magneto se considère le Sauveur des mutants et est prêt à tout pour contribuer à conserver leur précieuse liberté. Nous sommes loin du mec qui désire juste devenir calife à la place du calife!

X-MenIroniquement, X-MEN n’a jamais connu la popularité des autres titres de Marvel et à partir du numéro 67, on réimprime d’anciennes aventures avec de nouvelles couvertures. Ce petit manège se poursuit jusqu’au numéro 93. Daté de mai 1975, un des comics les plus importants de tous les temps, GIANT-SIZE X-MEN #1, sort sans avertissement et contre toute attente. Cette histoire raconte comment le Professor X bâtit une nouvelle équipe pour venir au secours des membres originaux. Avec l’introduction de personnages comme Storm, Banshee, Wolverine, Colossus, Nightcrawler, Thunderbird et Sunfire, l’avenir était assuré. Bientôt sous la plume chargée de Chris Claremont, UNCANNY X-MEN allait connaître un succès fou, gagnant prix d’excellence sur prix d’excellence, et apportant à l’univers des mutants une plus grande visibilité. Le personnage de Wolverine parviendrait sous peu dans le «Top 3» des plus populaires chez Marvel. Claremont connaîtrait ses meilleures heures en tandem avec l’artiste John Byrne : n’importe lequel comic X-MEN unissant ces deux talents est encore considéré comme un joyau du genre. Le message principal de la série est encore valide : exercer la tolérance et la compréhension envers ceux qui sont différents de nous (pas une mauvaise valeur à enseigner aux jeunes, n’est-ce pas?).

X-MenPendant les années 80, évidemment que Marvel allait capitaliser sur ce filon, créant d’autres séries affiliées (New Mutants, X-Force, X-Factor, Excalibur, Wolverine, une deuxième série X-MEN que la compagnie considère encore comme le comic ayant le plus vendu dans l’histoire, etc.). Le concept du «crossover» (qui implique une aventure se déroulant dans plusieurs comics à la fois) sera ainsi né de façon plus concrète, renflouant les tiroirs-caisses parfois en dépit de la qualité des histoires. Une multitude de membres allait se joindre à l’équipe, avec des résultats plus ou moins heureux, faisant de ce groupe autrefois sélect un véritable troupeau coloré pouvant rendre très confus un nouveau lecteur.

L’univers X-MEN est toujours ce qui se vend de plus chez Marvel, donc chez le comic book américain en général. Plusieurs lisent encore certains titres plus par amour de personnages avec lesquels ils ont grandi que pour les scénarios trop souvent absurdement complexes. L’excellent accueil réservé au film de Bryan Singer concrétise le succès de la mythologie «mutant» chez Marvel pour encore bien des années, pour le meilleur et pour le pire.


Trois séries intéressantes à souligner (représentant le passé, le présent, le futur!)


La fin de PREACHER?

PreacherC’est avec le numéro 66 que cette série culte de la division Vertigo de DC Comics prendra fin, pour ne jamais revenir, si on croit le créateur Garth Ennis, maintenant occupé à trouver des vilains qui se feront trucider par le Punisher. Malgré une violence parfois insoutenable, PREACHER en a dit long sur la foi et l’amitié en général, ainsi que de dresser un portrait assez unique du Paradis, de l’Enfer et du Bon Dieu en particulier. La rumeur court toujours qu’un film pourrait en être tiré. C’est curieux de recommander une série qui se termine, mais tous les numéros ont été regroupés en quelques «paperbacks» colorés, au prix assez raisonnable. Pour ma part, je considère PREACHER comme le comic qui m’a le plus impressionné depuis WATCHMEN d’Alan Moore en 1986, ce qui n’est pas peut dire. D’accord, il y a eu des hauts et des bas et mon interprétation de la finale n’est pas encore décidée/digérée, mais quand même : les personnages présents sont parmi les plus fascinants et complexes jamais créés.


Qu'est-ce qui se passe avec les Avengers?

AavengersDepuis le début du Volume III il y aura bientôt trois ans, ma série favorite de tous les temps est redevenue… ma série favorite! Après des années de disette, les Avengers peuvent maintenant bénéficier d’un auteur (Kurt Busiek) qui les comprend, qui connaît toute leur riche historique sur le bout des doigts et qui surprend mois après mois les lecteurs avec divers rebondissements. Dernièrement, les Avengers ont eu des démêlés avec les médias, ont été accusés de racisme en vertu de leur manque de recrutement d’héros représentant les minorités visibles, se sont promenés à travers leur histoire personnelle dans l’excellente mini-série AVENGERS FOREVER et semblent la cible d’un culte religieux manipulateur. Wasp est la dirigeante d’une équipe constituée d’Iron Man, Giant-Man, Vision, Triathlon, Scarlet Witch et Warbird. À ne pas manquer non plus la mini-série AVENGERS INFINITY regroupant Thor, Tigra, Starfox, Moondragon, Photon et Quasar dans une aventure dans l’espace, le tout provenant de la plume de l’écrivain Roger Stern, qui a pondu de magnifiques récits pour l’équipe dans les années ’80. Du bonbon! AVENGERS présentement fait penser aux belles années de la série pendant la décennie ’70 en y regroupant les meilleures caractéristiques.


En décembre, le retour des Defenders!

DefendersUne des séries cultes des années ’70, THE DEFENDERS, fera bientôt réapparition chez vos marchands en décembre prochain. L’idée de base est de réunir les personnages les plus populaires qui ont constitué l’équipe à l’époque, notamment : Dr. Strange, Hulk, Namor, Silver Surfer, Valkyrie, Nighthawk et Hellcat! Cette nouvelle a eu l’effet d’une bombe parmi les anciens amateurs et vieux nostalgiques croûteux (dont moi-même, il va sans dire). Peut-on espérer que cette série aura du succès? J’estime que oui, en autant que cette «distribution» soit vraiment présente et qu’on retrouve l’esprit de «non-équipe» qui faisait le charme initial de ce comic, alors que ces héros se retrouvaient toujours ensemble à régler quelque conflit sans en avoir l’intention. Encore une fois, Kurt Busiek prend en charge les récits (lui qui est déjà sur AVENGERS, ASTRO CITY et SHOCK ROCKETS), aidé par Erik Larsen (de SAVAGE DRAGON), qui s’occupera également des dessins. Est-ce que des vilains négligés comme les Headmen, Nebulon ou Xemnu seront au programme? Pourrait-on espérer un autre tête-à-tête avec les Avengers? Seul le temps le dira, mais les fans en général espèrent le meilleur, tout en jubilant de constater que quelques-uns de ces héros trop longtemps ignorés feront un retour mérité au firmament des Héros.


 
Benoît Chénier


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