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Quelques nouvelles sur la B.D. américaine...


The Punisher
Ce bon vieux PunisherLe Punisher a fait sa première apparition dans l’univers Marvel dans AMAZING SPIDER-MAN #129, avec une couverture qui porte la date de « Février 1974 » (et c’est avec une certaine nostalgie que je constate que ce comic coûtait la rondelette somme de… 0,20¢!). Créé par l’imagination de l’écrivain Gerry Conway et de l'artiste John Romita, le Punisher allait devenir une figure singulière dans l’univers de Marvel… un anti-héros aux méthodes controversées qui, dans cette apparition initiale, est recruté par le Jackal dans le but d’assassiner Spider-Man. Un malentendu classique surviendra entre les deux personnages.

De son vrai nom Frank Castle, cet ancien Marine de l’armée américaine a servi cinq ans au Vietnam (ce qui commence à le vieillir dangereusement; sous peu, Marvel va probablement changer son origine pour en faire un héros de Operation Desert Storm!). Alors qu’il pique-nique tranquillement avec sa famille à Central Park, les voilà pris sous les feux de deux bandes de trafiquants de drogues rivales. Amer seul survivant, Castle changera rapidement de philosophie face à la vie en décidant dorénavant de se consacrer à traquer et punir chaque criminel qu’il rencontre, rien de moins. Ainsi est né le Punisher, qui développe un système de punition assez simple : anéantir tous ces bandits/dealers/trafiquants/mafiosos et Cie une fois pour toute.

Le Punisher rencontrera de façon régulière Spider-Man, parfois Captain America ou encore Daredevil, tous des héros qui désapprouvent vivement ses méthodes expéditives. (À part Wolverine… mais les deux réussiront à se prendre au collet, de toute façon). Avec un costume simple mais mémorable, le Punisher fera dans les années suivantes des apparitions sporadiques mais bien étudiées, ce qui résulte que les fans en redemandent, mais demeurent sur leur faim, rendant chaque présence du Punisher attendue et mémorable. De plus, on ne croyait pas encore qu'un héros sans super-pouvoirs et agissant de manière violente pouvait tenir son bout dans la vente de livres. Mais le succès d’une première mini-série PUNISHER en 1986 (d’une durée de cinq numéros) est flagrant : le public est maintenant prêt à accueillir un nouveau membre de cette nouvelle race de héros typique du milieu des années ‘80, ces mecs qui fusillent avant… et ne posent pas trop de questions ensuite. En juillet 87, le Punisher reçoit donc sa première série régulière.

Un film produit sous la bénédiction de Marvel arrive sur les écrans en 1989, avec le très original titre THE PUNISHER, mettant en vedette le monolithique Dolph Lundgren. À redécouvrir, franchement moins mauvais à ce que l'on pourrait s'attendre.

PunisherLe nez fin de Marvel réussit à déceler à quel point ce filon d’or peut rapporter dans leurs coffres. Une deuxième série régulière verra le jour en 1988 : PUNISHER WAR JOURNAL. Et pourquoi pas une troisième? PUNISHER WAR ZONE apparaît sur les tablettes en 1992. De plus, notre personnage est invité partout, tant chez Spider-Man, Moon Knight, Wolverine, Ghost Rider… à un point tel que le tout devient ridicule, si on considère également des variantes tels que le PUNISHER MAGAZINE et PUNISHER 2099. Overdose! Le citron devenant alors trop pressé, les fans se lassent et le Punisher, en 1995, se retrouve avec un seul titre, qui traînera pour un peu plus d’un an. On tente de nous faire avaler que le personnage « meurt » définitivement, ce qu’aucun fidèle lecteur de comics américains ne peut réussir à croire… Mais à travers tout cela, le Punisher réussit à rencontrer Archie, le sympatique et éternel héros étudiant, dans un comic hilarant qui amène notre justicier à Riverdale à la recherche d’un criminel ressemblant étrangement à Archie lui-même! La finale laisse présager une rencontre Jugghead/Wolverine qui n’a pas encore eu lieu! Ceci n’est pas qu’une simple parodie, mais bien un projet légitime mené par Marvel et Archie Comics.

Par la suite, la sous-division Marvel Knights propose une nouvelle mini-série de quatre numéros, où on apprend que le Punisher n’est rien de moins qu’une créature d’outre-tombe, sorte d’ange exterminateur occulte, dont l’existence était planifiée d’avance et qui agit sous influence presque divine. Cette série et ce nouvel aspect du personnage sont profondément détestés par les amateurs.

PunisherEst-ce que le Punisher réussira à reprendre sa position au firmament des stars de Marvel? La réponse est oui, alors qu’un février 2000 encore une nouvelle mini-série est disponible sur le marché, durant 12 numéros celle-là, qui ramène l’anti-héros à sa source. Finie les bêtises d’outre-tombe, Castle redevient le vigilante par excellence, s’attaquant cette fois à la famille Gnucci de la tristement célèbre Maggia. Menée par Garth Ennis et Steve Dillon (tous deux venant de conclure PREACHER), PUNISHER Volume IV est un franc succès, très fidèle au personnage, qui n’hésite pas à inclure un humour noir absurde bienvenu (marque de commerce du scribe Ennis), ainsi que de magnifiques couvertures. On raconte qu’une nouvelle série régulière pourrait suivre. Le personnage est même un point vital d’un autre titre mensuel intitulé simplement MARVEL KNIGHTS qui réunit des héros considérés solitaires (Daredevil, Black Widow, Moon Knight, Dagger, Shang-Chi) qui décident de se réunir en équipe justement pour garder un œil sur les activités du Punisher!

Personnage fascinant au départ, plus tard honteusement surexploité, le Punisher semble redevenu un acteur principal dans les objectifs de succès de Marvel.

EN BREF...

Crisis on Infinite EarthsCRISIS ON INFINITE EARTH
Cette mini-série cruciale de 1985 pour la bonne compréhension de l’univers DC avait établi à l’époque de nouvelles bases pour la majorité de leurs titres. Guidé principalement par l’écrivain Marv Wolfman et l’artiste George Pérez, le but était de remettre de l’ordre dans la confusion qui régnait dans la chronologie chez DC et balayait quelques univers parallèles encombrants, tout en redébutant certaines séries à zéro. Le tout a été réuni dans ce gros bébé en couleurs, coûtant presque 50 $ canadiens. Cher, mais indispensable!

GorillaGORILLA
Il y a des comics intéressants qui se produisent chez Gorilla, quand on considère que des créateurs tels que Kurt Busiek, George Pérez, Mark Waid, Karl Kesel, Tom Grummett, Stuart Immonen, Todd Dezago et Mike Wieringo sont de la partie. La mini-série ShockRockets a été fort impressionnante, et que dire du visuel de Crimson Plague, sans oublier le côté nostalgique de Section Zero? Le problème majeur demeure le retard continuel des nouveaux numéros sur les tablettes, ce qui n'est pas surprenant quand on constante que tous ces titres sont sous la direction de la compagnie Image, experte en la matière...

Joe QuesadaMARVEL : NOUVEL ÉDITEUR-EN-CHEF
Qui aurait cru qu’un jour j’aurais presque l’âge du gars qui prend les décisions chez Marvel? À 38 ans, Joe Quesada est devenu depuis une poignée de mois le nouvel éditeur de la vénérable compagnie. Une de ses premières décisions : couper dans le gras et se débarrasser de plusieurs des titres de la famille X-Men. Tombera sous le couperet : BISHOP, GAMBIT, GENERATION-X, X-MAN et quelques autres… Le succès du film X-MEN ne s’est pas transposé dans la vente supplémentaire de comics (que de nouveaux lecteurs trouvaient confus). Quesada désire également rendre plus facilement disponibles les riches archives de Marvel, ainsi que de créer une ligne de titres plus « mature » pour diversifier le public. On parle même de CD-ROMs contenant des histoires originales… Est-ce que la venue d'un type plus jeune présage des jours meilleurs pour Marvel?



Benoît Chénier


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