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BD Maniacs retour

par Alain Boisvert

Dans l’histoire quand même assez courte de la bande dessinée anglo-saxonne pour adultes, il en existe une qui a connu un succès sans précédent, devenant, après X-Men, le titre le plus vendu mensuellement dans le " serial ". Il s’agit de " Sandman ", scénarisée par Neil Gaiman et dessinée par de nombreux artistes au long de la série.

L’histoire? Impossible à résumer. Disons que Sandman s’intéresse à sept personnages mythiques, qui régissent les différentes facettes de notre existence. Il y a Destiny, Death, Dream, Destruction, Desire, Despair et Delirium, autant d’êtres éternels, plus ou moins sympathiques, qui règnent chacun sur un monde différent, quelque part où nous n’avons pas accès. Sandman, c’est bien entendu Dream, le 3ième plus vieux de cette famille. Au moment où commence cette saga, une secte de magiciens qui voulaient capturer la mort ont, par erreur, capturé Morpheus (ou Dream, ou Sandman!). Il devra se libérer et partir à la recherche des objets qui lui ont été dérobés.

On peut parler de littérature fantastique, mais c’est bien plus que ça. On retrouve dans cette série énormément de symbolisme, de poésie, Gaiman mélange le monde réel tel que nous le connaissons avec la magie, l’imaginaire et les contes de fée d’une façon si habile qu’il nous mystifie - c’est le cas de le dire - complètement, nous prenant par la main, nous amenant vers son monde sans qu’on s’aperçoive de la transition.

Si les deux premiers livres de Sandman sont plus ou moins chronologiques et linéaires, les autres sont plus éclatés, avec beaucoup d’actions parallèles, des retours dans le passé, et même de longs chapitres dans lesquels on ne voit pas du tout le personnage principal.

L’oeuvre complète de Sandman comprend des centaines de personnages, mon préféré étant sans nul doute Delirium, déesse de la folie et assez folle elle même... Graphiquement, elle ressemble à Tori Amos en petite fille, et elle parle dans des ballon arc-en-ciel... Elle possède un tel charme, et souvent une telle logique dans sa folie qu’elle en est adorable. Par exemple, quand elle retourne dans son royaume pour y chercher quelque chose, elle revient tout de suite en disant: " Je l’ai trouvé! Je savais que ce serait dans le dernier endroit où je chercherais, alors c’est là que j’ai regardé d’abord. "

Chose très rare dans le domaine du serial comic, le héros meurt à la fin (désolé de vous gâcher le punch, mais tout le monde l’a écrit bien avant moi...), et l’éditeur a choisi de laisser mourir le personnage plutôt que d’en confier l’écriture à quelqu’un d’autre. On raconte que c’est une décision d’affaire, Gaiman valant beaucoup plus que son personnage. Plusieurs séries parallèles ont vu le jour, dont deux courtes séries mettant en vedette Death; la première fera d’ici quelques mois les frais d’une adaptation cinématographique. Puis, suite à la mort de Sandman, un autre auteur a repris le concept du royaume du rêve pour sa série " the Dreaming ", mais ce n’est malheureusement pas du Gaiman.

Finalement, c’est bien entendu une série à découvrir, et, si vous l’avez déjà fait, je vous conseille fortement les autres oeuvres de Gaiman, la plupart magnifiquement illustrées par son collaborateur de toujours, Dave McKean. Notons au passage " Violent Cases ", " Signal to noise ", " Black Orchid " et le chef d’oeuvre " Mr. Punch ".


Sandman sur le web

The dreaming: the Neil Gaiman page
The heart of the dreaming
The Wake
Sandman
Vertigo Frequently Asked Questions
The Dreaming - Lore







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