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Abraxas

Canada
1990
Damian Lee
90 minutes

  • Jesse Ventura
    (Abraxas)
  • Sven-Ole Thorsen
    (Secundus)
  • Marjorie Bransfield
    (Sonia)
  • Damian Lee
    (Dar)
  • Jerry Levitan
    (Hite)
  • Jim Belushi
    (principal)

Titre alternatif

  • Abraxas

Astro-cote

Tor wants chicken! Tor not understand
(5 Tor = un chef d'œuvre;
1 Tor = ne vaut pas le prix d'entrée)

Abraxas, Guardian of the Universe

Comme disait l’autre, une vue avec un lutteur? Vous connaissez mon amour pour ce divertissant sport, alors voyons voir ce que l’on nous propose ici. L’actuel Gouverneur du Minnesota Jesse Ventura est en vedette dans le rôle-titre; c’est son seul « starring-role », en fait. Il joue le personnage d’un genre de policier intergalactique (âgé de plus de 11 000 ans et parlant parfaitement anglais!) à la recherche sur Terre d’un ancien coéquipier devenu rebelle. Ce dernier veut rendre une terrienne enceinte pour que l’enfant éventuel devienne un mutant avec des pouvoirs destructifs, qui pourra l’aider à devenir Maître de l’Univers, blablabla. Une infortunée tombe bel et bien enceinte, alors que le méchant Secundus n’a qu’à appliquer sa main sur le ventre de la fille et voilà! Bébé instantané! Même qu’elle accouche quelques minutes plus tard! L’intrigue se redirigera alors cinq ans après, le méchant revient sur Terre revoir son petit flo, Abraxas devra le stopper et préférera sauver le garçon mystérieux et muet au lieu de l’exécuter comme ses chefs l’exigent. Re-blablabla.

Ceci est une tentative bon marché de créer un produit style « Terminator », avec même un méchant ayant un accent incompréhensible (le gigantesque Sven-Ole Thorsen, parlant comme s’il avait constamment la bouche pleine de patates pilées bouillantes et vétéran de plusieurs films d’action et de cascades). Dire que ceci n’a pas coûté cher n’est pas exagérer la vérité : les seuls effets spéciaux consistent à une succession d’explosions inutiles et quelques effets de lumière (surtout bleue). Ventura possède un petit ordinateur parlant à son poignet (comme Buzz Lightyear!) qui ressemble à un bout de plastique style sous-verre. Et le Gouverneur a une couette! Et aussi invraisemblable que cela puisse paraître, plusieurs morceaux de la trame musicale font penser à des pièces du frisé Kenny G. et son instrument à vent magique!

Ma scène favorite de toute l’entreprise demeure celle où la jeune fille confronte ses parents avec le fait qu’elle vient d’avoir un enfant. PAS UN SEUL MOMENT ces derniers ne lui posent la question : "Hum… me semble que tu n’avais pas de bedaine, ce matin, non?". Je me suis bien marré aussi en observant Thorsen tenter d’aligner deux mots de suite en anglais : il désigne le puissant petit gars comme, si je me fie à mes oreilles, "the coldmeter" (?). Mais qu’est-ce que cela veut dire? Il y a également une scène touchante entre ce môme et un Jesse Ventura étendu sur un lit, torse nu… OK! Et qui peut oublier la ridicule et brève apparition de Jim Belushi, dans le rôle du principal de l’école? J’imagine qu’il a empoché une couple de mille piastres ce matin-là.

Voilà donc un film comme on en retrouve des millions sur les tablettes de clubs vidéos, toujours magiquement disponibles, avec une pochette laissant faussement croire à une immense saga intergalactique. Ventura réussit quand même à projeter son charme personnel considérable, même si j’aurais préféré le voir vêtu comme à ses années de catcheur : boa, béret, lunettes fumées, collants en léopard, etc. Il a arbitré en 2000 un Triple-Threat Match où il a levé le bras de mon lutteur favori Mankind en signe de victoire et a inséré la ceinture de championnat autour de la taille dodue de ce dernier. Si vous ratez ABRAXAS, votre vie n’en sera pas changée, prenez-en ma parole.

Benoît Chénier

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