En voulez-vous des titres différents, en vlà.
Et sûrement quune multitude dautres existe à travers le monde. Vous aurez
ici le privilège dadmirer le comte Dracula le plus fatigué, malade et déprimé du
grand écran. En fait, maintenant il devient physiquement indisposé quand il ne boit pas
du sang pur de vierges. Ce qui nous amène les scènes dhorreur suivantes :
notre vampire dégueulant à maintes reprises dans de belles toilettes napolitaines au
décor marbré, avec maints effets vocaux pour nous faire partager sa détresse (genre
"beuark"). Oh, et laction se déroule en Europe, au début du
siècle, ce qui signifie que nous avons de nombreuses scènes de jeunes filles portant de
délicats sous-vêtements dépoque, souvent avec une bretelle glissant sur une
épaule blanche
et sans oublier les cheveux portés en toques!
De nos jours, Udo Kier est en train de devenir le John Carradine moderne,
apparaissant dans une multitude de films à travers le monde. La qualité de ces
productions est fort variée, il va sans dire, mais Udo semble samuser la majorité
du temps. Il demeure un acteur fascinant à voir, souvent amusant, et qui na pas
peur de se tremper les pieds dans des scénarios extravagants. Son Dracula ici provoque
plus le rire que la crainte; ce fait peut-il être considéré trop malheureux pour les
fans de vampires ou simplement appréciable par cette différence même? Vous constaterez
quil ne faut pas être trop pressé pour visionner ce film, qui avance à pas de
tortue. Seule la finale hystérique et sanglante où lun de nos personnages
principaux se fait couper les deux bras et les deux jambes à coups de hache mérite
quon sy attarde pour son côté "gore" grand guignol. Une musique
romantique et mélancolique couronne le tout de brillante façon. Mais Vittoria de Sica
semble se demander ce quil fait là dans chaque scène.
Sortant de nulle part, Roman Polanski a ici un petit rôle comique dans
une scène qui est parfois coupée, tout dépendant de la version dun pays à
lautre. Encore une fois, ANDY WARHOLS FRANKENSTEIN
et ANDY WARHOLS DRACULA ont bénéficié à
lépoque dun battage publicitaire et médiatique peu commun pour ce style de
film, ce qui en a fait des succès en salles. Je préfère le premier à celui-ci, qui a
un rythme beaucoup moins endormant et des personnages encore plus "over the
top". Encore une preuve de la grande différence entre le style américain et le
style européen.
Astro-cote : 
...et une demie!
(5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne
vaut pas le prix d'entrée).
Benoît Chénier
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