Andy Warhol's Frankenstein
Andy Warhol? Le même gars à la moumoute argentée qui
peignait des cannes de soupe? Mais quest-ce quil vient faire ici? Probablement
que sa seule participation à ce film est davoir donné laccord dy
associer son nom dans le titre. Il la peut-être vu un moment donné. Cest
Paul Morrissey qui est le réalisateur, et même cela nest pas sûr après ces
années, certains disent que cest Antonio Marghereti, allez comprendre. Ça ne
prendrait pas grand-chose pour me convaincre, parce que ce film est typique du style
italien de lépoque. (Dire que tout ça avait été diffusé quelque part dans les
années '80, à linénarrable 13 de Trois-Rivières, dans une surprenante version
non-censurée, je nen reviens pas encore!) On plonge dans la démesure ici, les
ami(e)s, et la subtilité nest pas de rigueur. Curs sensibles sabstenir.
Si la vue dintestins vous horripile... Ce qui nous sauve de dégobiller, cest
lhumour noir de toute laffaire (parfois voulu, parfois non) et des scènes et
dialogues complètement sautés et "too much", surtout sortant de la bouche du baron
Frankenstein, espèce de génie à demi fou se berçant dillusions de grandeur
ne manquant pas de majesté. Comme bien dautres, il veut créer une race parfaite.
À quelque part là-dedans, on retrouve la méchante petite fille qui
était dans tous les films dhorreur italiens du début des années '70 (Nicoletta
Elmi), avec sa face imperturbable, dans le rôle dune autre méchante petite fille
cruelle et vicieuse. Le genre denfant qui ne sarrête pas juste à disséquer
les fourmis. Un des acteurs chéris de Warhol, Joe Dallesandro est aussi présent, dans le
rôle du héros, et quand on dit lexpression : "Il na pas
dair", on peut penser que cela a été inventé pour lui. Il est impossiblement
"stiff". Une espèce démule de Peter Lorre ("Yes master")
sert dassistant au baron. La sur de ce dernier à lair dun mauvais
lifting ambulant. Et Udo Kier (un des comédiens européens des plus bizarres) laisse
toute une impression dans le rôle même du Baron. Tout mou, avec un accent
difficile à identifier, ses speechs ne vont laisserons pas indifférents.
Hey, dans le temps, le monde avait pris cela au sérieux : pas une
revue, par un journal, navait passé sous silence ce film. Toute une affaire, tout
un bla-bla. La première fois que jai vu ça, je nen revenais pas de tant
rire, après des années à croire que cétait tout un cauchemar à visionner. O.k.,
cest sanglant, mais lhumour noir absurde rend le tout presque endurable.
Évidemment, pour pleinement profiter des moments les plus joyeux de ce film, il faut le
voir dans sa version originale, en 3-D. Surtout pour la finale, avec le mec transpercé
dune lance et un petit morceau de viande semblant vous pendouiller sous le nez. Je
me souviendrai toujours des immenses annonces publicitaires parues dans le journal sur ce
film, alors que javais environ 10 ans et quil jouait sous le titre français CHAIR POUR FRANKENSTEIN, et qui me fascinait/dégoûtait (il y
avait aussi DRACULA CE VIEUX COCHON, mais cest une
autre histoire). Jamais, mais au grand jamais, je naurai cru quun jour je
passerais du temps à visionner de tels films, encore moins à en parler sur un site web!
Cest ça, devenir adulte?
Astro-cote : 



(5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne
vaut pas le prix d'entrée).
Benoît Chénier
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