Le comédien-culte par excellence Steve Buscemi (Mr.
Pink dans RESERVOIR DOGS, Mister Shhh dans THINGS TODO IN DENVER WHEN YOU`RE DEAD ou encore son rôle de Garland
'The Marietta Mangler' Greene dans CON AIR) avait écrit
et réalisé en 1996 un petit film sans prétention, fort attachant et à saveur
autobiographique avec des allures "Cassavetiennes" nommé TREES
LOUNGE. L'an dernier, il a remis ça avec sa deuxième réalisation : ANIMAL FACTORY, adapté de son propre roman par l'ex-prisonnier
Edward Bunker (Mr. Blue dans ce même RESERVOIR DOGS),
qui vient de paraître en vidéo et DVD, après une sortie très brève et extrêmement
limitée au cinéma (le film n'a joué que dans trois salles en Amérique du Nord), après
un début sur le câble aux États-Unis.
Edward Furlong y incarne un jeune détenu qui est coupable de distribution de
marijuana. Dès son incarcération, il est rapidement pris en main par un vétéran
prisonnier de 18 ans (interprété avec conviction par l'excellent Willem Dafoe) qui le
protège d'une éventuelle agression sexuelle de la part de prisonniers agressifs.
Racisme, émeutes et incidents tragiques démontrent les horreurs de la vie d'un
prisonnier et le film soulève le dilemme suivant : est-ce que la prison fait de
l'homme un animal? Malheureusement, et malgré ses bonnes intentions, le film ne
fonctionne guère. On y retrouve pratiquement tous les mêmes clichés cent fois mille vus
dans les autres productions du genre. Edward Furlong manque littéralement de charisme et
de conviction dans le rôle de Ron et le fait que Willem Dafoe le prenne d'emblée
sous son aile est illogique ou du moins peinte de façon peu plausible.
Le rythme du film est assez lent et le film manque littéralement de punch et de
rigueur autant dans sa présentation de la violence que du milieu dont il décrit. ANIMAL FACTORY est malheureusement un drame carcéral fort
décevant qui, sans être un des pires films du genre (LOCK-UP
avec Monsieur Stallone, de triste mémoire), n'a pourtant rien à envier à des films tels
que COOL HAND LUKE, BRUBAKER, PAPILLON ou encore PRISON ON FIRE pour
ne nommer que ceux-là. À noter, la performance amusante de Mickey Rourke, en hideux
prisonner transsexuel.
Astro-cote
:
...et une demie!
(5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne
vaut pas le prix d'entrée)
Pascal Grenier
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