À l’époque victorienne, un savant anglais et son jeune ami américain testent un excentrique véhicule qui permettrait de voyager sous le sol grâce un nez-perceur de première qualité. Ils se retrouvent rapidement au centre de la Terre et découvrent une civilisation d’humains, esclaves d’hideux oiseaux préhistoriques (qui font de la télépathie avec leurs sbires humanoïdes à traits porcins!), amateurs de fréquents sacrifices. Une jolie indigène (toute la tribu parle aisément l’anglais!) tombe dans l’œil de l’américain et les deux explorateurs tenteront de leur mieux pour libérer le clan oppressé du joug de ces damnées bibittes.
Le scénario est une adaptation d’un roman d’Edgar Rice Burroughs et le résultat ne peut être qualifié que de juvénile. Mais attention, ce n’est pas nécessairement négatif; en fait, tout dépendant de votre sens de l’humour personnel, vous ressentirez soit un certain amusement à ces aventures, soit une lassitude exprimée par quelque chose du genre: "Moyons-donc! C’est ben niaiseux, ça!" À vous de vous retrouvez dans ces portraits. Effectivement, ce film ne plane pas haut côté maturité, mais peut impressionner par son action continuelle et enthousiaste. Le problème principal demeure les nombreux effets spéciaux, plus ambitieux que réussis, particulièrement les nombreuses créatures pseudo-préhistoriques qui peuplent l’intrigue. Ces monstres sont du plus pur caoutchouc, avec un pauvre cascadeur probablement trempé de sueur à l’intérieur du costume. Plutôt embarrassant comme effet visuel. À un certain moment, un curieux dragon cracheur de feu tombe en bas d’une falaise… et explose! On peut également admirer de lointains décors montagneux qui rappellent l’époque des peintures à numéros, populaires dans mon enfance. Allons, avouez: qui avait une reproduction de la Dernière Cène dans son salon (24 couleurs "metal flake" de luxe, en plus!)?
Un des personnages se nomme Ghak. Un autre Hoojah. Et ces mecs-là parlent anglais? Malgré les défauts soulignés, une certaine énergie bon enfant rayonne dans tout cela, me appelant une ancienne série télé américaine du samedi matin intitulée LAND OF THE LOST, narrant les aventures d’une famille prisonnière d’une époque plus ou moins préhistorique et qui affrontait maintes bêtes plastifiées.
Les comédiens, maintenant. Peter Cushing nous rappelle à quel point il est dommage qu’il n’a pas joué dans plus de comédies. Son personnage de savant distrait très british est du pur stéréotype, mais sauvé par son unique interprétation. Votre héros principal, Doug McClure, est un de ces acteurs américains qui a connu un carrière plutôt médiocre au cinéma, ses meilleurs rôles appartenant à la télévision dans des séries westerns en noir et blanc. Il est mort en 1995 et possédait une bien étrange tête rectangulaire. Je ne pourrais jamais oublier sa participation dans l’hallucinant HUMANOIDS FROM THE DEEP, par contre. Un comédien plus jeune aurait mieux fait honneur au personnage ici. Que dire de Caroline Munro qui n’a pas été dit auparavant? C’est une de nos chanceuses élues à l’unanimité comme Scream Queen d’AstroneF Magazine. Encore une fois, voici une héroïne portant des peaux de bêtes comme vêtements mais qui est expertement maquillée.
Le réalisateur Kevin Connor a réalisé la trilogie THE LAND THAT TIME FORGOT, AT THE EARTH’S CORE et THE PEOPLE THAT TIME FORGOT entre 1975 et 1977, avec en vedette McClure, tous des films avec des effets spéciaux fortement contestables mais quand même distrayants.