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 Brésil
1963
José Mojica Marins
81 minutes
- José Mojica Marins
(Zé do Caixao)
- Valeria Vasquez
- Genésio de Carvalho
- Nivaldo Lima
- Magda Mei
Titre original
- A Meia-Noite Levarei Sua Alma
Astro-cote

(5 Tor = un chef d'uvre;
1 Tor = ne vaut pas le prix d'entrée) |
At Midnight I'll Take Your Soul
Qu’un pays
catholique comme le Brésil produise un film blasphématoire comme
celui-ci (et en 1963!) tient pratiquement du miracle. Et leur
premier film d’horreur, en plus! Vu que nous n’avons absolument
rien contre ce type de film, nous allons en parler ici avec grand
plaisir. Cette production est importante, voir capitale, car elle
introduit un personnage unique dans le panthéon des croquemitaines
du Septième Art : celui de Ze do Caixao (nom traduit communément
en Coffin Joe), qui allait bientôt régner sur un empire artistique
non négligeable. Le créateur, metteur en scène et interprète José
Mojica Marins peut maintenant être considéré un des grands
visionnaires de l’épouvante au cinéma. Il est juste malheureux
que sa série de films n’ait pas été connue avant en Amérique
du Nord, alors que cela fait juste une dizaine d’année que son
culte s’est répandu parmi nous. Jamais trop tard pour un type
souvent comparé à un mélange de Bunuel, Bava et Hitchcock!
Voilà l’un
des rares (sinon le seul) film où, au tout début, un personnage
nous avertit de ne pas le regarder, sous peine de mourir de frousse!
Déjà en observant les premières images, 40 ans plus tard et malgré
la crudité de la photo noir et blanc, on s’aperçoit que ceci
n’à aucune ressemblance à des pitreries d’insectes géants ou
vampires en manque de sang frais. Coffin Joe nous regarde en pleine
face et bien brave serait celui qui oserait le contredire. Il est le
croque-mort officiel d’un village et n’est pas impressionné par
les pratiques religieuses catholiques qui l’entourent. En plus de
manger de la viande le Vendredi Saint, il porte un œil sur la
copine de son meilleur ami, qu’il envisage comme idéale porteuse
de sa future progéniture. Il ne sera pas surprenant de constater
qu’il ne reculera pas devant le meurtre pour arriver à ses fins,
défiant ouvertement dieu et diable, terrorisant les villageois avec
joie… et quand il « tombe dans un mal », ses yeux se gonflent de
veinules menaçantes, le poussant à une violence sadique ravageuse.
Par-dessus le marché, ses ongles démesurés (les vrais ongles de
Marins; en fait, sa marque de commerce qu’il arbore jusqu’à ce
jour) lui donnent l’apparence d’un véritable démon, sans
compter sa cape et son chapeau haut-de-forme.
D’une
brutalité graphique encore choquante aujourd’hui (et tourné la même
année que BLOOD FEAST, en plus!), AT MIDNIGHT I'LL TAKE YOUR SOUL est carrément un
chef-d’œuvre du genre. Marins allait tourner des films encore
plus « flyés » dans les années à venir, mais celui-ci
ressemble toujours à un conte de fées ayant mal tourné, peuplé
de sorciers et êtres malveillants qui sèment encore l’effroi
chez un public moderne. Intéressant d’apprendre que le scénario
a été inspiré d’un rêve que Marins a eu alors qu’il tentait
de tourner un film sur la délinquance juvénile! Tout un rêve,
mettons. Plus qu’une simple histoire effrayante, ce film est également
une leçon morale à deux tranchants, où Marins semble se payer la
tête de tous ces pieux stéréotypes catholiques… mais aussi démontre
que la malice humaine ne demeure pas impunie. À ne pas un longue séquence
improvisée durant non loin de huit minutes, sans aucune coupure, où
Coffin Joe est en pleine crise et hurle des obscénités au Ciel.
Voici donc un des films les plus recommandés de tout ce damné
site. « What is life? It is the beginning of death…»
Benoît Chénier
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