Nous sommes ici en plein Âge d’Or du cinéma d’épouvante italien, une de mes époques favorites, qui surprend encore aujourd’hui pour ses thèmes macabres traités avec sérieux et son érotisme souvent époustouflant. Ici, le scénario nous propose un sous-thème du cinéma d’horreur, celui du savant qui tente de redonner beauté aux traits d’une fille défigurée (genre d’histoire particulièrement populaire en Europe, dont le grand-père serait l’hallucinant et poétique LES YEUX SANS VISAGE). ATOM AGE VAMPIRE débute avec une danseuse de cabaret qui subit un accident de voiture: un côté de son visage demeure cicatrisé. Un savant détraqué (qui se transforme en monstre à ses heures libres) tentera de lui venir en aide, toutefois en l’empêchant de renouer avec ses relations passées. Il tombera en amour avec elle, elle ne sera pas sûre, elle voudra revoir son ancien chum Pierre, etc.
Même avec une histoire familière, le film débute plutôt bien, avec plusieurs clichés du genre au rendez-vous, mais qui demeurent agréables. Également agréables sont les nombreuses actrices présentes, aux formes généreuses et visages à couper le souffle. Rendu à moitié, tout s’embourbe et le récit prend de plus en plus une allure de polar très ordinaire, avec un personnage de détective tout droit sorti d’une mauvaise imitation d’un roman de Mickey Spillane. Malgré tout, on a droit a une excellente cinématographie, une musique pesante et typique, quelques scènes d’attaque d’innocentes femmes (voyez-vous, le doc a besoin de glandes féminines pour soigner sa danseuse… voilà pourquoi il se transforme en monstre!) et un assistant de labo muet nommé Sacha! Le sort du prof demeure quand même assez pathétique et ce film a un je-ne-sais-quoi qui le rend tout de même efficace… quoi que je suis probablement le seul qui l’a enduré au complet sans s’endormir et sans toucher au "fast-forward"… telle est la vie. Pas au goût de tout le monde, mais m’a quand même plu.
Quelques versions existent de ce titre, avec des scènes amputées (notamment des numéros de cabaret "osés", si je ne m’abuse). J’espère qu’il y a un savant fou, quelque part, qui ne peut pas endurer qu’on charcute un produit ciné quelconque et va chercher à se venger sur les responsables. Un peu comme un docteur dérangé qui ne peut supporter la laideur et tente de redonner beauté à une infortunée…