Ah, mais on peut également parler de classiques sur
AstroneF Magazine, de classiques poétiques même. Cette version de la vénérable
histoire est bien loin de celle du dessin animé de Disney, avec ses tasses chantantes.
Nous avons ici une Bête qui peut donner limpression dêtre le petit
cousin du loup-garou dans CURSE OF THE WEREWOLF, incarné par feu Oliver Reed. En fait, je
me souviens davoir vu ce film pour la première fois à lécole, alors que
jétais en première ou deuxième année du primaire. Presque tous les bambins
tremblaient de frousse à la vue de cette créature poilue, dont le simple regard en
avaient fait brailler plusieurs, ainsi que le timbre de voix particulier de Jean Marais.
Et ce nest pas tout: certaines scènes rappellent certaines titres de la série
dhorreur Universal, par ses éclairages, ombrages et atmosphère générale
dépouvante. LA BELLE ET LA BÊTE nous propose un climat de peur sur scénario de
conte de fée classique. Ce traitement mature du sujet est une des raisons pourquoi ce
film est considéré comme un chef-duvre de tous les temps et triomphe sur le
côté cinématographique.
Lhistoire en est bien simple: un marchand se perd en forêt et se
retrouve devant un château inconnu et mystérieux. Il décide de cueillir une rose pour
une de ses trois filles. Ce geste est perçu comme un affront par le propriétaire des
lieux, un être à laspect monstrueux qui réclame la mort du marchand, à moins que
ce dernier lui envoie une de ses filles à sa place. La plus brave et vertueuse
dentre elle se sacrifiera pour le paternel et une étrange relation prendra
naissance entre la Belle et la Bête. Simple, non?
Cocteau a réussit à transposer un univers fantaisiste de premier plan
sur grand écran, dans lequel le spectateur ne peut que se sentir gobé dedans. Dites-vous
bien en regardant ceci que LA BELLE ET LA BÊTE a été tourné bien avant les effets
dordinateur abondants de nos jours. Personne ne peut oublier les statues qui bougent
ou encore les bras sortant des murs tenant des candélabres, ces derniers
silluminant tour à tour à mesure quun visiteur avance dans le château. En
fait, il y a tellement de détails visuels que plusieurs écoutes sont nécessaires pour
décortiquer chaque symbole. À travers les nombreuses qualités de ce film, je retire
personnellement latmosphère qui sen dégage dès la première image,
qui nous permet immédiatement de nous retrouver dans un autre monde. Évidemment, la
grande déception est de voir la Bête se transformer en Prince. Ouais,
le prince nest pas trop impressionnant, tout poudré, coiffé et maquillé comme une
"drag-queen" ayant un fétiche sur le moyen-âge. Où est donc passé notre
valeureuse Bête?
Ne manquez surtout pas le générique initial, où Cocteau lui-même crédite son
équipe en inscrivant leurs noms sur un tableau décole
même chose pour Jean
Marais et Josette Day, qui écrivent leur propre nom sur ce même tableau, alors
quon les voit de dos! Dune brillante originalité.
Astro-cote : 




( 5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne
vaut pas le prix d'entrée).
Benoît Chénier
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