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Legends
France 1946

Réalisateur
:
Jean Cocteau

Durée:
96 minutes

Avec:

  • Jean Marais
    (La Bête/Avenant/le prince)
  • Josette Day
    (La Belle)
  • Marcel André
    (le père)
  • Michel Auclair
    (Ludovic)
  • Mila Parély
    (Félicie)
  • Nane Germon
    (Adélaïde)
La belle et la bête

Les deux amoureuxAh, mais on peut également parler de classiques sur AstroneF Magazine, de classiques poétiques même. Cette version de la vénérable histoire est bien loin de celle du dessin animé de Disney, avec ses tasses chantantes. Nous avons ici une Bête qui peut donner l’impression d’être le petit cousin du loup-garou dans CURSE OF THE WEREWOLF, incarné par feu Oliver Reed. En fait, je me souviens d’avoir vu ce film pour la première fois à l’école, alors que j’étais en première ou deuxième année du primaire. Presque tous les bambins tremblaient de frousse à la vue de cette créature poilue, dont le simple regard en avaient fait brailler plusieurs, ainsi que le timbre de voix particulier de Jean Marais. Et ce n’est pas tout: certaines scènes rappellent certaines titres de la série d’horreur Universal, par ses éclairages, ombrages et atmosphère générale d’épouvante. LA BELLE ET LA BÊTE nous propose un climat de peur sur scénario de conte de fée classique. Ce traitement mature du sujet est une des raisons pourquoi ce film est considéré comme un chef-d’œuvre de tous les temps et triomphe sur le côté cinématographique.

L’histoire en est bien simple: un marchand se perd en forêt et se retrouve devant un château inconnu et mystérieux. Il décide de cueillir une rose pour une de ses trois filles. Ce geste est perçu comme un affront par le propriétaire des lieux, un être à l’aspect monstrueux qui réclame la mort du marchand, à moins que ce dernier lui envoie une de ses filles à sa place. La plus brave et vertueuse d’entre elle se sacrifiera pour le paternel et une étrange relation prendra naissance entre la Belle et la Bête. Simple, non?

Cocteau a réussit à transposer un univers fantaisiste de premier plan sur grand écran, dans lequel le spectateur ne peut que se sentir gobé dedans. Dites-vous bien en regardant ceci que LA BELLE ET LA BÊTE a été tourné bien avant les effets d’ordinateur abondants de nos jours. Personne ne peut oublier les statues qui bougent ou encore les bras sortant des murs tenant des candélabres, ces derniers s’illuminant tour à tour à mesure qu’un visiteur avance dans le château. En fait, il y a tellement de détails visuels que plusieurs écoutes sont nécessaires pour décortiquer chaque symbole. À travers les nombreuses qualités de ce film, je retire personnellement l’atmosphère qui s’en dégage dès la première image, qui nous permet immédiatement de nous retrouver dans un autre monde. Évidemment, la grande déception est de voir la Bête se transformer en Prince. Ouais, le prince n’est pas trop impressionnant, tout poudré, coiffé et maquillé comme une "drag-queen" ayant un fétiche sur le moyen-âge. Où est donc passé notre valeureuse Bête?

Ne manquez surtout pas le générique initial, où Cocteau lui-même crédite son équipe en inscrivant leurs noms sur un tableau d’école… même chose pour Jean Marais et Josette Day, qui écrivent leur propre nom sur ce même tableau, alors qu’on les voit de dos! D’une brillante originalité.

Astro-cote :
( 5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne vaut pas le prix d'entrée).

Benoît Chénier



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