
Il y a un fou furieux dans les environs qui se plaît à découper
des jeunes filles en morceaux pour s'approprier de certains membres et organes vitaux,
dans le but de préparer un festin égyptien datant du début des temps (!). Voilà la
seule ficelle de scénario dont vous avez besoin pour ce film important dans l'histoire du
cinéma (pour le meilleur et pour le pire), encore considéré comme le premier vrai film
«gore». Les spectacteurs de l'époque se sont donc vus exposés à toutes sortes de
scènes sanguinolantes des plus perverses, ce qui demeurait du jamais vu au grand écran
(et en vives couleurs!). Le succès de BLOOD FEAST fut donc
phénoménal, car y a-t-il quelque chose qui attire plus que la controverse?
Voilà un film tellement con qu'il en devient
divertissant. C'est comme si une poignée de vos oncles auraient décidé de monter une
pièce de théâtre de salle paroissiale pour faire plaisir à la grand-mère. La vedette
féminine principale, Connie Mason, est sans contredit la plus mauvaise actrice que j'ai
jamais vue dans une production cinématographique. En d'autres mots, elle est pourrie.
Ancienne Playmate, Connie se tient constamment les coudes d'une scène à l'autre. On
retrouve également le toujours spectaculaire William Kerwin (sous le pseudonyme de Thomas
Wood) dans le rôle du héros «drabe». Kerwin/Wood nous introduit d'ailleurs le film
dans le «trailer» inclut sur le DVD, en gros plan avec sa face complètement couverte de
sueur. Comment les gens ont pu réagir à ces images (langue arrachée, jambe sectionnée)
en 1963? Bien entendu, comment oublier le légendaire Mal Arnold, dans le rôle immortel
de Fuad Ramses, avec probablement la plus mauvaise teinture de cheveux gris
possible (remarquez aussi les sourcils)? La photo qui accompagne ce pareille correspond à
un plan du film, du point de vue d'une victime est n'est pas une erreur de FrontPage!
La
qualité de l'image du DVD est hallucinante, pour un film de série Z vieux de presque 40
ans. Quelques scènes alternatives probablement trouvées dans le grenier de Lewis sont
incluses, mais ne présentent pas vraiment d'intérêt. Nous avons également droit à une
gallerie d'affiches publicitaires un peu répétitive et un court métrage intitulé CARVING MAGIC, qui a pour but de nous instruire sur les manières
de bien couper différents morceaux de viande après cuisson, mettant en vedette Kerwin et
Harvey Korman! Assez peu ragoûtant, à la longue...
Les deux autres titres de la
première trilogie «gore» de H.G. Lewis (2000 MANIACS et COLOR ME BLOOD RED) sont également présents en DVD. De plus en
plus, des films obscurs ont le possibilité de survivre sur ce format, alors que des
grands classiques du cinéma demeurent indisponibles, quelle ironie. Qui aurait cru qu'un
tel titre aurait mérité une présentation si mémorable? BLOOD
FEAST demeure recommandable sur le côté historique et est également une histoire
hilarante, qui peut encore faire chavirer les curs sensibles par la vue de son sang
abondant (qui a une couleur très crédible, notons-le).
Astro-cote: 
et une demie!
(5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne
vaut pas le prix d'entrée).
Benoît Chénier