Alors que des DVD de GLADIATOR, THE PERFECT STORM
ou encore WHEN HARRY MET SALLY se disputent le marché, voilà que je me
suis procuré... BLOODY PIT OF HORROR, un
chef-d'uvre de "sleaze" italien. Ah, voilà un genre de scénario comme il
ne s'en fait plus, jugez-en vous-même : dans le but de créer de nouvelles
couvertures pour des romans d'horreur format de poche, une joyeuse bande (regroupant un
photographe, des modèles, un éditeur, etc.) atterit dans un château maudit, où à
déjà été exécuté le Crimson Executioner, bourreau fou assoiffé de sang.
Cette visite impromptue inspirera l'actuel propriétaire des lieux (Travis Anderson,
un ancien acteur de films style péplum) a se revêtir du costume écarlate du défunt et
à faire subir à ses invité(e)s des tortures dignes de cet exécuteur de basses
uvres de triste mémoire.
Voilà un film qui nous informe d'entrée de
jeu que la vengeance du Marquis de Sade a "besoin de sang" et que ceci
serait inspiré de ses écrits. Hum... Les crédits sont généralement bidons, alors que
la plupart des noms ont été "américanisés". On a également droit à une
merveilleuse blonde idiote, un mec qui porte un costume de squelette, des hommes de main
d'Anderson portant de magnifiques t-shirts barrés style marin, une trame
musicale indescriptible mais quand même efficace, un combat entre deux adversaires qui
rendrait Santo vert de jalousie, une beauté exotique prise dans une toile d'araignée
meurtrière et un méchant qui, à un certain moment, a tellement de pain sur la planche
en même temps côté tortures qu'il ne sait plus à quelle victime se vouer! Un zélé,
quoi! Et que dire de cette chambre noire, comme ça, disponible au château! Encore pire
que l'affreuse moumoutte de la comédienne jouant Edith?

Mickey Hargitay, dans le rôle essentiel du type dérangé, donne une
performance variant entre le génial et l'hystérique. On peut l'admirer dans le miroir,
alors que son personnage s'oint d'huile, en admirant son "superbe corps" (comme
il l'avoue lui-même), corps avec lequel il est maintenant obsédé à conserver la
pureté. Y avait-il des Prozacs en 1965?
Première chose frappante en visionnant ce film : la qualité visuelle
est hallucinante. Couleurs vives, images croustillantes. Seul le son est très ordinaire.
Le disque nous propose une hilarante introduction digne de Something Weird Video,
incluant de courtes images de quelques-unes des productions extravagantes de leur
catalogue. Nous avons droit également à un extrait du film PRIMITIVE LOVE
mettant en vedette Hargitay et sa célèbre épouse, la regrettée Jayne Mansfield, qui
ici semble tenir le rôle d'une indigène hawaiienne (?) dans un numéro musical à ne pas
manquer. Également un très court métrage est disponible, intitulé COVER GIRL
SLAUGHTER, nous montrant justement une séance de photos pour couvertures de
romans bon marché. Et vive la peinture rouge!
BLOODY PIT OF HORROR, enfin
disponible dans une telle version, est a redécouvrir. Malgré tous ses défauts qui en
font presque une parodie, l'atmosphère contenue rend quand même ce scénario limité
quelque peu dérangeant. De toute manière, comment refuser de voir un film tourné en
"Psychovision"?
Astro-cote globale: 



(5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne
vaut pas le prix d'entrée)
Benoît Chénier