États-Unis
1959
Joseph Green
82 minutes
- Jason Evers
(Dr. Bill Cortner)
- Virginia Leith
(Jan Compton)
- Leslie Daniels
(Kurt)
- Adele Lamont
(Doris Powell)
- Eddie Carmel
(Zippy le monstre)
Autre titre
- The Head That Wouldn't Die
Astro-cote


(5 Tor = un chef d'uvre;
1 Tor = ne vaut pas le prix d'entrée)
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The Brain That Wouldn't Die
Ah, celui-là, c'en est un bon,
se retrouvant sur toutes les listes possibles de Worst Movies of All Time. Et il y
a de quoi : un médecin (donnant plus l'impression d'un chanteur de cabaret) qui perd
sa fiancée dans un accident dauto filmé de main de maître (et tout cela est de sa
faute, maudit malade), réussit à conserver en vie la tête de linfortunée dans un
plat métallique, en espérant lui trouver un corps approprié pour exécuter une
transplantation et ainsi tester un nouveau sérum de son cru. Il se met à chercher le
parfait body chez des prostituées, des strip-teaseuses, des modèles, etc. Pendant ce
temps, la tête se fait complice avec un espèce de mutant hideux (conséquence dune
expérience ratée) enfermé dans un placard à balais pour mettre fin à ce plan
considéré inhumain. Et il n'y a aucune enquête policière (pénurie d'acteurs?)!
Cest à peu près ça lhistoire et
cest assez pour mettre leau à la bouche. La pauvre tête (quoique portant
toujours du maquillage sur les paupières!) porte un casque de bain blanc (style cagoule
de fétichiste) et communique verbalement avec le monstre captif. Ce dernier est
dune laideur réussie et il a bénéficie d'une scène préparant aux « gore
movies », quand on le voit arrachant un bras à lassistant du médecin, qui va
beurrer les murs en agonisant. Cest une des premières scènes de films
dhorreur modernes où on voit tant dhémoglobine (ça impressionne moins
aujourdhui, après avoir vu une variante encore plus liquide dune telle
situation dans TÉNÈBRES de Dario Argento). Et tout cela
filmé probablement avant BLOOD FEAST!
Certaines vieilles copies ont cette séquence complètement coupée; on peut la retrouver
intacte sur la sortie du DVD de la compagnie Synapse. Dire que ce film na pas
dallure et est complètement illogique est lui payer un beau compliment.
Labsurdité de tout ceci est follement divertissante et on sait très bien que le
« héros » nagit pas par amour, mais par désir de briser les Barrières
de la Science. (Et il le veut, son maudit body féminin parfait, non?) C'est de le voir
aller au club de danseuses Moulin Rouge, à peu près grand comme mon salon, avec
deux ou trois tables. Pas de danses-contact là, mes les filles semblent apprécier la
clientèle au point de l'inviter dans la loge assez rapidement... pour conclure en
« cat-fight » vigoureux!
Au palmarès des films à petit budget inoubliables des
années '50, THE BRAIN THAT WOULDN'T DIE tient une place de
choix en haut de la liste. Tous les éléments sont en place pour une production
d'horreur/sci-fi digne de ce nom : un savant détraqué, un gros monstre laid, un
assistant de labo infirme, des expériences interdites, des belles filles en potentielles
victimes (dont une qui semble un hommage à Bettie Page!), une volonté vengeresse du
personnage féminin principal, une finale tonitruante... ou presque. Malgré toutes les
nombreuses invraisemblances, le film réussit à divertir grâce à son sujet à tendances
perverses, mal joué mais possédant quand même une curieuse conviction de la part des
comédiens. Qui aurait pensé qu'un fille défigurée serait un tel pétard? Va-va-voom,
chérie, tu viens chez moi voir ma collection de timbres? Et que dire du concours de
beauté qui nous promet cinq finalistes pour ne nous en montrer que quatre? Comment passer
sous silence la technique manuelle du premier médecin qu'on observe opérer? Et ce
cerveau exposé, sans aucune goutte de sang?
Joué par Eddie Carmel, un géant de 7'6", le
monstre (que plusieurs ont baptisé Zippy sans qu'il soit mentionné ainsi pendant
le film) demeure une figure impressionnante malgré tout. Chaque amateur de films
d'horreur l'a prit en affection à un moment ou l'autre, même malgré la succulente
scène du bras arraché. Et quelle tête! Ce film a été tourné en 1959, mais semble
n'avoir pu bénéficier d'une sortie qu'en 1962. Jamais trop tard pour bien faire.
Fortement recommandé parce que, bordel, on s'y amuse ferme, malgré quelques passages
muets longuets. (Par contre, qu'arrive-t-il par la suite à la pauvre Doris, quand
elle se réveillera dans les bras de ce mutant cannibale?) J'exige une suite ou une
version moderne!
Benoît Chénier |