C’est curieux de s’apercevoir à quel point ce film a vieilli, comparé à d’autres projets du producteur Charles Schneer et de l’expert en effets spéciaux Ray Harryhausen. Je pense notamment à des classiques comme JASON AND THE ARGONAUTS en 1963 ou encore THE SEVENTH VOYAGE OF SINBAD en 1958, qui se laissent encore agréablement voir de nos jours. Ici, le scénario nous propose les aventures de Perseus (héros de la mythologie grecque), la découverte de ses armes magiques (casque le rendant invisible, super-épée, cape lui donnant… heu.. une apparence "cool"), sa rencontre avec plusieurs collaborateurs (le sage Ammon, le cheval ailé Pegasus, etc.) et sa quête pour libérer la belle Andromeda d’un sort peu enviable, celui de se faire sacrifier au monstrueux Kraken, gigantesque créature des mers.
Je m’attendais plus de ce film, considérant tous les talents réunis, devant et derrière la caméra. Quand on pense que Laurence Olivier lui-même a décidé de se mêler à cette bouillabaisse mythologique, ce n’est pas rien. Qui d’autre à l’époque aurait tenu ce rôle ultime, celui du roi des dieux, Zeus? C’est toujours rigolo de voir le Panthéon des Dieux grecs représenté au cinéma comme ce qui semble une grosse discothèque vide, avec une poignée de déités plantées comme des piquets devant le trône de Zeus (et derrière lui, on dénote une série de petits néons bleutés qui clignotent! Studio 54, où es-tu?). Un peu kitsch, non? Aussi marrant, l’accent on ne peut plus "british" de la plupart des interprètes, comme c’est le cas dans presque tous ces films, alors qu’ils jouent des personnages grecs ou romains! Me fait mourir! C’est pour faire plus "littéraire"! Harry Hamlin incarne un héros qui aurait pu devenir intéressant, mais le comédien est particulièrement insipide et peu inspiré. On est loin de Steve Reeves, Reg Park, Mark Morris et autres gros bras des péplums des années 60. (Mais n’est-ce pas ici qu’Hamlin a débuté une romance avec Ursula Andress? Sûrement qu’il avait d’autres priorités en tête… Ursula aussi, car elle ne débite pas plus que trois lignes de dialogue en 118 minutes! "Well, who cares anyway"???)
À sa sortie, le film fut un désastre au box-office et la critique s’amusa avec joie à le démolir, critiquant ces acteurs expérimentés pour leur participation à de telles bouffonneries, se couvrant ainsi de ridicule. Il faut quand même avouer que CLASH OF THE TITANS pourrait plaire à un public juvénile et encore à des gens qui n’en demandent pas trop de leur divertissement cinématographique. Je me souviens d’avoir en ma possession le roman "paperback" tiré du scénario, avec des photos sur papier glacé au milieu, wow. Laurence Olivier porte une moumoute grise frisée et sa tête, à un certain moment, apparaît sur le bouclier de Perseus pour lui donner conseil. Un moment pas très réussi. Par contre, quand la tête de la statue à l’effigie de la déesse Thetis se met à s’animer avec le visage fatigué de la comédienne Maggie Smith, alors là c’est plus convaincant. Pégase et la Méduse sont très bien animés, mais ce n’est pas l’apogée d’Harryhausen. En plus, un petit hibou métallique est présent dans l’intrigue, servant d’élément comique. Cette bête est une tentative de créer un personnage à la R2D2 (mais si, il fait même des sons similaires!) pour émerveiller le public et cela tombe carrément à plat, surtout dans le contexte du récit. Qu’est-ce que les créateurs pensaient?
Le réalisateur Desmond Davis est plus connu pour ses films pour la télévision britannique; peut-être n’a-t-il pas été le meilleur choix pour diriger ce film-ci. La carrière pratiquement impeccable de Ray Harryhausen se termine un peu mal, alors que certains de ses effets sont juste passables. Je pense particulièrement au Kraken: quand mon épouse l’a aperçu dans les premières minutes, elle a commencé à me chicaner ("Ah, tu ne vas pas écouter cela? Franchement, des fois tu exagères…")!!! Ouch!