Yo Mama! Vous pensiez que Pam Grier était la Seule Reine des films du genre blaxploitation des années 70? Quelques rares actrices auraient pu lui ravir son titre, notamment Tamara Dobson, du haut de ses 6'2"! Elle tient le rôle-titre, celui d’une agente spéciale qui lutte contre le fléau de la drogue aux États-Unis. Comparez-là à un James Bond féminin, avec un côté plus urbain. Elle possède une Corvette trafiquée (avec un compartiment pour armes à feu dissimulé dans la porte du passager et la licence arrière où on y peut lire CLEO!), exerce un genre de kung-fu avec ses longues jambes et son ami de cœur est un type qui s’occupe d’un centre de réhabilitation pour drogués. Cleopatra excelle également au jeu de l’intimidation, peut tenir son bout en conduisant une motocyclette et finalement tente du mieux qu’elle peut d’améliorer le sort de la communauté noire d’où elle vient. Au début, on la voit même en Turquie donner sa bénédiction à faire brûler des champs de plantes illégales!
Se dresse devant Cleo des adversaires potentiels: Doodlebug, un genre de super-pimp-daddy portant un nœud-papillon blanc et atteint de narcissisme (ne manquez pas son monologue portant sur sa propre coiffure afro qu’il compare à une femme!), joué par l’indescriptible Antonio Fargas; des policiers corrompus; de sinistres sbires de dealers locaux; et surtout Mommy, la grande prêtresse lesbienne du trafic de drogues, jouée de façon outrageuse par Shelley Winters vêtue de cuir! À voir pour le croire!
Voilà un film typique de l’époque de sa création, avec Tamara portant des vêtements hallucinants, sorte de robes de chambres chics qui font hurler de rire aujourd’hui, et des chapeaux-turbans des plus créatifs. Déjà superbement grande, Tamara porte aussi des talons hauts, parfois aussi une coiffure afro fort respectable, alors imaginez avec un de ces bibis… elle domine carrément tout le monde autour d’elle, ce qui est très rare dans l’histoire du cinéma, avouons-le (et bienvenu). Comment cette femme n’est pas devenue une vedette de l’écran est quelque chose que je me demande régulièrement. Mais qui était enclin à écrire des rôles potables pour des actrices noires mesurant plus de 6 pieds? Voilà. Tout l’intérêt de ce film est dû à sa seule présence.
Les scènes de combat corps-à-corps sont nombreuses, mais auraient pu être mieux filmées. On sent que Tamara peut donner la volée à n’importe qui, mais on aimerait en avoir plus de preuves. Une poursuite en voiture est très bien rendue, par contre. Excellente trame sonore, de plus, inspirée de SHAFT (comme à peu près tout les films du mouvement blaxploitation). Comme mentionné, Shelley Winters à la vilaine du récit, portant parfois une moumoute rouge des plus farfelues. Au moins, elle semble s’amuser. Tamara Dobson reprendra son personnage dans CLEOPATRA JONES AND THE CASINO OF GOLD deux ans plus tard, une co-production USA/Hong Kong!
Astro-cote :

et demie!
( 5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne vaut pas le prix d'entrée).
Benoît Chénier
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