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Legends

USA 1978

Réalisateur
:
George Romero

Durée:
109 ou 119 ou 125 ou 126 ou 139 minutes!

Avec:

  • David Emge
    (Stephen Andrews)
  • Ken Foree
    (Peter Washington)
  • Scott H. Reiniger
    (Roger DeMarco)
  • Gaylen Ross
    (Francine Parker)
  • Tom Savini
    (Blades)

Titre alternatif:

  • Dawn of the Living Dead
  • Zombi
  • Zombie: Dawn of the Dead
  • Zombies
  • Le crépuscule des morts-vivants



Dawn of the Dead

PosterOh boy, si ce n’est pas un film important celui-là, je ne sais pas ce que c’est. Que cette production n’est pas été nommée meilleur film américain de l’année 1979 est un vrai scandale. Imaginez-vous que c’est KRAMER VS KRAMER qui a gagné cette année-là l’Oscar du Best Picture! Tu parles d’une histoire d’horreur. Ceci est une preuve flagrante de bêtise et d’hypocrisie. Avec le recul, DAWN OF THE DEAD a pas mal plus influencé l’art cinématographique que KRAMER... Entéka. C’est au Cinéma Outremont que j’ai vu ça (dans une très rare anthologie de film fantastique se tenant à Montréal, pendant une espèce de mois de janvier frette) et maudit que j’avais hâte de voir la tête exploser! Et je n’ai pas été déçu, depuis le temps que j’en entendais parler. Pour l’époque, ce film repoussait des barrières de violence graphique qui ne tenaient encore qu’à un fil. Ça hémoglobine, c’est insensé. Les 15 premières minutes sont parmi les plus éprouvantes que le cinéma d’horreur peut nous offrir: nous voilà pris dans un engrenage complètement dépaysant, témoin d’un massacre épouvantable... et c’est à peine si on peut expliquer pourquoi.

Munch!Ce film de George Romero qui est la suite de son hallucinant NIGHT OF THE LIVING DEAD est été souvent salué pour ses changements de tons: les zombis sont terrifiants, pitoyables, comiques et victimes au fil de l’intrigue. Nous sommes manipulés comme de vulgaires marionnettes à travers tous ces changements de situation. Qu’est-ce que tu fais quand ta réalité s’écroule, que tout ce qui t’entoure tombe en miettes, que du jour au lendemain ta survie même devient ta priorité. Qu’est-ce que tu fais? Tu fais pas mal dur, comme on peut le juger ici. Voilà donc une production extrêmement mature, pas juste un "freak-show" épais et sans âme. J’adore le fait qu’on ne donne pas d’explication vraiment concrète au retour à la vie des zombies: ça arrive et il faut dealer avec, le film ne s’attarde pas à trouver de recette-miracle pour sauver l’humanité (ce que je reprochais à INDEPENDENCE DAY, entre autre). Autre facteur important: voilà le film qui a rendu célèbre le créateur des effets spéciaux en maquillage, Tom Savini. De concert avec un interview dans la revue FANGORIA, il est devenu un Dieu moderne, inspirant toute une génération de jeunes lecteurs à s’intéresser à ce métier. D’autres tels créateurs sont par la suite également devenus idoles.

Juteux ZombieVoir DAWN OF THE DEAD pour moi, était le passage aux choses sérieuses. Il n’était plus question de se contenter de films anonymes sortis tout droit d’une manufacture: voilà la preuve qu’on pouvait arriver à dire quelque chose dans un genre mal-aimé et considéré juvénile. On a commencé à prendre des mecs comme Romero et Cronenberg au sérieux, réévaluer certaines carrières, comme Bava, Argento et pourquoi pas Franco? Des gens qui, à travers leurs films bizarres, réussissaient à faire passer leur vision personnelle des choses. Des auteurs? Pourquoi pas? Commencez pas à me faire rire avec Rohmer, Lelouch et/ou Kieslowski. Certains ont dit que le film ici est une critique de la société contemporaine de consommation. O.k. Allez expliquer cela aux deux petits enfants zombies qui se font tirer dans la tête. Ça me fatigue quand il faut absolument trouver une signification à toutes œuvres cinématographiques. Malheureusement, c’est le dernier bon film de Romero, on dirait. Il y a eu CREEPSHOW, o.k., c’était comique Mais à part ça, l’aurait-on surévalué? Et il se passe des années entre ses films. C’est malheureux, car on aimerait le voir plus productif.

Astro-cote : ...et demie!
( 5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne vaut pas le prix d'entrée).

Benoît Chénier



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