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Legends

Italie 1985

Réalisateur
:
Lamberto Bava

Durée:
88 minutes

Avec:

  • Natasha Hovey
    (Cheryl)
  • Urbano Barberini
    (George)
  • Karl Zinny
    (Ken)
  • Fiore Argento
    (Hanna)
  • Paola Cozzo
    (Kate)
  • Nicoletta Elmi
    (Ingrid)

Titre alternatif:

  • Demoni
  • Démons



Demons

Une démoneAh oui, DEMONS. Un des derniers films d’horreur italiens à prendre l’affiche dans un cinéma de Montréal, il me semble. Je me souviens de l’avoir vu en version anglaise au feu Palace à l’époque, avec un poster avertissant les âmes sensibles de s’abstenir, un peu comme l’affiche de DAWN OF THE DEAD qui disait "certaines scènes sont vraiment dégoûtantes". Non, pas vrai? Même avec un scénario simpliste et inconsistant, une interprétation moyenne dans l’ensemble et la réunion d’un ramassis de clichés empruntés à d’autres films du genre, DEMONS demeure un divertissement fort apprécié. L’histoire en gros: des invitations sont distribuées dans le métro pour la première d’un film, le tout se déroulant dans un nouveau théâtre, le Metropol. Donc le soir même, les spectateurs sont bien installés sur leur fauteuil et finalement un film d’horreur "cheesy" débute, montrant quelques adolescents visitant un château qui abrite le corps mort de Nostradamus ou autre foutaise légendaire. Pendant ce temps, une spectatrice qui s’est légèrement blessée sur un masque publicitaire dans le hall de la salle va faire un tour au petit coin, pour arrêter le saignement sur son visage (cette fille donne l’impression d’être une "ho" de première qualité). Dans les minutes qui suivent elle se transformera en démon, finira par attaquer la salle, etc. Toutes ses victimes se transforment en démons à leur tour et ainsi de suite, faisant penser à la situation de base de NIGHT OF THE LIVING DEAD. Ce qui est paniquant pour les pauvres gogos qui croyaient voir une "vue" gratuitement est le fait qu’ils ne peuvent plus sortir du cinéma: tout le monde est emmuré! La question classique se pose: qui va survivre… et que restera-t-il d’eux?

Le film a été dirigé par Lamberto Bava, fils d’un de mes metteurs en scène favori, Mario Bava. Lamberto a été assistant metteur en scène pour son père pour quelques films et a réalisé MACABRO, A BLADE IN THE DARK, DEVILFISH, BLASTFIGHTER, DEMONS 2, UNTIL DEATH, DELIRIUM et BODY PUZZLE. DEMONS a été produit par Dario Argento, un autre intéressant coco sur lequel un dossier spécial est en préparation pour un de ces jours. On peut admirer l’influence visuelle d’Argento sur plusieurs scènes ici, particulièrement les décors du théâtre Metropol et quelques effets d’éclairage. Admirateur de musique rock, Argento propose une bande sonore musclée, avec Billy Idol, Accept et… Rick Springfield?!?!? Pour un film vieux de 15 ans, certains aspects ont plutôt vieilli, notamment les tenues vestimentaires en général et le "look" des délinquants à l’extérieur qui ont la brillante idée de pénétrer dans le Metropol alors que le carnage ne peut pas être plus meurtrier (je pense surtout au caïd principal, sorte de copie adolescente de Stallone, avec la voix enrouée en plus dans le doublage!).

Une autre démoneMalgré des défauts évidents, j’adore ce film encore aujourd’hui, pour l’intensité qui s’en dégage et l’énergie folle qui nous est admirablement transmise. Si je vous dis qu’un hélicoptère tient un rôle dans toute cette intrigue, me croirez-vous? Vous ai-je déjà menti? Quelques scènes classiques: un démon qui, littéralement, s’extrait du corps d’une infortunée de façon, euh, éclaboussante; l’attaque de plusieurs démons venant d’un escalier, avec leurs implacables yeux phosphorescents; les maquillages de Sergio Stivalletti, qui semblent plus réussis sur les femmes que sur les hommes, curieusement. Aussi au rendez-vous est la magnifique Paola Cozzo, qui m’a toujours fait penser à la petite sœur agace-pisette d’Isabelle Adjani… mama! Fiore Argento, une des filles de Dario, a un rôle ici. Sa carrière semble avoir stoppé, alors que sa sœur Asia connaît de plus en plus de popularité sur la scène internationale. Finalement, on retrouve Nicoletta Elmi, qui jouait au début des années soixante-dix, des rôles de petites filles méchantes et/ou troublées (comme dans BARON BLOOD de Bava senior ou DEEP RED de Dario ou encore dans ANDY WARHOL’S FRANKENSTEIN). Malheureux qu’elle semble avoir abandonné le cinéma, parce que la vilaine fillette est devenue une charmante jeune femme aux cheveux de feu. Enfin. Je recommande fortement DEMONS pour votre prochain party d’Halloween.

Astro-cote : ...et une demie!
( 5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne vaut pas le prix d'entrée).

Benoît Chénier



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