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Legends

Angleterre 1972

Réalisateur
:
Alan Gibson

Durée:
96 minutes

Avec:

  • Christopher Lee
    (Dracula)
  • Peter Cushing
    (Larimer Van Helsing)
  • Stephanie Beacham
    (Stephanie Van Helsing)
  • Caroline Munro
    (Laura Jane Barrows)
  • Christopher Neame
    (Johnny Alucard)

Titres alternatifs:

  • Dracula '72
  • Dracula Chases the Mini Girls
  • Dracula Chelsea '72
  • Dracula Today



Dracula A.D. 72

Voici un des premiers films d’horreur que j’ai vu, si je ne m’abuse, dans le temps que TVA faisait les "24 heures du 10", espèce d’anniversaire annuel où ils diffusaient des films toute la nuit, ainsi que des spectacles de variétés au goût douteux et d’incessants tirages. Je crois que cela se déroulait vers septembre-octobre, donc peu après la rentrée scolaire. J’ai visionné des choses assez extraordinaires lors de ces mini-festivals, des films d’épouvantes des studios Hammer, style LES ÉPOUSES DE DRACULA, UNE MESSE POUR DRACULA (très en demande, le comte au canal 10, on dirait), ainsi que des curiosités italiennes comme LE CONTINENT DES HOMMES-POISSONS, LA MAISON DE L’EXORCISME de Mario Bava (dans une version incompréhensible avec Telly Savalas mangeant des suçons) et combien d’autres. Le premier film de la soirée était souvent une grosse production, dans le genre LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, mais la nuit appartenait aux Frissons. Tout cela a été abandonné après une grève à TVA, si mes souvenirs sont exacts. Peu importe.

J’étais pisou à l’époque, alors il ne fallait pas m’en demander trop (la bande-annonce de LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE me flanquait la trousse, le poster de NIGHT OF THE LIVING DEAD m’avait rendu malade), même si tout cela me fascinait. Par contre, quand j’ai aperçu ici la résurrection de Dracula (incarné majestueusement par Christopher Lee) filmé dans le brouillard, avec prise de vue le faisant mesurer comme 10 pieds de haut, j’ai su que mon existence se trouvait changée. Ce film est loin d’être le meilleur de la série de Dracula de Hammer, mais il demeure dans mon esprit comme un vieux chum à qui on téléphone à tous les deux ans pour avoir des nouvelles. C’est presque rassurant de le revoir et de se replonger en des temps plus innocents, où le sens du merveilleux n’avait pas encore fait place au cynisme et au blasement. Ah oui, heureux soit celui qui s’embarque puceau dans un historique du Cinéma d’Épouvante, comme moi-même à cette époque. Plein de découvertes lui sont promises. Avec le recul, quand on en a vu trop... on a comme nos petits moments d’écoeurantite aiguë.

Peter Cushing et Christoper Lee allaient devenir mes premiers Grands Frères dans cette introduction au macabre. Je me mis à dénicher tous films les ayant en vedette, ensemble ou séparément. Karloff et Lugosi étaient des noms connus, mais leurs films demeuraient moins accessibles à la TV. J’ai alors compris qu’une poignée d’acteurs étaient reconnus pour leur travail dans de telles productions (ceux déjà mentionnés, ainsi que Chaney Sr. et Jr., Price, Lorre et même une femme, Barbara Steele, dont le regard me plongeait inéluctablement dans le malaise). Il y avait vraiment du monde qui en faisaient une carrière, de travailler dans de telles productions! Quel merveilleuse époque. Dire qu’à un moment donné, ces films jouaient dans les ciné-parcs du Québec! Misère, la dernière fois que j’ai été dans un ciné-parc, c’était pour voir LE RETOUR DE GOLDORAK!

DRACULA A.D. 1972 n’est pas un si mauvais film; son défaut principal est qu’il a mal vieilli. L’idée de transposer le personnage du vampire dans un contexte moderne n’était pas mauvaise, mais presque trente ans plus tard, regarder Dracula s’en prendre à une bande de mods/hippies parait dans le très désuet. Et comme dans les deux ou trois derniers épisodes de la série, le comte ne fout pas tellement grand-chose, restant planté là en attendant que les évènements viennent à lui. Un autre mystère que j’ai rapidement éclairci, c’est le côté érotique de l’affaire. Voilà qu’on nous présente de jolies jeunes femmes en décolletés généreux, qui semblent jusqu’à un certain point apprécier se faire mordre dans le cou par l’élégant vampire (citons la divine Caroline Munro). Mmmmmm, juste assez pour rendre plus confuses les pensées d’un jeune adolescent avide de sensations. Bien des années avant de tomber sous le charme des monstres d’Universal, c’est les films Hammer qui régnaient en roi pour émotions fortes dans mon salon. Radio-Canada aussi en présentait, généralement en fin de soirée le vendredi ou samedi. Ceci était religieusement regardé et discuté à l’école le lundi matin suivant. Comme on dit, la première expérience n’est pas toujours la meilleure, mais elle demeure impossible à oublier.

Astro-cote : ...et une demie!
( 5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne vaut pas le prix d'entrée).

Benoît Chénier



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