C'est avec les paumes moites que j'ai finalement vu THE EXORCIST sur grand écran, pour célébrer son 27e
anniveraire (!) et l'inclusion de 11 minutes supplémentaires. Revoir ce film dans une
salle m'avait échapéé en 1973 (je n'avais que 9 ans!) et j'en rêvais depuis,
étant une de mes utopies cinématographiques préférées (suis-je le seul à attendre
une version revampée de IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST?).
Assis dans mon fauteuil avant la projection, je n'en revenais pas d'être
là. Ma première rencontre avec EXORCIST s'est déroulée en
1980, lors de sa diffusion à la télévision sur CBS, un mardi soir (EXORCIST II: THE HERETIC jouait le lendemain). À époque, j'étais
dans un trip "Jésus/Café Chrétien" et mettons que j'ai été impressionné...
Je l'ai revu peut-être deux fois dans les années suivantes et je considère toujours THE EXORCIST comme étant le film m'ayant le plus donné la frousse
de toute ma carrière. En fait, je me souviens de sa sortie initiale et de la controverse
l'entourant: on vomissait et s'évanouissait à tour de bras. Sans oublier: IS GOD DEAD?
Depuis sa
ressortie, THE EXORCIST a récolté non loin de 40 M $ au
box-office américain, alors que des films modernes d'horreur se plantent: URBAN LEGENDS 2, BLAIR WITCH 2...
Espèrons que le message sera entendu: le public est intéressé par des productions
intelligentes et non pas du réchauffé pour des spectateurs ados perçus comme des niais
par les grosses huiles d'Hollywood. OK, je ne croyais pas possible de voir THE EXORCIST en salle, encore moins avec des kids mangeant de la
poutine New York Fries non loin de moi. Sur les écrans herculéens du Paramount, l'image
est granuleuse et mal servie, et le doublage des voix démoniaques est trop apparent.
Chapeau pour le son, par contre, car plusieurs coups de frayuer sont sonores, peut-être
surprenant pour un film ayant telle réputation.
Le débat est toujours ouvert à savoir si THE
EXORCIST est un film maudit ou non, en considérant les supposés accidents de
tournage. Tout ce que je peux dire est que l'atmosphère qui s'en dégage est unique et
très inquiètante. La séquence rajoutée du "spider-walk" m'a fait bondir sur
mes pieds et c'est curierux de constater qu'elle a été retirée à l'origine, car
Friedkin n'était pas certain de son efficacité... hon! Les autres ajouts se constituent
principalement de dialogues explicatifs sur l'était de la possédée, contribuant encore
une fois à nous mettre mal à l'aise d'implacable façon.
Faire la liste de mes scènes favorites serait trop long; en voici quand
même quelques-unes, pour la postérité:
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vue
de la statue de Pazuzu faisant face au père Merrin; |
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le
rêve rempli de culpabilité du père Karras; |
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les
flashes de la face du démon (des nouveautés dans cette version); |
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la
fameuse tête qui tourne, principal responsable de mes nuits blanches d'il y a 20 ans; |
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le
générique final, avec Tubular Bells à tue-tête vous faisant dresser les poils... |
THE EXORCIST a donc été une expérience
cinématographie inoubliable (de plus en plus rares, hélas), autant pour le produit
lui-même que son symbolisme dans mon existence personnelle. Au-delà de comtes vampires,
maniaques portant un masque de hockey et autres monstres de l'étang de goudron, ce film
nous attrape là où nous sommes le plus vulnérable: l'innocence initiale chez tous
êtres humains.

Astro-cote : 




(5 "planètes" = un chef d'oeuvre, 1 "planète" = ne
vaut pas le prix d'entrée)
Benoît Chénier
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