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Par Benoît Chénier

J’ai écrit ces lignes en mars 1996, alors que se tenait la 68e remise des Oscars à Hollywood. Pendant que tous remerciaient leur agent, le Bon Dieu et leur tante Simone, je me désolais sur la tristesse de l’année cinématographique 95. (D’ailleurs, les années se terminant par le chiffre " 5 " ne sont curieusement pas les plus mémorables de leur décennie respective). Pourquoi avais-je pris la soirée des Oscars pour débuter cet article? Parce que l’un des films en nomination, APOLLO 13, était l'un des films le plus ennuyant que j’avais vu depuis longtemps et qu’il risquait de gagner Best Picture. J’avais trouvé ce film long, plate, répétitif et d’une technicalité assommante, avec des interprétations prévisibles et sans surprise. Je m'étais même endormi dessus! (La dernière fois que cela est arrivé au cinéma, c’était pour LA LUNE DANS LE CANIVEAU, malgré la présence de Nastassia Kinski et Victoria Abril, tout un exploit!)

En 95, j’avais également visionné SHOWGIRLS, assurément l'un des 3 plus mauvais films des années 90 à date: cave, ridicule, kitsch... Je n’en croyais pas mes yeux, quelqu’un avait été payé de$ million$ (trois, pour être exact) pour un scénario si grotesque. Par contre, en prenant SHOWGIRLS au second degré, on pisse dans nos culottes d’hilarité.

Ma conclusion est la suivante: SHOWGIRLS m’a plus diverti qu’APOLLO 13! Et pourtant, on est à des années-lumière de compétence et de brio d’exécution.

Voilà deux exemples, mais je pourrais en citer des tonnes (dont Independance Day en 1996). C’est le sujet de cette chronique: des mauvais films qui, pour des raisons X, ont leur façon à eux de nous amuser. J’ai donc dressé une liste personnelle de 10 titres à vous présenter/suggérer pour votre prochain marathon de Bad Cinema. Il n’y aura pas trop de faits saillants, car je préférerais que vous les découvriez vous-mêmes. Sur 10, deux n’ont rien à voir avec le fantastique, mais je m’en fous, ils méritent pleinement les honneurs. Je vais également nommer le film que je considère le plus mauvais de tous les temps (à date). Et c’est un film québécois, attention!

Retenez ceci: une oeuvre cinématographique peut être bonne, peut être mauvaise, mais je ne pourrai lui pardonner d’être plate. Ici, on nage en plein divertissement négatif, à l’extrême de ce qui est considéré normal.

On commence avec (1968)

(il n’y a pas d’ordre précis, en passant)

Écoutez, le titre veut tout dire, non? J’ai vu cette affaire-là il y a une quinzaine d’années, dans le temps que j’avais le câble (je ne l’ai plus parce qu’il n’y a pas grand-chose à écouter, à mon point de vue) et qu’on pognait le 13 de Trois-Rivières. Les circonstances entourant le visionnement d’un film sont souvent déterminantes: me voilà à 1 h 30 du matin, hilare, mangeant des crackers et observant une très mauvaise copie d’un film mexicain où 3 lutteurs masqués combattent des momies revenues à la vie!

Ce fameux 13 de Trois-Rivières se spécialisait à montrer des films soit connus ou obscurs, avec des copies de bobines dans un état approchant la détérioration avancée. Les films en couleur avaient l’air orange et noir, on voyait des filets de pêche bouger constamment devant nos yeux et on avait le don, au 13, de couper une scène en plein milieu d’un dialogue pour présenter les éternelles publicités de restaurant.

Que disait TV Hebdo? " Film minable de série. Monstres grotesques. Interprétation nulle. Mise en scène inexistante ", ou quelque chose du genre. Grosse surprise! Comment mettre une cote de 7 à une production réunissant Santo, El Mil Mascaras et Blue Demon? Pour moi, tous ces films de Santo, Neutro, Wrestling Women, Superargo et Cie semblent tout droit sortis d’une autre planète, une planète où l’ineptie et la bêtise semblent régner en Maîtres. Mais il ne m’est pas possible de détester ces séries qui arrivent à me faire hurler de rire à chaque coup. Trois lutteurs bedonnants en collant se battant contre des cascadeurs avec des masques de momies en plastique, qui dit mieux? Admirez ces combats titanesques. Hallucinez sur le dialogue percutant. Philosophez sur le fait qu’une des blondes du trio se fait assassiner et est complètement oubliée par la suite. Et dites-vous qu’au Mexique, ils prenaient ça au sérieux, Santo étant un véritable champion/héros/dieu respecté à l’extrême. J’ai récemment visionné SANTO IN THE WAX MUSEUM, et ma femme a déclaré que c’était le pire film qu’elle avait jamais vu!

Scène du film: n’importe laquelle où l’on voit un des héros revêtu de sa cape. Pissant.

On reparlera de Santo en détails, un bon moment donné. Malgré les apparences, voilà une des carrières de show-business les plus remarquables de ce siècle (ben oui).

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(1978)

Permettez-moi de tricher un peu: voilà un film de télévision. Mais on est loin ici de romance à l’eau de rose ou de film maladie-de-la-semaine, based on a true story. J’inclus ceci ici parce que c’est mauvais (évidemment) et qu’il paraît qu’en Europe, ils ont payé pour visionner cette production en salles! Oh, désillusionnement!

Vous constaterez que la télésérie BATMAN a l’air de CITIZEN KANE à côté de ceci, parce qu’on parle à peu près de même niveau de scénario: des héros avec des pouvoirs et des méchants vilains détraqués. Alors qu’on nous laisse croire que tout sur BATMAN était au second degré, ce n’est pas si évident ici. Le mot ridicule n’est pas assez fort pour décrire la vue des KISS, qui sont super-forts, peuvent voler ou encore garrocher des rayons avec leurs yeux. Oui, ce sont vraiment des créatures surnaturelles et non pas des musiciens déguisés. Et ils luttent pour le bien de l’humanité.

Ceci est filmé avec toute la subtilité d’un show d’enfants du samedi matin, interprété de manière extrêmement erratique et le scénario est tellement puéril qu’un Marvel Comic prend des allures d’un gagnant Pulitzer. Ah, mais c’est ce qui ajoute à notre plaisir, passant à travers toute une gamme d’émotions de la nature humaine: l’embarras, l’incrédulité, le rire et finalement l’étonnement que tout ceci a réellement fait, sa première était au réseau NBC, si je ne m’abuse, un samedi soir de l’été 78. Je m’en souviens parce que j’ai visionné à ce moment. C’est aussi le soir où j’ai déchiré ma carte de membre du KISS ARMY (laquelle carte j’avais attendue pendant plus d’un an, au coût de 5 $ à l’époque (!) pour avoir une photo et des biographies insensées de Ace, Paul, Gene et Peter). J’avoue, KISS a été le premier show rock que j’ai vu, à l’été 77, alors que j’avais 13 ans (!!!) à l’ancien Forum (avec Cheap Trick en première partie). J’étais assis dans les gris, derrière l’annonce Players, dans le pit en haut. C’était sold-out. On m’aurait dit que 20 ans plus tard, un petit gros québécois en shorts qui conte sans cesse sa vie remplirait plus de soirs que KISS au Forum, et je ne l’aurai pas cru. Mais, je divague.

Scène du film: Les KISS assis autour d’une piscine sur des chaises de life-guard, en robe de chambre à capuchon en paillettes par-dessus leur costume. Ils sont sur le point de se faire voler leurs amulettes personnelles qui leur donnent leurs super-pouvoirs (amulettes étant des bouts de plastique cheap phosphorescent).

Je recommande fortement ce film, parce qu’à chaque fois que j’en parle, on ne me croit pas. Vous allez rire, en vous demandant comment KISS pensait rester crédible après une telle entreprise. Ai-je bien dit crédible? Ouais, mais dans leur cas...

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(1960)

En voilà un qui se retrouve sur toutes les listes possibles de Worst Movies of All Time. Et il y a de quoi. Un médecin qui perd sa fiancée dans un accident d’auto, réussit à conserver en vie la tête de l’infortunée dans un plat métallique, en espérant lui trouver un corps approprié pour exécuter une transplantation. Il se met à chercher le parfait body chez des prostituées, des strip-teaseuses, des modèles, etc. Pendant ce temps, la tête se fait complice avec un espèce de mutant hideux (conséquence d’une expérience ratée) enfermé dans un garde-robe pour mettre fin à ce plan considéré inhumain.

C’est à peu près ça l’histoire et c’est assez pour mettre l’eau à la bouche. Les acteurs sont stiffs au possible, pas nécessairement convaincants. La pauvre tête porte un casque de bain blanc (style cagoule de fétichiste) et communique télépathétiquement avec le monstre captif. Ce dernier est d’une laideur réussie et il est un des premiers grands précurseurs des gore movies, en arrachant un bras à l’assistant du médecin, qui allait beurrer les murs en agonisant. C’est une des premières scènes de films d’horreur plus modernes où on voit tant d’hémoglobine (ça impressionne moins aujourd’hui, après avoir vu une variante encore plus liquide d’une telle situation dans TÉNÈBRES de Dario Argento).

Dire que ce film n’a pas d’allure et est complètement illogique est lui payer un beau compliment. L’absurdité de tout ceci est follement divertissante et on sait très bien que le " héros " n’agit pas par amour, mais par désir de briser les barrières de la Science. (Et il le veut, son maudit body féminin parfait.)

Scène du film: les deux statuesques effeuilleuses qui se battent dans le but de se garder les faveurs du docteur et qui se sauvent d’un destin exécrable, par le fait même. Ceci n’a pas grand-chose à voir avec le reste de l’intrigue, mais demeure amusant.

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(1985)

Il y a des films qui sont mauvais pas seulement parce que le scénario n’a pas d’allure et/ou le metteur en scène est inefficace. Dans un cas comme ici, le traitement est tellement prétentieux qu’il en devient maladroit et s’effoire en pleine face.

Jacques Démy semblait spécialiste de films chantants, tels que LES PARAPLUIES DE CHERBOURG et LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT. Ici, il voulait renouer avec le succès de ces productions, en nous offrant une version de la légende d’Orphée à la moderne. Ouais. Ambitieux, mais pas réussi.

À la première québécoise du film auquel j’assistais, les gens ne s’attendaient pas à se cramper sur leur siège et se bidonner de la sorte, surtout des gens pas nécessairement habitués à des films tout croche. Quelle surprise. À la vue de Francis Huster (qui devait camper un rock-star moderne, vêtu d’une espèce de jump-suit blanc et portant un bandeau lumineux au front), on a commencé à se poser des questions. Lui, un rock-star! Yves Duteuil a l’air d’Alice Cooper à ses côtés. On chavire dans l’irrationnel quand il prend un choc électrique avec sa belle guitare blanche et revole dans les airs: tout le monde s’est esclaffé devant l’absurdité de la scène.

Et ce n’est pas les absurdités qui manquent: des comédiens mal l’aise (avec une insupportable petite orientale dans le rôle d’Eurydice, tellement mauvaise qu’elle en donne mal au coeur), des paroles de chansons tellement cul-cul/bonbon/guimauve, d’une puérilité à avoir le vertige (avec un chanson, si je me souviens, qui s’appelle " Le Bonheur " qui remporte la palme), des scènes tellement croches que le pathétisme visé est remplacé par la rigolade. Et c’est prétentieux à mourir, cette maudite affaire là, un des pires péchés que l’on peut accuser un film d’être.

Scène du film: la descente aux Enfers, où l’on rencontre un Jean Marais sorti des boules à mites, ressemblant plus à Guilda qu’à Satan, vêtu d’un jacket Ding et Dong rouge et noir.

En général, il y avait des gens compétents devant et derrière la caméra, et ils se sont pétés la gueule de belle manière.

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(1995)

Il y a bien des choses qui ont été dites sur ce film-là. Personnellement, je considère que c’est une des plus belles opportunités manquées de tous les temps, un film majeur d’Hollywood avec un sujet si peu caractéristique des grosses productions. Ils auraient pu en profiter pour conter une histoire crédible d’un sujet considéré plus ou moins tabou. Mais quelle différence y a-t-il entre ça et un " thriller érotique " de Roger Corman ou Fred Olen Ray?

Alors que l’été passé on était en pleine controverse de danses à 5$, à 6$, à 7$, à 10$, à 20$ ad nauseum, voilà que SHOWGIRLS arrive et donne encore l’image que toutes les danseuses sont une gang de popounes sans cervelle. Mais interprétées par des comédiennes mal dirigées et/ou incompétentes, que voulez-vous de plus? De la sympathie pour ces personnages? Quand ton héroïne principale te tombe sur les nerfs à sa première apparition, t’irrite à cause de son attitude et son rongage d’ongles, ça va mal à la shop. Et on tente de nous faire croire qu’elle devient danseuse numéro un à Vegas, alors qu’elle se trémousse comme un veau. Les comédiens masculins ne sont pas mieux, campant des caricatures éternellement stéréotypées, typiques de la littérature cheap.

Comme un des pires roman-savons américains de l’après-midi, l’intrigue nous assomme d’incroyables clichés et platitudes caves imaginables, de scènes de baises inexcitantes et de conflits (bitchage) entre fifilles abaissées à un niveau d’enfantillage peu commun. Le truc avec ce film, c’est de le prendre au second degré, comme cela semble l’habitude du culte qui se forme autour. Les numéros de danse sont d’un kitsch/kétaine hilarant (rappelant STAYING ALIVE de Stallone...), mais c’est probablement le lot des shows habituels de Las Vegas.

Scène du film: la confrontation finale avec notre héroïne et le méchant-chanteur-qui-a-violé-sa-copine. C’est vraiment du " le voir pour le croire ".

Il y a au moins de belles filles dans ce film pour les voyeurs, effectivement, mais la raison pour le voir c’est de s’émerveiller de penser que des millions ont été dépensés pour ça.

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(1953)

Alors que tout le monde parle de PLAN 9 FROM OUTER SPACE comme étant le plus mauvais film de tous les temps (ce qu’il n’est sûrement pas, je crois), je ne peux que saluer GLEN OR GLENDA? comme étant le pire de toute l’oeuvre de Ed Wood. C’est tellement raté que s’en est invraisemblable. Alors que PLAN 9 tentait de raconter une histoire d’extra-terrestres abracadabrante (avec un message antinucléaire assez évident, en passant), GLEN se veut un appel à la tolérance face au travestisme. Ça prenait un courage et un front de boeuf pour filmer une telle affaire en 1953, et se mettre en vedette dedans!!! (à moins que ce ne soit de la naïveté mal placée).

C’est sûr que maintenant, voir Wood dans son chandail en angora fait bien rigoler, mais en reculant 40 ans derrière, ce n’était pas si évident. Je n’en reviens pas qu’il ait mené cela à terme. Et je n’en reviens pas que si c’est mal fait. Comme dans la majorité des créations de Wood, les acteurs sont stiffs et plantés comme des piquets dans des décors on ne peu plus minimes.

Quand on regarde la vague récente de films sur le travestisme (nommons PRISCILLA QUEEN OF THE DESERT, TO WONG FOO, WIGSTOCK et encore THE BIRDCAGE), on est sidéré par le talent de ces mecs-là à se transformer, à devenir véritablement des performeuses. Et ils sont beaux/belles! Disons que les travestis dans GLEN OR GLENDA? sont pas mal ordinaires (même franchement moches). Mais ce n’est pas le propos du film. À l’époque aux U.S.A., je m’imagine bien mal un type avouer son penchant pour des vêtements féminins, alors que John Wayne était grande vedette à l’écran. (Quoique j’ai vu un film de burlesque de Betty Page de 1954, VARIETEASE, où un travesti fait un numéro de danse, Vicky Machin ou je ne sais trop, avec une des plus invraisemblables paires de jambes que le Bon Dieu a créée.)

Ici, la participation de Bela Lugosi n’est pas à dédaigner pour la célébrité du film. Dans le rôle du Spirit, il marmonne un dialogue hallucinant, qui n’a rien à faire du tout avec le reste de l’action. " Pull the string, pull the string ".

J’ai vu ça au cinéma Rialto il y a quelques années, avant que la vidéo ne nous rende ces bobines faciles à visionner. J’étais évidemment estomaqué. C’est vraiment un film à part de tout ce qui a jamais été fait dans l’histoire du cinéma. À travers les rires, on ne peut que penser à la réalité que vivait Wood.

Scène du film: tout le monde qui pointe le héros affaissé sur le sol, dans le but de le rendre coupable de sa condition, un autre moment mélodramatique manqué.

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(1963)

C’est pas mal entre 1955 et 1965 qu’on retrouve les pires films américains. Pour faire compétition à la télévision, des centaines de productions destinées aux adolescents et aux ciné-parcs se voyaient donner le feu vert, et on y allait plus sur la quantité que sur la qualité. À travers tout ça, s’échappaient des atrocités inconcevables, dont la liste est longue.

Ici, on a un film tellement cheap que les producteurs/réalisateurs ont perdu la bande sonore. Au lieu de redubber tout ce joli monde(refaire le doublage) , on a choisi la solution de faire parler un narrateur par-dessus les scènes muettes. Déjà cela met les nerfs à rude épreuve.

La deuxième chose qui rend cette production célèbre, c’est son monstre extra-terrestre, décrit partout comme étant une espèce de tapis en macramé, activé par une des gars à quatre pattes en dessous (on voit souvent leurs pieds, d’ailleurs). Les victimes restent paralysées de terreur de très longues secondes, alors que la créature s’amène vers eux lentement, très lentement, avec intention de les bouffer. Ces dites victimes se projettent dans un trou qui représente la bouche et se font vraisemblablement tirées par les mecs sous le tapis. Quelle horreur! En dire plus long serait un péché.

Je suis tombé là-dessus un dimanche soir à minuit au cable 22, alors qu’on présentait un Shock Theatre qui n’aurait jamais dû être annulé, où j’ai vu des affaires comme FRANKENSTEIN’S DAUGHTER, TWISTED BRAIN et l’indescriptible NIGHTMARE IN WAX avec Cameron Mitchell dans le rôle immortel de Vince Rinaud! (qui méritera également un article à lui tout seul un jour). Tout ça après un show de pêche local, Good Fishing. Tout un programme avant de recommencer une dure semaine.

Scène du film: je ne serai pas très original, mais le soldat qui dégrafe sa grenade et ça prend 47 secondes avant que ça éclate, a un petit je-ne-sais-quoi...

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(1934)

Celui-là est un des plus rares sur ma liste, que j’ai vu au Cinéma de Paris en programme-double avec FREAKS. Voilà donc les deux antipodes de ce si particulier cinéma d’horreur des années 30 lequel avec les films d’épouvante italiens, sont mes deux genres favoris.

Il y a tout là-dedans: de la folie, de l’hystérie, un peu de nudité féminine, un peu de sadisme... Ce serait bien ardu de résumer " l’histoire ": il y a une espèce de savant qui fait des expériences... Un gars devient fou... Il mange l’oeil d’un chat... Vraiment incompréhensible.

Ceci fait partie de la vague de films sur la folie, les abus sexuels, la drogue, que pondaient, avec paranoïa, les Américains à l’époque. Des sujets tabous traités par des producteurs qui n’en connaissaient rien résultaient en des films hilarants, aux messages sociaux et moraux complètement ratés. MANIAC est un fils bâtard de cette mode, un pur film d’exploitation de l’époque, voulant choquer. Mais c’est mal fait, c’est épouvantable.

Scène du film: le bonhomme qui attrape le chat, lui arrache un oeil et se met à avaler le tout. Ici au moins, ils étaient en avance sur leur temps comme scène-choc.

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(1983)

Profitant de la popularité des films de tueurs fous découpant leurs victimes pour en faire du boeuf en cubes du début des années 80, les espagnols n’allaient pas rester assis sans rien faire pour profiter de ce courant. Ils sortent cette histoire d’un garçon qui coupe sa mère en morceaux à la hache parce qu’elle l’a interrompu en train de faire un casse-tête de femme nue. Traumatisme évident.

Des années plus tard, il se remet à chiper des membres féminins ici et là, un bras, une jambe, etc. pour se faire un casse-tête format réel. Tronçonneuse, couteau, tout y passe. Les autorités enquêtent. Que faire?

Avec des comédiens comme Christopher George, sa femme Lynda Day-George et Edmund Purdom dans le rôle du dean de l’université, on sait à peu près à quoi s’attendre en tant que qualité d’interprétation. Avec des couleurs hideuses, des scènes de fausses pistes complètement ratées ou absurdes, des meurtres à la limite de la logique et du bon goût comique, on ne peut que rester ébahi devant les intentions des auteurs. Qui peut oublier le fameux match de tennis où on entend une foule hurler et on voit à peu près 12 personnes dans l’assistance? Le maniaque qui suit une victime dans l’ascenseur avec une chainsaw dissimulée derrière sa cape? Ça en devient pratiquement parodique, mais ce n’était pas le but du metteur en scène. Voilà une production bien typique des films d’horreur européens de cette époque, où plus souvent qu’autrement, on tentait de copier un succès américain (ici FRIDAY THE 13TH et Cie). Ce n’était pas toujours trop heureux. Qui oublierait les multiples copies italiennes de MAD MAX?

Scène du film: venant de nulle part, un gars kung-fu sort de l’ombre, dans le simple but de nous faire " sauter ". Ce qui arrive, c’est qu’on se met plutôt à " rigoler ".

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(1970)

Mon grand gagnant pour le pire film que j’ai vu dans ma vie (tout en demeurant divertissant) est un film québécois, réalisé par Jean Martimbeau. Je n’ai pas fait exprès. Si vous le voyez, vous comprendrez assez vite.

En vedette Paolo Noël dans le rôle d’un ex-détenu, avec casquette et balafre, qui tente de se réintégrer à une société injuste, incompréhensive et au jugement facile. Rita Bibeau campe sa femme, qui prend un coup à peu près sans arrêt (" Maman a encore bu ", déclare leur fille adolescente). Notre héros fera face à une amère réalité, sera contraint de revenir au crime pour arriver à vivre et tout cela finira dans une tragédie de circonstances on ne peut plus grossière.

Paolo pousse la chansonnette à quelques reprises, particulièrement à un moment précis où on montre le gros plan d’un petit gars avec une tuque pendant de longues minutes qui nous envoie la main de manière plus ou moins convaincante. Les honneurs d’interprétation reviennent à Serge Turgeon dans le rôle de Hans, en smoking et ascot (manque juste le porte-cigarettes), qui dénonce le pauvre Paolo qui venait de se trouver un job de livreur. Tu peux pas faire pire en tant que méchant pseudo-sophistiqué.

DANGER POUR LA SOCIÉTÉ est un film atroce, encore plus pitoyable parce qu’il tente de nous faire passer un " message " social et que cela tombe complètement à plat. Le scénario est tellement simpliste et mal tourné que s’en est inimaginable. J’ai vu ça à TVA il y a peut-être une quinzaine d’années, dans le temps qu’ils avaient l’habitude de passer les mêmes films 4 ou 5 fois dans une année (j’ai vu LES DOUZES SALOPARDS combien de fois en 12 mois?). C’était coté 7, le seul film québécois avec AURORE L’ENFANT MARTYRE à avoir cette distinction dans le guide TV, si je ne m’abuse. Mais DANGER... est tout un cas en lui-même. Je suis même étonné qu’on en ait jamais entendu parlé davantage et on devrait en dénicher une copie pour se rafraîchir la mémoire.

Scène du film: la fameuse confrontation entre notre héros et ses nouveaux partenaires criminels et la fameuse déclaration " J’t’aime pas la face! ".

Voilà ma liste officielle. Ces films-là sont tous hilarants et font passer des heures de divertissement sans pareil. Évidemment, ce n’était pas l’intention des créateurs de produire des oeuvres minables. Par manque de talent ou par malchance ou par intentions mal placées, ils se sont tous cassés la gueule. C’est nous qui avons le job le plus facile: regarder cela et rire.

DANGER POUR LA SOCIÉTÉ, MANIAC et le film de SANTO cité ici sont peut-être les plus difficiles à dénicher sur vidéo présentement. Un peu de persistance dans vos recherches et vous allez passer des heures de divertissement familial de qualité. Vous pourrez me remercier par la suite. Si vous avez des commentaires sur ces films ou tous autres que vous trouvez dignes de faire partie de cette liste, envoyez-moi tout ça à l’adresse de la revue et j’en ferai une compilation un moment donné. Trouvez-moi des trucs peu connus et on s’en reparlera. Et APOLLO 13 n’a pas gagné, gna gna.



Benoît Chénier

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