Un monstre venu de Vénus veut s’emparer du monde (tiens!). Il atterrit sur Terre et "dégage" de menaçants petits papillons/chauves-souris de son arrière-train (!) qui sapent la volonté des humains en s’attachant à leur cou et en font des esclaves robotiques du méchant extra-terrestre. De plus, l’intrus possède le pouvoir d’arrêter toute machinerie dans les environs. Comment, mais oh comment, l’humanité se sortira-t-elle de ce pétrin? Un simple dérivé de INVASION OF THE BODY SNATCHERS?
Les films de science-fiction américains des années 50 sont souvent reconnus pour leur multitude de monstres/créatures extra-terrestres des plus décapants. Nous en avons tout un classique ici, un "alien" végétal, qui fait penser à un pied d’asperge ayant mal tourné. Asperge, oui. Certains voient une carotte, d’autres un concombre, alors ce thème bar à salade est très populaire chez les critiques (quoique certains ont déjà mentionné un cornet de crème à glace à l’envers…). C’est dommage dans un sens, car le film bénéficie d’un ton très sérieux malgré le sujet et n’est pas si mal interprété. Et en bonus, nos deux héros, Peter Graves et Lee Van Cleef, sont vêtus de somptueux complets tout le long de l’intrigue! N’est-ce pas rassurant de voir votre idole tirée à quatre épingles? N’est-ce pas intrigant de voir à quel point les militaires et les autorités succombent aux envahisseurs avec une facilité aberrante?
Graves, premièrement, est l’archétype même du héros américain de l’époque: grand, solide, sans aucun humour, les cheveux coiffés avec une impeccable séparation sur le côté… et qui n’hésite pas à tirer avec son revolver les innocents citoyens possédés par les bibittes de l’extra-terrestre (même sa propre femme)! Bang Bang, "take that"! Comme si de rien n’était! Ceux qui croyaient que Lee Van Cleef n’avait joué que dans des westerns (autant aux USA qu’en Europe), se trompent carrément: il a roulé sa bosse dans de nombreuses séries B américaines, interprétant souvent de sinistres sbires/hommes de main. Ici, il est plutôt anti-héros, communiquant à l’aide de son super CB intergalactique (!) avec le méchant E.T. Évidemment, comme vrai He-Man des années 50, il ignore complètement son épouse, épouse qui se tannera et partira à la chasse au méchant monstre armée d’une carabine deux canons! Jouée de façon héroïque et convaincante par Beverly Garland (qui mérite une nomination pour future Scream Queen dans notre sensationnel dossier), ce personnage est rafraîchissant dans le contexte des films de l’époque, même si elle porte un de ces fameux "sweater" serré populaires dans les années 50. Sexiste au max, une autre séquence nous montre une femme assistante de deux savants qui les retrouve un matin (seulement vêtue de sa robe de nuit) et qui se fait immédiatement demander de faire le café! Quelques secondes plus tard, elle se fait étrangler avec un de ces collaborateurs possédé!
J’adore ce film pour son côté "stiff" et naïf. D’ailleurs, une brigade de soldats en patrouille (mené par le toujours divertissant Dick Miller, encore actif de nos jours) nous laisse presque présager LES BIDASSES EN FOLIE ou SI SI MON COLONEL ou toutes autres comédies européennes d’armée des années 1970. Le soldat qui tente de passer entre deux arbres rapprochés en tenant son fusil à l’horizontale est d’une loufoquerie inattendue. Qui peut passer sous silence le "speech" final philosophique de Graves (sur la nature de l’Homme ou autre sujet insensé)? Et évidemment tout ça vaut le coût pour le monstre, spectaculaire créature sûrement montée sur des roulettes pour qu’elle puisse se mouvoir et activée par un gars à genoux sous sa forme conique. À voir pour le croire. Fait inattendu, ce film fera l’objet d’un "remake" en 1966, ZONTAR THE THING FROM VENUS (présentant un monstre encore plus moche, espèce d’oiseau préhistorique semblant sculpté dans de la gomme à mâcher aux raisins)!
Et n’oubliez pas: CELA A CONQUÉRIT LE MONDE!