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LORD OF ILLUSIONS Était-il encore utopique de penser qu'un jour, on aurait droit à un film d'horreur mature, un film majeur qui réussirait à nous faire RÉFLÉCHIR, qui ne serait pas un autre "sequel" (suite), avec des personnages de franchise nous assommant avec des "one-liners" douteux et des effets spéciaux à n'en plus finir, cherchant à masquer un scénario chancelant? La réponse à cette longue question est... euh... c'était quoi donc la question? C'est bête, mais quand on visionne un tas de films d'horreur comme je le fais (et surtout parmi les plus récents), on en arrive à un certain "blasement" : "Ah, un autre film de vampires. Oh-hum. Tiens, un autre "remake shampouiné" d'un classique des années Noir & Blanc. Bon". On se dit: "Va-t-on avoir la chance de voir un jour quelque chose d'original?" Et surtout: " À quand des frissons à volonté?" Un film arrivera-t-il ou réussira-t-il à obtenir un impact similaire à celui THE EXORCIST. Quel film nous glacera le sang, nous tordra les tripes, nous donneras des sueurs froides? Le film LORD OF ILLUSIONS remplit-il cette mission? Alors pourquoi toute cette introduction de fou? J'ai presque le goût de prédire (et je l'espère) que Clive Barker sera un jour le seul réalisateur qui pourra accoucher de quelque chose qui sera à la hauteur, ou surpassera, THE EXORCIST. Avec une telle imagination si imprévisible, il demeure le seul candidat au titre de maître de l'épouvante. Après HELLRAISER et NIGHTBREED, LORD OF ILLUSIONS est l'évolution logique de son oeuvre cinématographique. Il crée ici des personnages menaçants qui possèdent une crédibilité, et un certain côté terre-à-terre qui nous donnent froid dans le dos. Prenez le méchant Nix, par exemple. À première vue, il a l'air d'un "gros tas" en camisole, qui a des habitudes hygiéniques très douteuses. On peut pratiquement le "sentir" à l'écran et voir les petits morceaux de nourriture incrustés entre ses dents. Il a l'air de mon oncle Gaston, qui est sur le "BS" depuis 30 ans et ne veut rien savoir. Pourtant, contrairement à mon oncle, Nix est menaçant grâce à sa voix et surtout à ses yeux. Son apparence non-stéréotypée est un atout certain. Et que dire de ses deux acolytes? Un espèce de skinhead néo-nazi super-hyper avec dents de crocodile et un pseudo cool mec aux sourcils rasés et aux culottes serrées en peau de serpent? Voilà des personnages originaux, qui nous plongent dans un "mal à l'aise" certain. N'est-ce pas ça le plus merveilleux au cinéma, quand on rencontre un personnage et qu'on ne peut deviner ce qui va arriver? Harry D'Amour est également un héros original. Il semble être un "private eye" (détective privé) classique, mais on s'aperçoit "assez vite merci" que son champ d'expertise s'étend plus loin que les veuves éplorées en talons aiguilles. D'ailleurs, quand on l'aperçoit pour la première fois, il n'est pas totalement remit de son enquête précédente : un exorcisme d'enfant! (D'ailleurs, le flashback de cette aventure, à peine 5 secondes, est une hallucinante scène d'horreur qui m'a fait sauter, je vous l'assure!) D'Amour est donc un expert en enquêtes de phénomènes occultes, mais demeure toujours étonné et très humain devant les excentricités se déroulant autour de lui. Joué par Scott Bakula (un choix un peu inattendu mais juste), il n'est pas difficile de s'identifier à un tel héros, au point qu'on espérerait une série avec lui. Ne serait-ce pas rafraîchissant : une série de films d'horreur avec un HÉROS, au lieu des mêmes vilains (Freddy et CIE)? Ceux qui lisent Barker connaissent déjà Harry, surtout sa participation dans la trilogie BOOK OF THE ART. Ici, Harry reçoit peut-être plus de coups qu'il en donne, mais il ne manque pas de détermination. La scène où Nix se fait planter/visser un masque de fer sur la tête m'a fait penser à celle de BLACK Sunday, de Mario Bava, un autre petit chef-d'oeuvre de récit maléfique. Hommage ou coïncidence?
Tant qu'à parler de souvenirs... Le prologue me rappelle les bons films d'horreur d'il y a 15 ou 20 ans (d'ailleurs, il se passe en 1982), style TEXAS CHAINSAW MASSACRE ou THE HILLS HAVE EYES, avec une bande de dégénérés dans le désert. Barker m'a eu avec son mandrill (gros babouins à la face bleue et rouge) enragé (une touche étonnante) qui, entre les lignes, allait probablement s'accoupler avec la fillette! Donc, ce prologue nous attrape par les cordes sensibles et nous donne un avant-goût des festivités à venir. Étant donné que dans la plupart des films d'horreur, on nous arrose d'hémoglobine, LORD OF ILLUSIONS ne lésine pas sur le jus rouge. Curieusement, cela fait longtemps que j'ai ressenti un tel malaise devant ce précieux fluide vital, comparé à maintes autres bobines. Le mot-clé est MALAISE, ce que l'on ressent tout au long de ce remarquable film, peut-être le meilleur en son genre des années 90. Ce film fait parfois penser à un épisode flyé des X-Files. Je vous le dis, pendant la confrontation finale, je m'attendais à voir surgir Mulder et Scully, longs manteaux au vent, pour faire le ménage dans tout ce non-sens. Quelle équipe ils feraient avec Harry D'Amour! De toute façon, ceci n'est qu'une constatation, pas une critique défavorable. Et dire que certains "critiques" ont détesté ce film, parce qu'il est trop horrible! Avec cette ligne de pensée, on va peut-être censurer les meilleurs gags du prochain film de Jim Carrey, parce qu'ils seront trop comiques. Même si l'oeuvre littéraire de Clive Barker est fascinante, il demeure très British et par conséquent, malgré son imagination, ses personnages demeurent froids. Au cinéma, ça passe pas mal mieux. J'espère seulement qu'il sera plus productif derrière la caméra, seulement 3 films en presque 10 ans. Pas facile de produire de bons films d'horreur, hein? Et le fait qu'il a avoué son homosexualité sera-t-il une barrière de plus? Comme un vrai fou fanatique, je couronne LORD OF ILLUSIONS de la cote ***½. Si ce film présage des oeuvres fantastiques matures, différentes et qui ne prennent pas les spectateurs pour des imbéciles, le meilleur reste à venir.
Quelques liens:
Famke Janssen, hubba-hubba!!!:
Clive Barker:
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