Une fillette blanche devient orpheline alors que ses parent périssent lors de l’écroulement d’une caverne, en plein safari africain (et personne ne semble vraiment se préoccuper à trouver leurs corps). Elle est recueillie par la sorcière de la tribu voisine, qui l’adoptera comme sa propre fille, la nommera Sheena et lui apprendra à communiquer avec les animaux (tout cela, apparemment, fait partie d’une ancienne prophétie qui annonce l’arrivée d’une héroïne blonde qui protégera la tribu lors de temps de crise). Communiquer avec les animaux consiste à se mettre le bout des doigts d’une main sur le front et avoir l’air de se concentrer très-très fort. Des années plus tard, un prince ambitieux prend le pouvoir au pays en faisant assassiner son frère roi et en accusant à tort notre gentille sorcière, alors qu’un journaliste américain et son caméraman sont sur les lieux pour faire un reportage sur ce même prince, champion de soccer par-dessus le marché! Ils prendront une photographie compromettante pour la crédibilité du nouveau roi infâme et se trouveront appelés à appuyer Sheena qui veut faire justice à sa mère adoptive dans cette sombre affaire. Sentez-vous comme moi une histoire d’amour à travers tout cela, ainsi que certain choc des cultures? Tout le monde parle anglais, de plus! Et patati, et patata.
J’ai déjà brièvement parlé de SHEENA dans ma page du légendaire dossier Scream Queens portant sur Tanya Roberts. **soupirs** Laissez-moi m’étendre un peu plus longtemps sur le sujet (ceci dit sans jeu de mots, hélas). Cela faisait maintenant bien des années que le projet SHEENA moisissait sur les tablettes des studios. Quand on pense que Raquel Welch était supposée interpréter ce rôle quelque part dans les années 70… maman! Tanya s’est elle-même portée volontaire. Le personnage principal vient d’un "comic-book" américain (première apparition officielle dans JUMBO COMICS #1 datant de 1938), création du légendaire artiste Will Eisner, qui n’avait que 19 ans à l’époque. Le but d’Eisner était de créer un penchant féminin au populaire Tarzan et c’est avec grand succès que cette nouvelle Reine de la Jungle fut accueillie par les fans. Elle a bénéficié d’un traitement au petit écran dans la série SHEENA QUEEN OF THE JUNGLE, produite en 1955. La spectaculaire Irish McCalla interprétait le rôle principal et ainsi, passait à la légende des pin-ups classiques. Quelle fantastique époque pour être voyeur… mais je m’égare.
Ici, nous avons droit à une mise en scène sans imagination et parfois maladroite (malgré quelques magnifiques prises de vue des paysages du Kenya), des personnages caricaturaux tirés d’une émission pour enfants du samedi matin et une intrigue à la SCOOBY-DOO des plus simplistes. Voulait-on à tout prix créer un produit "pour toute la famille" et laisser le script au niveau de simple pablum? Comment expliquer alors ces deux spectaculaires mais brèves scènes de nudité de Tanya? **soupirs** Quelques spectateurs s’amuseront à reconnaître une autre splendide comédienne, France Zobda, mieux connue au Québec pour être une des amies de cœur de Pierre Lambert dans les téléséries LANCE ET COMPTE! Que dire également du mercenaire aux cheveux blancs qui n’est rien de moins qu’un parfait incapable? Hilarant. Avouons que le metteur en scène John Guillermin était plus préoccupé à diriger les nombreux animaux présents (éléphants, rhinocéros, gazelles, lions, petits singes, etc.) que de donner des instructions précises à ses interprètes… mais quand on apprend que c’est lui qui a dirigé la nouvelle version de KING KONG en 1976, on peut comprendre!
Ce film s’est couvert de ridicule dès sa sortie et a ainsi piqué du nez au box-office, faisant le bonheur des Razzies Awards, récompensant le pire de l’art cinématographique chaque année. En le regardant aujourd’hui, les dégâts semblent un peu plus pardonnables à cause de son côté bon enfant et le fait que ce n’est pas du tout prétentieux, mais pas du tout. Étant un fan de Tanya depuis presque 20 ans, je suis probablement mal placé pour critiquer sa performance; je peux seulement dire qu’elle aurait pu faire preuve de plus d’humour. Ça ne plane pas haut, mais SHEENA réussit quand même à divertir d’une certaine façon, pour le meilleur et pour le pire, quand vous n’avez rien à faire pendant deux heures. Si j’ai de quoi à reprocher à ce film, c’est que depuis sa présentation, TANYA EST TOUJOURS BLONDE ET ÇA M’ÉCOEURE. Voilà, ça va mieux, ma pression a baisée, les pilules sont avalées. Expliquez-moi donc pourquoi sur la pochette vidéo, Sheena nous présente une coiffure pompadour on ne peut plus années 80, qui n’est pas retrouvée dans le film? Finalement, croyez-le ou non, le personnage survivra encore dans une deuxième série télévisée, dont le tournage débuterait en juin prochain, avec Gena Lee Nolin! Lâche-pas la liane, Sheena!