Les Studios Disney ont finalement décidé de faire le grand plongeon (à la
Johnny Weissmuller…) et de nous présenter leur version du Seigneur de la
Jungle, j'ai nommé TARZAN. Et on peut dire que cette adaptation est une de
leur plus grande réussite, à mettre côte à côte avec ALADDIN et LE ROI
LION.
L'animation est tout simplement stupéfiante secondé par de nombreuses
scènes CGI. Pour la première fois, on peut réellement assister aux acrobaties
de TARZAN (Tony Goldwyn) alors qu'il saute de liane en liane, de branche en
branche et l'effet " surfing " est brillamment réalisé. Bien sûr, on ne peut pas
parler d'un film Disney sans mentionner le fameux " comic relief " exécuté ici
par Terk, un jeune gorille (Rosie O'Donnell) et Tantor, l'éléphant (Wayne
Knight). Le vilain de service est assuré par Clayton (Brian Blessed) et Minnie
Driver qui assume la voix de Jane Porter ainsi que Glenn Close (Kala)
viennent compléter la distribution.
Ah ! Oui ! Phil Collins s'est occupé de la partie musicale, toujours très
importante chez Disney. Heureusement, on ne voit ni TARZAN ni Jane tenter
une imitation de Céline Dion… La musique et les chansons font partie
intégrante du film mais sans se retrouver à l'avant-plan. Excellente initiative !
Le film débute bien, respectant l'histoire originale de Burroughs. En fait, la
période pré-adulte de TARZAN est le véritable pilier de ce film. On rigole, on
reste bouche bée devant la qualité de l'animation et les scènes d'action et de
tendresse se succèdent à un rythme qui fait le bonheur des petits et des
grands. Du grand Disney, au meilleur de leur forme !
Et puis, TARZAN fait la rencontre de LA FEMME, dans ce cas-ci, Jane
Porter, venue en compagnie de son père et d'un guide (Clayton, un maniaque
de la gâchette) et le film prend un virage à 180 degrés. Subitement, on se
demande ce que ce groupe est venu faire dans le portrait. Alors que les enfants
se tenaient tranquilles dans la salle, j'ai pu assister à un changement d'attitude
de la part des petits qui se sont mis à parler, questionner, bouger, sautiller,
marcher, mâcher, boire et demander la salle de bain. Disney venait de perdre
leur attention. Et presque la nôtre!
Burroughs, lui-même n'a jamais su pourquoi exactement il avait donné une
épouse à son héros. En fait, il ne l'utilisera que sporadiquement dans ses
romans pour en venir à l'éliminer complètement. Elle est la troisième jambe de
TARZAN. Avec son arrivée, le Seigneur de la Jungle se transforme en
bouffon, en roméo et il est prêt à quitter ses amis pour suivre la jolie
demoiselle. Quel malheur !
En effet, le film aurait dû continuer sur sa lancée et nous montrer l'évolution de
TARZAN sur une plus grande durée. On aurait dû retarder l'arrivée de Jane
pour les dernières minutes du film. La pléiade de jeunes garçons venus voir
leur héros exécuter de grandes prouesses s'est retrouvé avec une histoire
d'amour à l'eau de rose.