THE CORRUPTOR :
Un bon film policier sans plus
THE CORRUPTOR met en vedette la star asiatique Chow Yun-Fat dans son deuxième film Hollywoodien après le fort décevant THE REPLACEMENT KILLERS en 1998. Dans THE CORRUPTOR, Chow a la chance de démontrer son talent de comédien et il le fait avec un naturel convaincant. Il joue le rôle de l'inspecteur Nicholas Chen, un policier aux méthodes expéditives mais pourtant fort respecté et décoré de la communauté chinoise. Agissant dans un poste de police, le numéro 15, situé en plein cur du chinatown de la ville de San Francisco, l'inspecteur Cheng est forcé, malgré lui, à travailler avec un jeune policier blanc idéaliste, Danny Wallace ( joué par Mark Wahlberg). Les deux flics devront unir leurs efforts afin d'anéantir un puissant criminel chinois, Nicky Lee, qui veut accaparer tous les réseaux de crimes ( prostitution, gambling, drogues ) ainsi qu'un dangereux gang chinois qui sème
la loi dans le chinatown. Le F.B.I. enquête également sur les agissements du nouveau duo et sur la corruption dans le corps policier du poste #15 parmi lequel pourrait bien être impliqué l'inspecteur Chen. De nombreux rebondissements et conflits s'ensuivent. L'amitié, la traîtrise et la loyauté des deux protagonistes seront testées à quelques occasions.
THE CORRUPTOR est un film dans la lignée typique des " buddy action film . Les deux héros sont diamétralement opposés et cette opposition mènera à une éventuelle amitié propre à ce genre de film. Le scénario, malgré de nombreux rebondissements, demeure assez prévisible dans l'ensemble et ne parvient guère à éviter les clichés du genre. Malgré quelques longueurs en deuxième partie, l'intrigue est quand même assez bien menée et retient l'attention du spectateur jusqu'à la fin (chose quand même assez rare de nos jours à Hollywood et qui mérite d'être soulignée ).
La trame musicale du génial Carter Burwell (compositeur attitré des films des frères Coen notamment ) est fort intéressante mais on aurait pu se passer des inutiles " pop songs " qui ouvrent de nombreuses scènes dans le film. La photographie de Juan Ruiz Anchia est soignée et les vingt premières minutes sont vraiment palpitantes et remplies d'action. C'est dommage qu'on n'ait su garder ce rythme enlevant durant tout le film. Par contre, il faut souligner l'obligatoire scène de poursuite de voitures qui est assez réussi et d'une étonnante violence (plusieurs passants et innocents succomberont aux balles tirées par les criminels ) qui rappelle les films de Hong Kong où l'on ne se gêne pas pour canarder des victimes innocentes. Cependant, la fusillade finale dans un bateau est néanmoins décevante et le film a été sévèrement coupé par la censure américaine pour éviter une classification "NC-17" et ça se voit à plusieurs moments dans le film.
Dommage.
Pour revenir à Chow Yun-Fat, il est rafraîchissant de le revoir en bonne forme et s'exprimer un peu mieux en anglais. Cette fois, il n'a pas que quelques lignes de dialogue à débiter comme c'était le cas dans THE REPLACEMENT KILLERS, une pâle imitation des films d'action Hongkongais servi à la sauce vidéo-clips. Comme l'a dit le réalisateur James Foley, ( GLENGARRY GLEN ROSS, FEAR, THE CHAMBER...) dont c'était le premier film d'action à ce jour : " c'est un naturel ". Bref, si vos attentes sont marginales, je conseille d'aller voir ce film pour les amateurs de films policiers et d'action et, bien sûr, pour les inconditionnels de Chow Yun-Fat. Pour les fans pur et dur du cinoche de Hong Kong, vous risquez malgré tout d'être un peu déçus et continuez à rêver d'un éventuel retour à Hong Kong du Dieu des films d'action!
Cote :

( 5 "plančtes" = un chef d'oeuvre, 1 "plančte" = ne vaut pas le prix d'entrée).
Pascal Grenier
Site officiel du film The Corruptor
Nos sites :