LA ZONE VIDEODROME
Cinema et vidéo
par Éric Gagnon
L'air est moite, irrespirable... Depuis des mois, ce que l'on appelait jadis “Soleil“, reste caché derrière un opaque rideau grisâtre d'où s'écoule de temps à autre une pluie noire pourrie de radiations.
Et moi, je n'arrive plus à sortir sans ma combinaison. Il est donc naturel que - junkie unique et merveilleux maître du monde dans mon abri troglodyte - je demeure bien à l'abri chez moi, généralement accroc à toutes ces productions cinématographiques d'avant la Grande Purification...
Je laisse donc, en dernières volontés, le journal de mes séances vidéo à tous les archéologues du futur, humains ou non. Donc - Mesdames, Messieurs, Mutants informes et Gamins gavés de Plutonium - installez-vous bien confortablement, à mon exemple, et laissez-moi quelques instants obtenir un accès direct à votre CERVEAU...
Nouveautés
Princess Mononoke.
Catégorie: Animé.
Un jeune prince en exil doit, afin de se libérer d'une malédiction tenace, devenir l'intermédiaire entre les esprits de la Forêt et les humains qui les côtoient.
Nouvelle et, si la rumeur malheureuse se confirme, dernière œuvre du grand maître de l'animé Hayao Miyazaki, qui désire prendre sa retraite (l'égoïste !). Appelez-moi un romantique en phase terminale, mais j'ai bien aimé cette petite fable écologiste. Côté scénario, tout se tient. Côté rythme, on ne s'ennuie pas. Un peu de tout pour tout le monde : petits animaux, idylle entre prince et princesse, orgies de décapitations... Rien à redire. De plus, la qualité technique surpasse de bien haut ce que j'ai pu lorgner du côté de l'Oncle Disney et
de son armée d'informaticiens sans inspirations. D'ailleurs, ça doit expliquer pourquoi ce bon vieux NAZI de l'animation a acheté les droits de ce film pour exploitation occidentale. Ça lui évitera d'en voler intégralement le contenu pour un nouveau “Lion King“. C'est donc avec un pincement au cœur que je dois me joindre au chœur des Globe and Mail, National Post, Cosmopolitan et autres à chanter les panégyriques de cet animé. Amenez-y donc copine, copains, chats, chiens et pourquoi pas un bum de la station Berri-UQAM ?
Pour les intéressés, M. Miyazaki a dirigé deux autres animés très dignes d'intérêt : “Grave of the Fireflies“ (qui a fait sangloter votre pauvre narrateur) et “Castle Cagliostro“ (vi-o-lent les mecs !).
À rapprocher d'une autre histoire d'amour avec certains points de similitude, “Bride With the White Hair“ de Ronny Yu (1993).
"Princess Mononoke"
1997 ; Japon ; Distribué ici par Miramax.
Iron Giant.
Catégorie: Animé.
En pleine " fifties ", Hoggarth, un jeune garçon d'une dizaine d'années, découvre près de sa petite ville un robot géant (i.e. dans les ligues de ce bon vieux Godzilla) avec qui il se lie d'amitié. Mais voici, qu'un méchant sbire, un homme en noir du gouvernement américain, découvre le pot-aux-roses et se met en tête de détruire la brave machine qu'il soupçonne être un instrument des sales rouges.
Cette adaptation du bouquin de Ted Hugues, qui a aussi fait l'objet d'un album de Pete Townshend, ramène la Warner dans les grands de l'animation (disons que les
Loony Melodies remontaient à une lointaine époque...). Le style, très fluide et contrasté par une utilisation de couleurs primaires, rappelle beaucoup la série animée “Superman“ de Max Fleischer. De fait, la conception des personnages évite la recette habituelle, tout comme le scénario qui s'éloigne le plus possible des conventions du genre. En effet, “Iron Giant“ aborde quelques thèmes inhabituels à notre horizon animé Nord-Américain comme le respect de la différence, le contrôle des armes, l'amitié, la mort, etc.
Et, Dieu merci, aucun des personnages ne chante pour une raison ou une autre, pas même le moindre petit futur tube lors du générique. C'est Céline qui doit être déçue...
Bref, c'est mieux que E.T.
"Iron Giant"
1997 ; USA ; D: Brad Bird ; Warner Brothers.
Recyclage
Invasion of the Flesh Hunters.
Catégorie: Vétérans Cannibales.
V.F.: Pulsions Cannibales ; Virus Cannibale.
Aussi connu sous les titres : Cannibals in the Streets, Savage Apocalypse, The Slaughterers, Cannibals in City, Virus.
Pauvre John Saxon ! Non seulement sa carrière s'est éteinte dans une suite de navets gore de multiples nationalités mais en plus il a dû, dans ce bas-fond cinématographique, incarner un gradé du Vietnam qui doit composer avec quelques amis devenus cannibales lors d'un séjour prolongé aux mains de l'ennemi. S'ensuit une flopée de scènes inintéressantes arides en érotisme (toujours hors champs) et en séances de cannibalisme (idem sauf pour quelques mordées de latex grisâtre taché de sauce rouge).
Il existe cependant une version plus complète en termes " anthropophagiques ", disponible chez quelques dealers internet dont le célèbre Revok Video Prodigies (faut bien encourager les compagnies canadiennes !).
"Invasion of Flesh Hunters"
1982 ; Italie
Acteurs: John Saxon, Elizabeth Turner
Directeur: Antonio Marghereti
Vestron (V.O.A.).
Kiss Me Monster.
Catégorie: James Bond du pauvre.
Version anglaise de “Bésamé, Monstruo“.
Deux vilaines espionnes connues sous le nom de “Red lips” s'évertuent à grands coups de beignes dans la gueule, de balles invisibles et de stripteases à retrouver un savant fou disparu sur une île quelconque. En cours de route, elles affronteront d'horribles mutants (en vérité des culturistes en slip or) et un gang d'assassins lesbiennes assoiffées de femmes fraîches (...).
À voir pour un torride duo de sax exécuté de main de maître par nos héroïnes. Quelqu'un aurait mieux fait d'informer le directeur que :
a) il ne faut jamais interrompre une scène par un striptease pigé dans un autre film et que
b) un musicien doit bouger les doigts. Attaboy Jésus !
Pour les connaisseurs, signalons que le film date de l'époque de “Sadisterotica“ et “Succubus“ de la même troupe et du même directeur.
"Kiss Me Monster"
1967 ; Espagne/Allemagne de l'Ouest
Acteurs: Janine Reynaud, Rossana Yanni, Michel Lemoine, Adrian Hoven
Directeur: Jésus Franco
Redemption Video.
Éric Gagnon
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