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ÉDITORIAL X-BEN 14e édition: PREMIER ÉDITORIAL X-BEN DU MILLÉNAIRE
Journal de bord du Colonel, le vendredi 7 janvier 2000:
Drôle de journée. Premièrement, après des mois d’attente, les Édition À Lire m’écrivent pour finalement m’avertir qu’ils ne désirent pas retenir mon roman pour publication. Ah bon. Par bonheur, ils incluent le rapport du comité de lecture; les mots "scorie", "gangue" et "corollaire" sont utilisés dans leur critique. Wow. Loin d’être assez prétentieux pour croire que mon bouquin était parfait, je comprends vite le message: mon truc n’est pas assez "littéraire". Mon cheminement suivant est clair: je traduis tout cela et m’attaque au marché anglais. Ne l’ont-ils pas l’affaire, les Amaracains"? THINK BIG.
Ma femme sort ce soir alors je vais me farcir une petite soirée TV. Avant tout, je tente de relaxer en lisant avec plaisir THE ESSENTIAL HULK, recueil provenant de Marvel Comics qui regroupe les premières aventures de ce personnage au teint de jade (HULK #1-6, TALES TO ASTONISH #69-91). Donc, on remonte au tout début des années 60, alors que le duo de l’heure (Stan Lee et Jack Kirby) fait la pluie et le beau temps et réinvente l’écriture et l’image des "comic books". Je ne me souvenais plus à quel point la personnalité de Hulk changeait si souvent à cette époque (désorienté, méchant, intelligent, idiot, gentil, etc.). La série ESSENTIAL est indispensable pour les nostalgiques et également pour ceux qui sont curieux de découvrir de véritables classiques de ce médium. À date, SPIDER-MAN, X-MEN, FANTASTIC FOUR, AVENGERS et WOLVERINE sont les premiers invités de ces livres, publiés en noir et blanc et très bon marché.
Ensuite, ma curiosité l’emporte et je regarde la première de la série G VS E sur les ondes du Space Channel. Cette émission provient de la chaîne USA et semble connaître un certain succès critique. J’ai été agréablement surpris. Voilà un mélange de X-FILES, PULP FICTION et MEN IN BLACK qui m’a fait bien rigoler. Pourtant, on ne peut pas dire que le récit est si original. Brièvement, c’est l’histoire d’un type assassiné qui se retrouve enrôlé dans une organisation secrète qui tente de contrecarrer les plans d’une bande de démons (nommés Morlocks) qui veulent provoquer le trouble sur la planète. Évidemment, notre héros est "mort" mais demeure quand même humain, ses anciennes relations ne pourront le reconnaître si elles apparaissent sur son chemin... et il doit renoncer à toutes relations sexuelles! Son partenaire est un agent noir très cool qui écoute des "bootlegs" des Commodores et possède une Volvo orange. Le tout est rempli d’humour "hip" et de jeux de caméras à la mode. Franchement, je me suis bien amusé et vais suivre cette série, pour voir quel genre d’intrigue nous sera proposée.
Temps mort: il n’y a plus rien à la télé, juste des nouvelles sans cesse et du yachting sur TSN. Bah! C’est le moment de placer une petite cassette dans l’appareil vidéo. Pour continuer sur une voie rigolote, j’écoute I WAS A TEENAGE WEREWOLF, merveille de la série B américaine de l’époque des ciné-parcs, 1957 pour être précis. Ce film met en vedette Monsieur Petite Maison dans la Prairie lui-même, feu Michael Landon dans le rôle-titre. Contre toute attente, Landon est vraiment excellent en adolescent tourmenté par son tempérament explosif. La moindre provocation lui fait perdre les pédales. Après une série d’incidents embarrassants, il décide de fréquenter le cabinet d’un psychiatre qui traite son patient avec des sessions d’hypnotisme. Les choses se gâtent quand le psy décide de faire retourner son jeune patient dans le passé (ici on parle TRÈS loin dans le passé) et le jeune homme développe ainsi des tendances de lycanthrope. Vêtu de son "jacket" de "high school", notre pauvre héros sème la terreur dans sa ville, nous présentant des crocs plus ou moins convaincants et une pompadour digne des rockeurs de l’époque. La meilleure séquence nous le montre traquant une jeune athlète sur barres parallèles dans le gymnase du collège. Production typique de l’époque, ayant des hauts et des bas, avec une scène musicale hallucinante où un jeune "teenager" nous chante le classique Eenie Meenie Mainie Moe!
Il est maintenant minuit 35 et je me branche sur MoviePix, anxieux de découvrir quel genre de copie cette station va nous présenter du film FLESH FOR FRANKENSTEIN de Paul Morrissey. Je suis abasourdi: voilà un film de 1973 qui semble avoir été tourné l’après-midi même. Les couleurs sont superbes, la copie est magnifique et "letterboxed" et c’est complètement "uncut"! Un de mes films cultes depuis longtemps, je peux en apprécier les facettes visuelles pour la toute première fois et savourer les caractéristiques chéries d’une nouvelle façon. Encore une fois, je jubile à enttendre tous ces accents différents: accent belge, accent allemand, accent du Bronx... Je me délecte de l’interprétation complètement caricaturale (pas nécessairement planifiée dans le plan d’action de certains interprètes). Je m’extasie devant la bande sonore toujours émouvante. Je fantasme sur les scènes qui étaient originalement présentées en trois dimensions et demeurent juteuses à souhait. Et je suis extrêmement impressionné, encore une fois, par la qualité de cette copie présentée par MoviePix, chaîne qui ne m’a pas encore vraiment déçu depuis que je la reçois ces quelques derniers mois.
Je me couche vers 2 h 15 le samedi matin, satisfait d’une journée bien remplie, motivé par la lettre de refus et hautement diverti par ma soirée devant le petit écran.
 Benoît Chénier
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