Ça fait trop longtemps que je n’ai pas parlé de "comic books" américains. Avec toute la longue série de listes qui va bientôt apparaître pour la fin du millénaire, je vous propose aujourd’hui celle de mes dix meilleures séries de tous les temps. Impressionnant, n’est-ce pas? Alors, par ordre contraire:
10) BAKER STREET
Cette série noir et blanc n’a pas eu longue vie et c’est bien dommage, ayant été sur le marché au tout début des années 90. Par contre, les quelques numéros existants sont d’une remarquable qualité, autant par leur graphisme que par les intrigues complexes et ingénieuses. Un aperçu simple pourrait être résumé ainsi: c’est la transposition du mythe et de la mystique Sherlock Holmes dans un milieu punk contemporain, alors que Holmes est présenté sous les traits d’une ancienne policière devenue marginale et que Watson est sa nouvelle coloc fraîche et innocente. Surprenant.
9) ELEMENTALS
Cette intrigante série présentait une groupe de quatre super-héros pouvant chacun contrôler un élément. Ici, la particularité était que les thèmes se voyaient présentés de façon encore plus matures que Marvel ou DC ne pourraient jamais espérer: conflits physiques violents et réalistes, vie sexuelle des personnages, difficulté à gérer la population dotée de super-pouvoirs, etc. Les Elementals ont également donné une volée à Saddam Hussein, alors que les créateurs voulaient nous présenter l’hypothèse de l’implication d’une force de héros contre une réelle invasion terrestre entre deux pays, alors que la Guerre du Golfe prenait de l’expansion à l’époque. Après plusieurs tentatives pour ressusciter le projet, cette série n’est plus disponible.
8) PREACHER
Toujours une série populaire de nos jours, ce titre a poussé les limites du bon goût à quelques reprises, mais heureusement de manière hilarante la majorité du temps. Voilà l’histoire d’un prêtre qui est possédé par l’esprit d’une créature née d’une union ange/démon et qui lui donne le pouvoir d’inciter les gens à obéir à ses moindres commandements verbaux. Il part à la recherche du bon Dieu, qui semble avoir donné sa démission du Paradis. Cela me prendrait un site Web à lui tout seul pour décrire la panoplie de personnages impliqués dans une multitude de situations sanglantes et/ou scabreuses. Malgré la violence, le titre va plus loin encore et pose des intelligentes questions sur la foi et la confiance qui réside (?) chez tout être humain. Devrait se terminer définitivement vers le numéro 75.
7) DEFENDERS
Peut-être le groupe d’héros le plus excentrique publié par Marvel. Excentrique est bien le mot pour décrire ma période favorite, numéros 21 à 43, où l’écrivain Steve Gerber a créé un univers satirique qui m’impressionne encore aujourd’hui par son audace. Contrairement aux autres équipes de héros, les Defenders ne possédaient pas (par choix) de quartier général secret, de véhicules de transport, ni ne bénéficiaient d’une charte précise. Quand on considère que des têtes chaudes comme Hawkeye, Namor ou Hulk ont été membres (et même Howard the Duck!), ainsi que des collaborateurs à tempérament si variés que Doctor Strange, Valkyrie, Silver Surfer et Cloud (sorte de créature hermaphrodite pouvant se transformer en nuage!), on comprend le manque de stabilité opérationnel. Le groupe a subi divers changements de personnel à travers son histoire, mais je privilégie les 50 premiers numéros, qui ressortent encore aujourd’hui des clichés habituels.
6) FANTASTIC FOUR
Hummm, je pense que cela commence à paraître que j’affectionne les titres mettant en vedette des regroupements d’héros? C’est ici que je retrouve mon héros favori de tous les temps, The Thing. Les 102 premiers numéros de Jack Kirby et Stan Lee sont des classiques incontournables. FANTASTIC FOUR est un de peu de titres qui sont considérés parmi les premiers annonçant le "Silver Age" du médium, qui annonçait des histoires mettant en vedette des personnages avec des problèmes personnels particuliers et qui affichaient des sentiments auxquels les lecteurs pouvaient s’identifier. C’est également le premier livre officiel de l’Univers Marvel comme on le connaît aujourd’hui, ayant paru en 1961. De nos jours, FANTASTIC FOUR, sous la plume de Chris Claremont, est carrément ILLISIBLE, avec un style manga hideux pour les dessins.
5) JUSTICE LEAGUE INTERNATIONAL
L’époque Keith Giffen, bien entendu, où certains récits semblaient prêts à rivaliser avec les parodies de MAD MAGAZINE! Certains numéros me faisaient rire aux larmes, garanti. Comment croire qu’une série si drôle comptait parfois Batman lui-même comme participant? Que Martian Manhunter pourrait devenir participant à de la comédie? De nos jours, la série s’intitule JLA et je la trouve assommante d’ennui. Les belles années de Guy Gardner, Booster Gold, Blue Beetle, Fire & Ice... il ne s’en fait plus comme celles-là.
4) DOOM PATROL
Ici, je parle d’un des premiers comics qui m’a tombé sous la main, au milieu des années soixante. Cette série (dans laquelle certains voient des thèmes précurseurs aux X-MEN) présentait pour la première fois des héros qui n’avaient pas nécessairement la faveur du public et se voyaient considérés comme des marginaux. De plus, ces mêmes héros devaient l’acquisition de leurs pouvoirs à des circonstances accidentelles hors de leur contrôle (et non souhaitées). Complètement "over-the-top", avec une imagination pour l’époque complètement folle et une touche d’humour absurde bienvenue. A connu un certain succès grâce à un nouveau souffle il y a une dizaine d’années, mais ne paraît plus de nos jours.
3) WATCHMEN
Cette mini-série de 12 numéros est considérée par plusieurs comme l’ultime histoire de super-héros, d’un réalisme à couper le souffle. D’une maturité exemplaire, le récit b.d. est accompagné de notes, articles de journaux, souvenirs personnels des héros, etc. ce qui donne une dimension encore plus convaincante. Ce récit se débarrasse des clichés poussiéreux venant des USA pour rajouter un fort soupçon de touche européenne (mais que demander de plus d’un écrivain britannique, Alan Moore?). Fortement recommandé dans sa version "paperback", mais évitez la traduction francophone, qui coûte grotesquement cher.
2) TOMB OF DRACULA
À mon opinion, la meilleure série d’horreur sous format comic. Marv Wolfman et Gene Colan ont créé une version moderne de Dracula d’une stupéfiante crédibilité, sans sombrer dans la parodie ridicule, se basant directement sur le roman de Bram Stoker. Le Comte ici n’est pas un bouffon grotesque, ni nécessairement un vilain qui veut s’emparer du monde. Même mort-vivant, Dracula nous fait passer ici par un foule de sentiments. S’étalant sur 70 numéros, cette série est classique sur tous les points de vue, avec notamment un liste de personnages secondaires mémorables. Depuis lors, les apparitions de Dracula dans l’univers Marvel se sont faites rares, ce qui n’est pas bête si on ne veut pas diluer le personnage et le rendre absurde (comme il est arrivé à Venom dans SPIDER-man, par exemple).
Roulement de tambour pour le gagnant:
1) AVENGERS
Ceux qui me connaissent intimement (gahhh! les privilégié(e)s!) n’ignorent rien de ma passion pour les Puissants Vengeurs, passion qui s’étale depuis bientôt 30 ans! Ouais, je lisais les "reprints" noir et blanc des Éditions Héritage, passant même des heures à les colorier avec des crayons de bois. Que dire de plus? Pas vraiment attiré par les personnages classique venant de DC Comics, ce qu’on me proposait dans ce titre était la crème de la crème de Marvel: Thor, Iron Man, Captain America, Hawkeye, Scarlet Witch, Vision, Hercules... En plus de nos jours, la série à un petit côté nostalgique des années 70 (mon époque!) tant par la structure que par l’artiste principal (tout le monde à genoux devant George Pérez). J’ai 35 ans et possède encore une de leurs affiches, ornant un mur de mon "bureau" (j’ai également d’autres genres de "posters" mais je ne vous dirais pas c’est quoi, gnan gnan). Bientôt dans AstroneF Magazine: une section historique consacrée aux Avengers, par moi-même!