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ÉDITORIAL X-BEN
4ième édition

FANTASIA 99

Voici une autre série de courtes critiques sur quelques films que j'ai vus à FantAsia ces derniers jours:


DR. LAMB

poster du film

Hummm, quoi dire sur ce film? Scénario très ordinaire, scènes de gore plus ou moins convaincantes, structure répétitive. En gros, cela raconte l'arrestation d'un chauffeur de taxi psychopathe qui ne peut s'empêcher de tuer des femmes (presque toujours des prostituées) les soirs de pluie. Il ramène les cadavres à la maison, se découvre des talents de photographe, les coupe en morceaux, etc. Il est interrogé par les policiers (de façon subtile: on lui met un bottin téléphonique sur le ventre et on frappe dessus à coups de marteau!) pour le faire avouer. Le point fort à retenir: l'interprétation de ce bon vieux Simon Yam dans le rôle du désaxé; j'aurais cru qu'il sombrerait dans une certaine facilité d'interprétation (tics faciaux grotesques, ricanements de débile), mais non, il demeure un tant soit peu "restreint" dans sa gestuelle. La meilleure scène nous le présente courant derrière une jeune fille en forêt, alors qu'une pluie battante s'abat sur eux. Excellente musique à ce moment. Mon sous-titre favori: "Drive. Fuck you." C'est probablement le premier film que j'ai vu où il y a un personnage qui reçoit un sein (sectionné) derrière la tête. Aussi, quand le tueur fou baise avec le cadavre d'une infortunée, il est tout nu, mais il a gardé SES SANDALES!!!! C'est ce qui m'a le plus dégoûté, je crois... Satisfait d'avoir finalement vu ce film, mais il demeure inférieur à THE UNTOLD STORY, auquel il est parfois comparé. Et pour couronner le tout, il paraît que cette copie était censurée!?!?!?

KING OF COMEDY

image promotionnelle du film

Ce n'est pas tout le monde qui apprécie les comédies de Stephen Chow (qui est parfois comparé à un Jim Carrey chinois, surtout en popularité). Je l'ai découvert, comme plusieurs autres, au premier FantAsia et il continue à me divertir. Ceci est sa dernière production, qui raconte les mésaventures d'un apprenti comédien qui ferait n'importe quoi pour participer à un tournage de film. Son vrai travail constitue à s'occuper d'une salle de ping-pong. Il se voit donner des cours de théâtre à une bande de jeunes filles travaillant dans un bar où elles doivent se vêtir en écolières et entretenir les fantaisies érotiques de riches clients (une réelle obsession chez les hommes asiatiques, paraît-il). Il tombe amoureux de l'une d'entre elles, la magnifique Cecilia Cheung, qui possède une voix incroyablement sexy (i.e. joliment enrouée pour une orientale). Quel prix notre héros sera-t-il prêt à payer pour finalement accéder à une célébrité illusoire? Ce film mélange avec habilité slapstick, jeux de mots et une certaine tendresse, et peut se vanter de posséder une scène rivalisant avec le moment le plus connu de THERE'S SOMETHING ABOUT MARY, alors qu'ici quelque chose pendouille de l'orifice nasal de notre héros... Un de mes films favoris de FantAsia 99.

ISLAND OF GREED

poster

Ouach! J'ai perdu deux heures de ma vie à m'aplatir le derrière en visionnant cette laborieuse production, saluée dans le guide FantAsia comme "un film d'action à grand spectacle". Hé bien, j'en déduis que l'état de crise du cinéma d'Hong Kong est encore pire que je le croyais. On nous présente un scénario très complexe et politique portant sur un ex-membre de triade (crime organisé asiatique) qui espère entreprendre une carrière de haut fonctionnaire. Il est surveillé par une escouade policière de choc, mais c'est tellement lent et absurdement complexe qu'on ne peut s'impliquer dans un tel imbroglio. Également dans le programme, on nous avertissait de ne pas rater une "séquence inoubliable d'affrontement entre hommes et chiens". Ce moment m'a paru plus maladroit que prévu, avec des bergers allemands se faisant lancer dans les airs off-screen pour rebondir un peu partout dans un champ. Andy Lau, dans le rôle du policier principal, a fait comme moi pendant ce film: il a eu l'air endormi. La finale d'action est incompréhensible et absurde si on veut considérer ce film comme "sérieux". Une autre amère déception, durant 126 minutes interminables.

THE PHANTOM OF THE OPERA

image du film

Au moins ce film fait rire. Cette inutile version de la vénérable histoire du Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux est d'un ridicule follement embarrassant. Le réalisateur Dario Argento, un de mes favoris dans le genre horreur, est pratiquement rendu au bout de son rouleau. Cela fait presque 15 ans qu'il n'a pas produit un film solide en tant que réalisateur. Lui et le scénariste Gérard Brach ont voulu faire différent en nous proposant un Fantôme jeune, beau et vigoureux. Pas de masque, pas de cape, pas de visage défiguré. Ce mec a été abandonné jeune par ses parents et élevé par des rats (!) sous l'Opéra de Paris. Malgré tout, il affiche un bel accent anglais, une diction impeccable et semble démontrer des talents de musicien exceptionnels (en plus d'être télépathe!). Il a l'intention de s'occuper de la carrière de la jeune cantatrice Christine Daaé (interprétée par la fille d'Argento, Asia, de façon rockeuse gothique trop cokée). C'est presque malsain de voir un metteur en scène diriger sa propre fille dans des ébats érotiques de mauvais goût. Et que dire de la vue du Fantôme en pleine période masturbatoire, laissant quelques-uns de ses amis rats lui courir sur la poitrine, et qui décide de déboutonner sa culotte... laissez votre imagination faire le reste. Ou encore, ce même Fantôme ayant une vision de cette même Christine, alors qu'il médite sur le toit de l'Opéra. Il la voit apparaître dans les cieux, vêtue de foulards transparents dans un tel climat de kitsch et de quétainerie que c'en est hilarant. Quelques scènes de gore viennent peupler le tout de façon très juvénile. Ceux qui pensaient que la fin de ELVIS GRATTON II: MIRACLE À MEMPHIS était pathétique n'ont encore rien vu. Salué comme un navet en Europe, on comprend pourquoi Argento a refusé de se pointer ici pour présenter cette lamentable bobine.

ISLAND OF FIRE

poster du film Ce film sans queue ni tête, pas nécessairement bien tourné, avec un "look cheap", m'a quand même hautement diverti. Ce n'est pas une production Jackie Chan typique; même que Jackie n'a qu'un rôle de soutien. Sammo Hung est également de la partie. C'est une "vue de prison" des plus classiques, avec les méchants gardiens, le gros kingpin de triade qui contrôle les prisonniers, les mésententes de tous ces hommes entassés les uns contre les autres, le méchant qui met une crotte de nez dans le riz trop cuit du plus faible, les tentatives d'évasion, etc. Sur ce dernier sujet, Sammo détient sûrement un record, "empruntant" une voiture de police à deux reprises, comme si de rien n'était. Il en profite, la première fois, pour aller manger de la barba-à-papa avec son fils collégien. Ce ne sera pas long avant qu'il se fasse capturer à nouveau et punir. Jackie fait du temps parce qu'il a accidentellement tué le frère d'un autre gars de triade, qui cherchera vengeance jusqu'en prison, blablabla. Si tout cela semble horriblement familier (et l'est), tenez bon pour les minutes finales, où, inexplicablement, Jackie, Sammo, Tony Leung et Andy Lau sont subitement sortis de prison, revêtus de jacket noir et t-shirt blanc, et envoyé en mission pour éliminer un druglord local! Comme ça! S'ensuit un sous-produit de fusillades style John Woo bon marché, avec le gros Sammo et Cie filmés au ralenti, abattant des dizaines! des centaines! des milliers! de soldats anonymes. Follement amusant. J'aimerais que vous tentiez de m'expliquer ce que le titre peut avoir de commun avec le film.

CURE

image du filmGuh. Alors que je visionnais ce film, rendu à environ 90 minutes, une grande peur s'est emparé de mon être. Non, ce n'est pas à cause des événements qui défilaient devant moi. Un éclair s'est illuminé dans mon esprit et je me suis dit: "Ce film va se terminer en queue de poisson, je le crains". Évidemment, c'est ce qui s'est produit. J'ai encore aplati un siège du cinéma Impérial pendant plus de deux heures pour rien. C'est sûr que je m'attendais, comme averti, à un film plutôt lent, qui prendrait son temps à raconter son histoire. Je n'ai rien contre les films lents et/ou longs, mais je ne peux supporter des films PLATTES! OK, je dois avouer que l'intrigue initiale demeure intrigante: une série de cadavres sont trouvés, avec un X découpé sur leur cou. Il semble qu'un itinérant amnésique soit à l'origine de ces crimes, mais comment le prouver? Encore une fois je suis probablement dans la minorité, alors que CURE a été salué dans à peu près un milliard de festivals cinématographiques à travers le monde. Whoopee-doo. Je n'ai pas encore vu RING, qui lui aussi est présenté comme un chef-d'oeuvre ultime et incontournable du nouveau cinéma d'horreur japonais, mais je commence à me demander si je vais encore me péter le nez sur une autre production emmerdante.

Comme vous pouvez le constater, rien de renversant à date.

Voici le site officiel de FantAsia: www.fantasiafest.com.

Benoît Chénier

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L'opinion de l'auteur n'est pas nécessairement celle d'AstroneF Magazine (et dans certains cas, heureusement!).