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ÉDITORIAL X-BEN
13e édition: DERNIER ÉDITORIAL X-BEN DU MILLÉNAIRE

C’est l’heure de ma revue de fin d’année dans le monde du cinéma. Revue qui sera très courte, pour la simple raison que j’ai connu mes pires mois en tant que cinéphile en 1999. Curieux constat. Je vous verse mes états d’âme pour voir si ce que j’ai vécu peut ressembler à une expérience similaire chez vous.

Premièrement, j’ai connu ma pire phase "anti-hollywoodienne" de tous les temps, après avoir visionné WILD WILD WEST, film vil et grotesque qui devrait être banni pour sa stupidité et THE MATRIX, film hystérique surévalué et souvent horriblement interprété. Tout la mystique d’effets spéciaux créés par ordinateur me fout le mal de coeur à chaque fois. Ugh. Technologie que je trouvais géniale il y a quelques années, voilà qu’elle est devenue une plaie pour la majorité des "produits" cinématographiques l’utilisant. Combien de films, cette année, ont été gâchés par une orgie de scènes provenant d’un ordi? Ces cochonneries visuelles prennent le dessus sur le SCÉNARIO. Un SCÉNARIO est une histoire qui, dans le meilleur des mondes, présente des personnages avec qui nous développons le désir d’assister à leurs interactions. Ce serait gentil de la part des écrivains à inventer des trucs originaux en bâtissant leurs écrits, au lieu de faire des suites, des copies de films de d’autres pays et des "remakes" insipides. Hollywood toujours à l’heure du cellulaire et de la pagette? Ça fait des années que je le répète.

Taxi! Taxi! Taxi!J’ai planté mon champs de navets favoris pour 1999 et cela sent pas mal fort: THE FACULTY, THE RAGE: CARRIE 2, eXistenZ, THE MUMMY, THE BLAIR WITCH PROJECT (maudit que je déteste ce film). La plupart des ces "oeuvres", j’imagine, bénéficieront d’une suite quelconque... Je n’ai même pas pris la peine d’aller voir STAR WARS EPISODE I: THE PHANTOM MENACE. Cela ne m’a jamais rien dit, et plus le temps avançait, plus je prenais plaisir à passer pour un papou à deux têtes quand j’avouais à des connaissances mon intention d’ignorer cette dernière production de mon onc’ Lucas. Ils peuvent tourner 471 autres épisodes et cette série ne m’intéressera pas plus. Tonnerre, je n’ai même pas vu EYES WIDE SHUT! Pas eu le bénéfice d’apercevoir Tom Cruise prendre place dans une multitude de taxis, à ce qu’on m’a dit. J’ai absurdement boycotté ces nouvelles salles de cinéma gigantesques, où il possible de manger de la pizza et de jouer au bowling, tout en état assis dans une gigantesque pièce comme un petit poisson rouge dans un énorme bocal anonyme. Bof, que c’est froid!

posterQuels sont les films que j’ai le plus appréciés cette année? Ils sont rares: GODS AND MONSTERS (aperçu romancé du metteur en scène James Whale), LOCK, STOCK AND TWO SMOKING BARRELS (qui m’a fait hurler de rire et que tout le reste du monde considère comme un sous-produit de PULP FICTION, bah!), DETROIT ROCK CITY (qui m’a rappelé mon adolescence et mon "membership" dans le KISS Army), SLEEPY HOLLOW (qui m’a remémoré l’époque où je découvrais les films des studios Hammer et les classiques d’horreur italiens). C’est à peu près ça. Intéressant de constater que j’ai apprécié ces films pour principalement la même raison: à cause de leur habilité à me faire souvenir de d’AUTRES oeuvres chéries du passé! Mais quel film m’a donné le plus de plaisir cette année, dans une salle? Facile: THE MIGHTY PEKING MAN vu à FantAsia ’99! Un "crowd-pleaser", pour sûr!

Dans mes délires de déprime, je me dis "triste temps pour être cinéphile". Je vois THE WORLD IS NOT ENOUGH et je déclare: "Quand est-ce que Bond va faire face un méchant INTÉRESSANT"? J’écoute les émissions-pablum de divertissement style Acces Hollywood à la télé et j’entends toujours le même refrain: "Oscar buzz", "Tom Hanks va gagner un Oscar", "Ralph (Ray?) Fiennes va gagner un Oscar". Je vois d’interminables "previews" de films à venir et il faut toujours que quelque part on cite la participation de quelqu’un qui a gagné un de ces précieux Oscars...

excellent livreQuand tu dis que la lecture de l’autobiographie d’un lutteur professionnel m’a donné plus de plaisir cette année que n’importe lequel film vu au cinéma, wow! L’eusses-tu cru? Alors, je me vautre dans ma nostalgie pathétique et réécoute sans cesse des classiques d’autrefois: ISLAND OF LOST SOULS de 1933, BRIDES OF DRACULA de 1960, LA CLOCHE DE L’ENFER de 1973 et je marmonne intérieurement: pourquoi ne se fait-il plus de films comme cela?

Je visite le vénérable Internet Movie Database et j’apprends que THE SIXTH SENSE et THE BLAIR WITCH PROJECT font partie de la liste des meilleurs films d’horreur de tous les temps, occupant des positions dans les 5 premières places! Ça me donne le goût de faire un gros feu d’artifice avec ma collection vidéo. Pas drôle, hein? Tout ça pour dire que j’ai vécu une certaine déprime cinématographique (particulièrement de septembre à novembre) et que je recommence tranquillement à m’en remettre. Cela arrive dans n’importe laquelle carrière, j’imagine, un blasement général, alors que plus rien ne vous impressionne.

Faire des prédictions pour l’an 2000 me semble futile, comme si tout changerait d’une seconde à l’autre: je me souviens au primaire quand on prédisait que des petites pilules remplaceraient les repas, les trottoirs seraient mécaniques et mouvants, on pourrait voler dans les villes dans des engins aériens... Comment ça se fait que dans quelques jours, on ne se promènera pas vêtu(e)s de toges et sandales romaines, avec des grosses têtes dégarnies pleine d’intelligence et de savoir, jouant de la harpe?

J’attends juste le jour où nous n’aurons plus besoin de comédiens pour le cinéma, qui seront habilement remplacés par des petits bonhommes créés par un logiciel électronique. Le temps approche, le temps approche...

Benoît Chénier

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