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ÉDITORIAL X-BEN
5ième édition

FANTASIA 99

Mon dernier rapport sur le festival FantAsia:


SWIRI

image du film

Un gros film d'action coréen. Il y a avait une foule monstre à l'Impérial, dont plusieurs personnes de la communauté, probablement parce que le metteur en scène était présent. Il n'a rien révélé de si extraordinaire, déclarant que son intention était de réunifier la Corée du Nord et celle du Sud (yeah, sure, as if...). J'ai préféré me concentrer sur la charmante interprète qui traduisait en français. La meilleure séquence de ce film demeure les premières minutes, qu'on peut qualifier de G.I. Jane In Hell, alors qu'on peut assister à des segments de sessions d'entraînement d'un commando spécial, qui semble avoir le bénéfice de se "pratiquer" sur des cibles humaines hurlantes! Brutal et sanglant. Ce film nous offre un scénario de terroristes des plus ordinaires, qui est sauvé par la mise en scène et l'interprétation des comédiens. Je ne suis pas prêt à dire que les scènes d'action sont si spectaculaires, car certaines sont filmées genre "caméra sur l'épaule" et c'est à ne rien comprendre à ce qui se passe. Qui tire sur qui? Comment un tel personnage s'est rendu du point A au point B? Quand même une production impressionnante et c'est facile de comprendre pourquoi c'est le plus grand succès box-office à ce jour en Corée.

WIFE TO BE SACRIFICED

image du film

....ou le Guide Parfait du Petit Pervers Maison? Ce célèbre film valait le déplacement, peut-être juste pour s'assurer qu'aucun remake américain n'en sera jamais inspiré! Il n'y a pas vraiment d'"histoire", juste la présence d'un type assez tourmenté qui kidnappe son ex-épouse, l'amène à son chalet et procède à une série de séances de torture et d'humiliation. Il l'attache dans toutes sortes de positions inconfortables (le S/M est véritablement un art au Japon, on est loin de pratiques de vieilles mémés en cuir style Miss Wanda ici), l'observe quand elle fait pipi/caca, lui fait couler de la cire chaude partout, la fouette, etc. Évidemment, comme dans tout bon film japonais du genre, elle finit par aimer ça! Un jeune couple d'amoureux se verra condamné à participer à toutes ces merveilleuses activités. Les rires nerveux d'incompréhension de la foule étaient fréquents. Une dizaine de personnes ont quitté avant la fin, si je ne me trompe, à mon suprême amusement. Dans le rôle-titre, Naomi Tani demeure sublime à tous les points de vue, elle qui demeure la reine incontestée des films S/M du Japon. Je verse une larme émue sur cette production, qui avait joué à Toronto l'année passée, et dont je tenais à visionner depuis longtemps. Et savez-vous quoi? Des films comme ça, il y en a des CENTAINES au pays du soleil levant!

CRAZY SAFARI

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Ce film de fou n'a ni queue ni tête. Il met en vedette N!xau (cela s'écrit vraiment ainsi, avec le "!"), l'indigène de LES DIEUX SONT TOMBÉS SUR LA TÊTE, qui se retrouve aux prises avec un vampire chinois. Il est important d'expliquer que dans le folklore asiatique, les vampires n'ont pas les mêmes attributs que leurs pendants anglo-saxons, la différence principale étant leur habitude à sauter pour se déplacer. Ceci provoque l'hilarité chez les spectateurs, alors que ce n'est pas nécessairement l'effet escompté. On peut voir sur la mauvaise photographie qui accompagne ce paragraphe notre héros assis sur les épaules de ce mort-vivant. Le scénario, en bref, est l'histoire d'un jeune homme qui achète la momie d'un de ses ancêtres à un encan. Accompagné d'un magicien, il a le malheur de survoler l'Afrique alors que leur avion tombe en panne. Recueillis par une tribu de charmants indigènes, ils verront une grande barrière de non-communication s'élever devant eux. Film parfois hilarant, mais souvent stupide, qui réussit à faire sourire. Séquence favorite: celle où l'on retrouve le magicien à la recherche de "papier de toilette" dans la jungle. Et comment oublier la finale avec N!xau possédé par le fantôme de Bruce Lee!

BULLET BALLET

image du film

Un type apprend que sa copine s'est suicidée en se tirant une balle dans la tête. Il devient obsédé avec l'idée d'obtenir son propre revolver. Ses recherches demeurent infructueuses. Il devient impliqué avec une bande de voyous, qui le battent et l'humilie de façon régulière. De peine et de misère (et grâce à la magie de l'Internet!), il construira son propre pistolet maison. Cherchera-t-il vengeance chez ses tourmenteurs ou voudra-t-il s'impliquer dans leur vie marginale et dangereuse? Ce film (absurdement comparé à CITIZEN KANE dans le guide FantAsia: pousse mais pousse égal!) est une réalisation de Shinya Tsukamoto, que vous connaissez peut-être pour TETSUO I et II. En noir et blanc granuleux, la mise en scène est tout de même impressionnante, ainsi que l'interprétation générale. Tout se gâche un peu à la deuxième partie, où le côté "guerre de gangs" prend trop le dessus. Malgré tout, Tsukamato (qui joue lui-même son propre héros) nous attrape à la gorge et ne lâche pas. Un point fort du Festival, avec un musique techno hallucinante.

SEX: THE ANNABEL CHONG STORY

innocente Annabel?

Comment ce film a pu se retrouver au programme de FantAsia est une question que je me pose encore. De toute manière, l'excitation était à son comble dans un Impérial bourré à craquer (au point que cela sentait réellement mauvais de sueur). Je trouve navrant que ce documentaire a probablement été le film qui a été le plus discuté dans la presse écrite, alors qu'il ne cadre pas du tout dans la mission de FantAsia. Enfin. Un public un peu trop énervé a pu voir cette biographie d'Annabel Chong, vedette porno qui a la distinction d'avoir "survécu" a un gang-bang avec 251 participants masculins, le tout immortalisé sur vidéo (qui demeure un best-seller). Les commentaires pathétiques dans la salle de quelques âmes désespérées en attendant le début de la projection (style "Chus bandé" ou "Enwoye Annabelle, chus prête") m'ont plongé dans un état de tristesse profonde et le film en a fait autant. La vue de l'immense star porno Ron Jeremy sur grand écran n'a pas plus aidé (ugh). On peut admirer Annabel (de son vrai nom Grace Quek) jouer Amazing Grace sur le piano, alors que l'étiquette sort du collet de son chandail. On ne peut pas dire que c'est mauvais, mais on ne peut s'empêcher de s'interroger sur les décisions que certains humains en détresse prennent en moments de crise. Par contre, Annabel elle-même était présente et semblait enthousiasmée à prendre les questions du public.

WHISPERING CORRIDORS

Assez! Cette prolifération de films lents qui ne mènent à rien est une vraie épidémie à FantAsia 99. Encore une fois, cela commence de façon captivante, pour aboutir à une finale consternante de stupidité. Des meurtres mystérieux sèment la terreur dans un collège de jeunes filles. Serait-ce le fantôme d'une ancienne étudiante qui cherche vengeance dû au fait que sa photo n'a jamais apparu dans l'album de finissantes? Bingo, vous avez deviné. Ce qui paraît l'intrigue d'un stupide slasher-movie américain est traité ici de manière prétentieuse et l-o-n-g-u-e. Si vous aimez voir une succession infinie d'images de fillette en uniforme se tenant immobile au bout d'un corridor d'école, petits pieds serrés ensemble, petits bas blancs montés au bas du genou, ce film est pour vous.

RING et RING 2

poster du film RINGposter du film RING 2

Deux films très attendus qui, surprise, ne m'ont pas déçu. Le succès de ces productions ont provoqué toute une folie au Japon. Espérons que cela sera disponible ici pour le grand public. Le metteur en scène était sur les lieux et semblait satisfait de l'accueil. Creepy est le mot parfait pour décrire ces deux impressionnants films. Enfin des films d'horreur qui n'insultent pas leur public, proposant des thèmes nouveaux et fait réfléchir le spectateur. En gros, voici l'intrigue: il semble qu'une malédiction s'abat sur ceux qui visionnent une certaine cassette vidéo. En effet, les images contenues sont très confuses et inexplicables, et après écoute, le téléphone sonne et quelqu'un vous annonce que vous aller mourir dans exactement une semaine. Une journaliste enquête sur ce curieux phénomène alors que des jeunes étudiants semblent avoir péri après avoir regardé ce vidéo à un chalet. On soupçonne finalement l'esprit maléfique de la fille d'une controversée télépathe d'être à l'origine de ce phénomène. En dire plus serait péché. Je peux facilement classer RING parmi les meilleurs films d'horreur des années 90. Une séquence en particulier est remarquable comme étant une des plus macabres que j'ai pu voir au cinéma dans ma carrière. RING 2 arrive presque à la hauteur de l'original. Un troisième volet serait considéré pour tournage éventuel. Si vous croyez que SCREAM, SCREAM 2 et SCR3AM sont la fine pointe du cinéma horrifique, vous n'avez rien vu.

GAMERA 3: THE REVENGE OF IRIS

image du film

J'ai entendu beaucoup de commentaires sur ce film et le principal demeure: "Il n'y avait pas assez de batailles entre les monstres". Dans un sens, je dois donner raison à ces voix. Pourtant, j'ai beaucoup apprécié ce film, peut-être le kaiju (film de monstre japonais) le plus mature de tous les temps. Comparer cela aux vieux épisodes des Gamera des années 70 est comme comparer la moutarde en sachet du Roi de la Patate au foie gras du Chef Lelarge. En gros, on suit l'histoire d'une jeune orpheline (ses parents sont morts quand Gamera a combattu les Gyaos dans GAMERA GUARDIAN OF THE UNIVERSE) qui découvre un bébé monstre dans une grotte et décide de s'en servir comme instrument de vengeance contre la tortue géante protectrice de l'humanité. Parallèlement, les autorités militaires ont tout un casse-tête sur les bras: Gamera élimine les dangers contre le Japon, oui, mais cause autant de dommages matériels que ses adversaires. Que faire? Le GODZILLA américain de l'an passé m'insulte encore plus après avoir vu ceci. Les effets spéciaux sont époustouflants, et servent à faire avancer le récit. Dans un morceau de bravoure imprévu, Gamera blaste sa propre main pour se sortir d'une situation qu'on ne peut qualifier que d'épineuse. La dernière image de ce film est encore imprégnée dans ma cervelle et le quatrième film de la série sera GAMERA 1999: ABSOLUTE PROTECTOR OF THE UNIVERSE.

EXPECT THE UNEXEPECTED

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Le titre de ce film policier d'Hong Kong est vraiment légitime quand nous aboutissons dix dernières minutes, alors que l'intrigue prend un tournant surprenant et inattendu. Une excellente distribution (particulièrement l'inépuisable Simon Yam et l'inestimable Lau Ching-Wan) nous présente une histoire musclée, un bon petit thriller policier avec des touches d'humour bienvenues. Rien de complexe, pour être honnête, juste une escouade policière aux prises avec une bande de voleurs persistants. Un certain triangle amoureux semble se dessiner, mais jamais dans cent million d'années vous ne pourrez prédire la finale. Je reste coi sur le sujet, vous suggérant simplement de dénicher ce film, qui à premier abord, semble bien ordinaire.

JIN-ROH

image du film

Urgh, un autre supplice pour le postérieur. Les festivités commencent mal quand la représentante des droits de distribution en Amérique du Nord présente le film en disant: "C'est un film très compliqué, mais je pense que vous allez l'aimer quand même". Compliqué me dérange pas, mais horriblement ennuyant m'agace. En bref, j'ai trouvé le tout bien prétentieux, même s'il faut avouer que l'animation est excellente et un peu différente de tels produits venant du Japon. Assez dit, c'est fini!

CONCLUSION

Je serais menteur de dire que cela à été ma meilleure année chez Festival. En plus de visionner une tonne de films annoncés comme des chef-d'oeuvres et qui n'aboutissent à rien, la programmation en général m'a paru tirée par les cheveux, par l'inclusion de quelques titres qui ne cadrent pas vraiment dans l'esprit FantAsia. Il n'est donc pas surprenant d'entendre que dès l'an prochain, le Festival aura une durée de deux semaines. On imagine que les organisateurs ne veulent pas diluer le produit. Sage décision.

Benoît Chénier

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L'opinion de l'auteur n'est pas nécessairement celle d'AstroneF Magazine (et dans certains cas, heureusement!).