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Godzilla
(Gojira ; Godzilla, King of the Monsters)
Version JAPONAISE : sortie 3 novembre 1954, 98 minutes
Version AMÉRICAINE : sortie 27 avril 1956, 81 minutes, programme-double avec Prehistoric Women
C’est intéressant de savoir qu’après la Deuxième Guerre Mondiale, les Américains contrôlaient les produits de l’industrie cinématographique japonaise, détruisant des films existants et censurant à tour de bras. Après 1950, le Japon reprit contrôle et pu enfin exprimer ses sincères sentiments et sa culture par ses créations artistiques, avec des oeuvres anti-militaires très frappantes.
Les très importants studios Toho désiraient, conjointement avec l’Indonésie, produire un film à grands " éclats ". Quand des permis de travail leur furent refusés, l’équipe de production revint bredouille. Le producteur Tomoyuki Tanaka, dans l’avion de retour, créa le concept du futur Godzilla, inspiré du succès de la redistribution de King Kong au Japon et du film américain The Beast from 20,000 Fathoms. Il fut probablement aussi influencé par un incident près de Bikini Atoll où un bateau de pêche japonais allait être contaminé par une zone de tests atomiques américaine.
Tanaka engagea Eiji Tsubaraya aux effets spéciaux, qui lui-même envisageait depuis quelque temps un film avec une pieuvre géante. Également enrôlé au scénario, Shigeru Kayama, un écrivain de science-fiction renommé qui remplaça la pieuvre par un monstre reptilien/amphibien. Le metteur en scène, Ishiro Honda, apporta également plusieurs éléments au scénario.
Le fruit de leur labeur allait résulter en un film étonnamment mature, qui incluait un message social très incisif, ainsi que d’évidents thèmes antinucléaires. La photographie noir&blanc rend le tout encore plus déprimant. Les petits yeux malveillants de Godzilla réussissent encore à provoquer un malaise, appuyé par la trame sonore magistrale d’Akira Ifukube. Notez également que la plupart des scènes de combat se déroulent la nuit, ajoutant à la vulnérabilité des victimes. Tout ceci contribue à affimer que le Godzilla original n’a pas nécessairement vieilli, comparé à des oeuvres américaines de l’époque.
Un agent de presse à l’apparence massive est à l’origine du mot Godzilla. En effet, son surnom était Gojira, un mélange de gorira (gorille) et kujira (baleine). Quoi de mieux pour baptiser un monstre gigantesque ? Notons que le costume pesait plus de 100 livres et a principalement été porté par Haruo Nakajima, cascadeur et acteur de films de samouraï.
Même si son apparence change de film en film, de 1954 à 1975, Godzilla mesure environ 50 mètres, pèse 22,000 tonnes et n’a jamais été vert, mais gris. C’est l’explosion d’une bombe atomique qui le fait émerger de l’océan et par conséquent, quelques innocents villages de pêcheurs vont en payer le prix, suivi de Tokyo (ce qui commença une tradition dont la ville se serait bien passée dans la série). La créature est détruite par une invention si terrifiante que le créateur se suicide pour ne pas en révéler l’origine !
Si vous pouvez mettre la main sur la version originale japonaise de ce film, vous verrez un des meilleures films de science-fiction de tous les temps. Évitez la version AMÉRICAINE, charcutée de certaines scènes qui sont remplacées par des images de Raymond Burr regardant par diverses fenêtres les dégâts et le danger qui l’entourent. La publicité nous informait : " Godzilla makes King Kong look like a midget ! ! ! ".
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