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Destroy All Monsters
(Kaiju Soshingeki)
Version JAPONAISE : sortie 1 août 1968, 89 minutes
Version AMÉRICAINE : sortie 23 mai 1969, 86 minutes
Argh ! Mon film-culte par excellence ! Un chef-d’œuvre, je vous dis !
Au générique : Godzilla, Rodan, Angilas, Mothra, Gorosaurus, Varan, Baragon, Manda, Spiga, Minya, Ghidrah ! L’action se déroule en 1999 (bientôt !). Les monstres demeurent tous sur Monster Island (idée conçue 25 ans avant Jurassic Park...)... Tiens, je fais prétentieux et vous cite mes propos, rien de moins, dans un article qui est quelque part sur ce site :
" ...Ce que tout le monde considérait comme une oeuvre puérile et secondaire, DESTROY ALL MONSTERS! (LES ENVAHISSEURS ATTAQUENT, en français) allait probablement me donner le goût à un cinéma de divertissement encore inconnu. Ce film de science-fiction japonais, parfois plus ambitieux que réussi, était tout un "Greatest Hits" de populaires monstres géants de caoutchouc, le studio Toho ayant réuni ses poulains les plus célèbres avec Godzilla en tête. Ces créatures habitaient Monster Island et furent un moment donné possédées par des envahisseurs de la planète Kilaak. Alors, chaque grande capitale est attaquée par un monstre différent. L’humanité doit se défendre sur plusieurs fronts, ayant même l’audace d’envoyer un vaisseau spatial super-duper pour contrer la menace à sa source. Way to go, boys!
Mes yeux éberlués de l’époque n’ont jamais oublié quantité la d’images de cette super-production, qui me hantent encore à ce jour: le premier tour de pistes des monstres sur l’île, alors qu’ils sont présentés l’un après l’autre; le professeur qui se suicide en se jetant en bas d’une falaise, alors qu’on voit revoler une petite poupée bien raide le représentant; la tache de sang sur la main de la fille alors qu’on lui arrache sa boucle d’oreille la tenant sous l’emprise des extra-terrestres; Rodan qui survole le Kremlin; l’Arche de Triomphe qui menace de revoler en morceaux; Godzilla faisant la job à Tokyo pour la 543e fois; Minya, son jeune fils enthousiaste, qui semble lancer de sa bouche des ronds de fumée de cigare; le pow-wow final, absolument l’une des scènes les plus excitantes que j’ai vue dans mon existence, où les monstres défendent la Terre contre Ghidrah le dragon à trois têtes; la dernière scène, un espèce de " Ce n’est qu’un au revoir, mon frère ", où les créatures nous saluent pratiquement de la main jusqu’à la prochaine invasion. Pour quelques secondes, ils deviennent les Amis des Enfants Partout Dans le Monde.
Si mes mots semblent ironiques dans le paragraphe précédent, c’est plus pour le style que pour d’autres choses, car j’ai vraiment de l’affection pour ce film, qui réussit l’exploit extraordinaire de me faire revenir petit garçon à chaque visionnement, de me faire plonger dans un monde impossible et d’y croire pendant 90 minutes. C’est un des plus beaux compliments que l’on peut donner à un film. Pour plusieurs, DESTROY ALL MONSTERS! est sûrement une folichonnerie grotesque, une parade de costumes hideux. Quand j’ai vu THE MIGHTY MORPHIN POWER RANGERS une fois, j’ai trouvé cela dans le très tarlais. J’aurais plus censuré cela pour niaiserie que pour violence. Mais en y pensant comme il le faut, comment puis-je me prononcer, en avouant que DESTROY ALL MONSTERS! est un de mes films favoris de tous les temps (et pas mal haut sur la liste, en plus)?
J’ai toujours eu un faible pour le personnage de Godzilla (quelqu’un, quelque part, avait déjà fait un parallèle de sa carrière cinématographique avec celle d’Elvis: jeune rebelle au début, gras et gentil par la suite...). Dans le film ici, il est l’ultime patriarche de ce clan turbulent. Ce qui me fait penser aux souvenirs sonores de ce film, avec les cris différents que hurlent les monstres, une petite merveille de technologie audio. Comment pourrais-je oublier la qualité du doublage en français, en plus, typique des films japonais. Ici, c’est sûr que les lèvres ne suivent pas les mots, mais à quelques occasions, on entend un personnage parler alors que sa bouche est fermée!
J’ai vu ce film je ne sais combien de fois dans mon enfance en après-midi (et une fois au 13 de Trois-Rivières lors de leur fameux Cinéma de 5 heures, en une version coupée probablement à la Boucherie Sanzot, pour tout faire "fiter" ça dans un "time slot" de 90 minutes incluant les tirages!). Il y a quatre ou cinq ans, j’ai eu le plaisir de vivre une des expériences cinématographiques les plus intenses de ma carrière en visionnant le tout sur grand écran au Rialto, lors d’un B-Movie Festival. J’en avais les larmes aux yeux. Une excellente copie a également été présentée au festival Fant-Asia devant une foule hystérique/éberluée. "
Sincère, n’est-ce pas ?
Après deux semi-flops, Toho n’avait pas le choix : ramener Honda, Ifukube and Tsubaraya. Ce dernier allait devenir le chef d’orchestre de la plus imposante bataille de monstres jamais filmée, avec onze participants. Un scénario intéressant traite les créatures comme des puissances à respecter, pas juste des poupées de plastiques. Un groupe rock du Michigan (avec comme un des membres un ancien des Stooges) allait se nommer Destroy All Monsters en hommage au titre américain de ce film. Finalement, Destroy All Monsters sera disponible pour la première fois en Amérique du Nord sur vidéocassette à la fin mai.
J’en ai déjà assez dit, concluant sur cette pensée : la marche devenait haute à franchir pour le restant de la série...


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