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URSULA ANDRESS
Si
personnellement je considère Raquel Welch comme ma starlette
favorite des années '60, je dois également avouer qu'Ursula Andress n'est pas loin au
numéro deux. Peut-être que son côté légèrement glacial l'empêchera toujours de se
glisser au sommet du firmament. Mais qu'importe! Tout le monde reconnaît Ursula et tous
les hommes se fichent si elle est sympathique ou non. On veut des photos! Comme Raquel,
Ursula n'a pas participé à une tonne de films fantastiques, mais les rares contributions
sont tout de même mémorables. Par quoi commencer? Sa naissance? Quoi de plus original?
Allons-y:
Ursula est
née à Berne, en Suisse, le 19 mars 1936. Elle aura donc 65 ans sous peu et pourra
bénéficier d'une réduction sur son entrée dans les salles de cinéma diffusant ses
films. Sa famille se constitue de six frères et soeurs. Son esprit aventurier se
développe rapidement et à l'âge de 17 ans, elle fugue pour rejoindre un acteur
français, qui ne se fera pas prier pour l'emmener à Rome. Les parents d'Ursula, dignes
protestants d'origine germanique, lancent Interpol à la rescousse! Mais quand tout sera
éclairci, la carrière d'Ursula débutera aussitôt dans les studios de la Cinecittà, en
tant que figurante dans quelques films mineurs, genre comédies légères un peu osées.
Une rencontre inattendue se fera alors avec nul
autre que Marlon Brando. Le futur Parrain lui conseille de tenter sa chance à
Hollywood et met les grosses huiles de Paramount au parfum. C'est à Londres qu'Ursula
obtiendra un contrat du studio, qui l'envoie alors aux États-Unis. Mais elle semble plus
ou moins intéressée à suivre toute la formation que les jeunes actrices de l'époque se
voyaient obligées de gober, dans ce fameux système des grands studios américains de ces
années. Même qu'apprendre convenablement l'anglais ne semble pas une priorité pour
elle. Avant de retourner en Europe, elle apprend que la Columbia s'intéresse à elle. Oh,
et on lui prête une liaison avec James Dean... même on chuchote qu'elle était avec lui
quand il a acheté le bolide qui lui a coûté la vie...
Peu après, Ursula rencontre John Derek, acteur de
dix ans son aîné. Elle cesse toute activité professionnelle après leur mariage en
1957, allant jusqu'à racheter son contrat avec Columbia, même si elle n'avait pas
tourné dans aucun film. Il demeure encore intéressant de constater comment les deux
futures épouses de Derek (Linda Evans et Bo Derek) ressemblaient à l'initiale... autant
par le figure que par le corps. Hum. Pour sa part, Derek était considéré comme un
acteur dans le moule "Tony Curtis/Cornel Wilde", beau garçon, mais n'étant
jamais devenu une star majeure. Il demeure un des premiers acteurs à passer derrière la
caméra pour tourner des projets pas vraiment "commerciaux".
En 1962, le
premier film de ce qui allait s'avérer une des plus profitables et populaires séries
cinématographiques de tous les temps atterit sur les écrans : donc, Dr. NO est le premier James Bond et Ursula
l'ultime BondGirl, encore indétrônée de nos jours. L'apparition de son personnage d'Honeychile
Ryder vêtue de cet invraisemblable bikini blanc fait encore frémir d'émotion.
Malgré un fort accent et un faux bronzage (sans compter un salaire de 10,000 $),
Ursula Andress passe à la légende et le couple Andress/Connery frise la perfection. Son
nom devient connu partout dans le monde. On s'attend à une carrière spectaculaire.
Encore une fois, hum.
Pourtant, 1963 commence bien. Personne ne se
plaindra de voir Ursula et Anita Ekberg dans une même production, laquelle est un western
intitulé FOUR FOR
TEXAS, avec Frank
Sinatra et Dean Martin en cowboys (!). Évidemment, le King sera de la partie alors
qu'Ursula donnera la réplique à Elvis dans FUN IN ACAPULCO (n'est-ce pas le film où il joue un acrobate de
cirque traumatisé?). L'année suivante, elle joue pour la première fois avec son époux
dans NIGHTMARE IN THE
SUN (et Sammy Davis
Jr.; tiens, le Rat Pack est toujours dans les parages).
1965 demeure une autre excellente année. Ursula
est au summum de sa beauté dans la comédie WHAT'S NEW PUSSYCAT?, avec l'inoubliable chanson-thème interprétée
par Tom Jones et la participation de Peter Sellers, Peter O'Toole et Woody Allen. Vient
ensuite LA DIXIÈME
VICTIME (tiens, un
film de science-fiction!) avec Marcello Mastroianni (vêtu d'un complet noir et d'une
mince cravate noire, wow) où Ursula nous présente le fameux soutien-gorge cracheur de
balles. Image très difficile à oublier par gamins impressionnables. Toujours la même
année, SHE apparaît sur les écrans,
production des studios Hammer, avec le "casting" parfait d'Ursula en Ayesha,
Celui-Qui-Doit-Être-Obéie. ...ouf... Pour finir l'année, Ursula se trouve un amant
pendant le tournage de LES TRIBULATIONS D'UN CHINOIS EN CHINE de Philippe de Brocca, rien de moins que la star
du film, Jean-Paul Belmondo.
En 1966, le
mariage avec Derek s'effrite, alors qu'il venait de réaliser ONCE BEFORE I DIE avec son épouse. Bébel mort de
rire. Surtout quand elle avouera plus tard que ce dernier a été l'homme de sa vie. Une
relation turbulente d'une durée d'au moins sept ans s'ensuivra. Ursula se blessera même
avec un rasoir alors qu'elle courrait après Bébel pour le punir d'une transgression
quelconque. Force est d'admettre que sa priorité dans la vie n'a jamais été sa
carrière. Les années allaient donner raison à cette constatation. Elle s'emmourachera
plus tard de Warren Beatty, Ryan O'Neal et Fabio Testi. Pendant ce temps, elle a le temps
d'apparaître dans une parodie des James Bond, CASINO ROYALE, et un western incongru et appelé à être
redécouvert, SOLEIL
ROUGE, avec Charles
Bronson, Alain Delon et Toshiro Mifune. La scène où elle se fait malgré elle rôtir au
soleil est une autre mémorable.
Elle tournera
presqu'exclusivement en Europe vers le milieu des années '70, principalement en Italie
(sans compter STATELINE
MOTEL de 1975,
tourné à Montréal!). À l'âge de 42 ans, Ursula apparaît dans le film d'horreur LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE, avec Stacy Keach, film connu
sous plusieurs autres titres. Vous ne serez jamais les mêmes après avoir vu Ursula
attachée nue à un poteau, enduite d'une pâte à l'origine douteuse et prête pour le
sacrifice, tout cela grâcieuseté de Sergio Martino. Croyez-le ou non, j'ai vu ce film à
la télévision commerciale, à l'époque où nous n'étions pas enseveli par
d'innombrables productions "made-for TV". Une forte nostalgie pour ce cinéma de
fin soirée m'assaille, tout à coup.
En 1979,
pendant le tournage de CLASH OF THE TITANS, Ursula s'éprend du jeune acteur interprétant
le héros, Harry Hamlin (elle-même incarne Aphrodite). Il a 27 ans, elle 43.
C'est pourtant l'homme qui lui donnera un enfant, Dimitri-Alessandro, en mai 1980. Mais
elle montrera la porte à Hamlin dans bien peu de temps, pour se remettre à la recherche
d'une autre liaison éphèmère... Le reste de sa carrière se déroule dans quelques
productions européennes (souvent pour la télévision) très peu connues chez ses fans
anglo-saxons.
Ursula Andress
semblait plus souvent qu'autrement feindre d'être une actrice, ce qui devait l'arranger
intérieurement. Tombée par hasard sur ce genre d'existence, toute cela semblait
prétexte à rencontrer des hommes passionnants. Dans la majorité de ses rôles, elle
parlait majoritairement avec douceur, tout en affichant un air pensif à la limite de
l'inexpressif. Pourtant, pour une supposée "déesse de glace", elle a inspiré
plus d'un fantasme depuis bientôt 40 ans. Des photos récentes nous démontre qu'elle a
bien sa place ici, avec d'autres Queens qui ne semblent ne jamais vieillir.
Serait-ce la fameuse légende d'Ayesha, celle qui ne sera jamais victime des
ravages du temps? Ou encore la contribution d'Aphrodite?

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