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MARTINE BESWICKE
Alors que l'on
s'entend sur le fait que Barbara Steele est notre ultime Queen de ce dossier, on
peut se désoler que Martine Beswicke aurait pu lui succéder/l'épauler à l'époque,
mais n'a jamais pu s'élever à un tel statut, malheureusement. Ce n'est ni un manque de
talent ou de beauté qui l'en a empêché, mais plutôt un piètre qualité de films en
deuxième moitié de carrière et ainsi l'inexistence de rôles de qualité. En d'autres
circonstances, Martine aurait pu devenir une Scream Queen de premier plan. Mais
quand même aujourd'hui, elle nous a laissé malgré tout une fort intéressante
filmographie.
Elle est née à Port Antonio
en Jamaïque le 26 septembre 1941, où elle y a vécu jusqu'en 1953, année où elle se
rend en Angleterre pour déjà commencer à étudier les arts dramatiques, sa famille
espérant qu'elle apprenne le «vrai» langage anglais et non pas le «jargon» des îles.
Après avoir fréquenté une école de secrétariat, Martine retourne dans son pays
d'origine à 16 ans pour s'apercevoir que les opportunités de tournage sont très
limitées. Elle participe à un documentaire sur l'industrie touristique locale, ce qui
lui vaudra d'attirer l'attention d'une agence anglaise, qui la proposera pour le rôle
principal féminin dans le premier film de la série James Bond, Dr. NO. Mais
elle est trop inexpérimentée pour un tel projet. C'est à l'âge de 22 ans qu'elle
participe à son premier film, SATURDAY NIGHT OUT.
Elle fera officiellement partie de l'Univers Bond en jouant une
féroce gitane dans FROM RUSSIA WITH LOVE, qui se bat contre une adversaire pour gagner le
coeur d'un compatriote. En fait, elle est l'une des rare comédiennes à revenir dans la
série dans deux rôles différents, alors qu'elle est également au générique de
THUNDERBALL en 1965, dans un court rôle d'espionne. C'est à son honneur qu'elle ait pu
interpréter deux rôles très différents, sans presqu'aucune dialogue... et si
mémorables encore de nos jours. Une véritable BondGirl comme il ne s'en fait plus?
Martine allait alors envahir un autre
univers connu, celui des studios Hammer. Son rôle dans ONE MILION YEARS B.C. en 1966
allait la faire connaître du public encore plus, en particulier une scène de combat
contre Raquel Welch (gasp!), les deux n'hésitant pas à remplir cette tâche après avoir
vu le pitoyable résultat impliquant leurs doubles respectifs. Tout ceci allait résulter
en son premier film en vedette, une autre bouillabaise préhistorique intitulée
PREHISTORIC WOMEN, où Martine est la Grande Prêtresse d'un culte de brunettes adorant
l'idôle d'un rhinocéros blanc et faisant des misères aux blondinettes de la tribu! À
travers ce scénario farfelu et difficile à croire, Martine réussit à convaincre avec
une prestance époustouflante.
L'année 1967 se poursuit de façon occupée avec en plus un
spaghetti-western, en compagnie du grand Klaus Kinski, intitulé A BULLET FOR THE GENERAL.
Également, un film dérangeant mettant en vedette trois psychopathes terrorisant un jeune
couple: Martine tient le rôle d'Harry dans THE PENTHOUSE, un personnage totalement
différent à cette époque dans sa carrière, faisant partie du trio de vilains.
Curieusement, et alors que Barbara Steele commençait à moins tourner de son côté,
c'est à ce moment que Martine aurait bénéficé de participer à plus de tournages pour
la catapulter au sommet des actrices vedettes de films fantastiques.
Son meilleur
rôle pourrait être dans Dr. JEKYLL AND SISTER HYDE de 1972, où elle devient le méchant
côté féminin du bon docteur gobeur de potions douteuses. Un des plus intéressants
films des studios Hammer dans leurs dernières années, on peut y noter la ressemblance
frappante entre Martine et le comédien principal, le regretté Ralph Bates. Aujourd'hui,
on peut déclarer que Sister Hyde est parmi les plus impressionnates
interprétations féminines dans tout le cycle des films d'horreur chez Hammer. Encore une
fois, il est concertenant de découvrir que ceci n'a pas amené en de meilleures
opportunités pour l'actrice.
En 1974 est tourné SEIZURE, premier film d'Oliver Stone est
tourné entièrement au Québec (dans les Laurentides, pour être plus précis) dans des
conditions très difficiles. Martine y est, bien sûr, la Reine du Mal, qui
manipule comme des pions les habitants d'une maison de campagne. Plusieurs des techniciens
pendant le tournage ont pensé à assassiner Stone... qui lui était très proche de faire
de même avec un insupportable Hervé Villechaize, le fameux nain de Fantasy Island!
Stone décrivait les québécois de l'équipe technique comme toujours paquetés et
demandant jour après jour plus d'argent!
Après, Martine participe à des films dont la qualité est
chancelante. Notons un film télé intitulé DEVIL DOG: HOUND OF HELL, également CYCLONE,
FROM A WHISPER TO A SCREAM, EVIL SPIRITS et TRANCERS II. Rien pour écrire à sa mère,
mais nous rappellant constamment que Martine Beswicke aurait pu être au premier plan des
loges pour de l'horreur de grande qualité (et le pire, c'est qu'elle volontaire pour
remplir cette mision!). Malgré tout, nous pouvons sans gêne la remercier pour sa
présence inestimable et espérer qu'il n'est pas encore trop tard pour la voir en
quelconque reine des vampires dans un éventuel projet... ne désespérons pas, les
ami(e)s...

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