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Scream Queens

PAM GRIER

Pam GrierIl y a toujours de l'espoir à réhabiliter les Scream Queens, après tout: le meilleur exemple demeure Pam Grier, qui a pu bénéficier d'un bel hommage de Tarantino dans Jackie Brown. Alors on prend toutes les filles (encore vivantes!) de ce dossier et on leur écrit un rôle-vedette!!! On commence par qui?

Pam


Pam Grier est très cool. Calme, bien articulée, avec un positivisme et une philosophie de la vie très remarquable. Avant même que je sache son nom, j'ai toujours «tripé» sur elle. Elle a ouvert la voie à une nouvelle génération d'actrices qui n'avaient pas froid au yeux et qui pouvaient enfin tenir leur bout dans les films d'action, tout en demeurant féminine et sexy. En fait, si je puis me permettre un aveu complètement macho-man: elle a le bonheur de jouir d'une des plus belles poitrines que le 7ème Art nous a donné l'honneur d'admirer.


ai-je bien dit poitrine?


Née le 26 mai 1949 à Winston-Salem, Caroline du Nord, Pam est la fille d'un mécanicien de l'armée américaine. Elle suit alors son père dans son enfance de base militaire en base militaire, passant de l'Angleterre à l'Allemagne. À 18 ans, alors que la famille se trouve à Denver, Pam participe au concours Miss Colorado Universe. Êtes-vous prêts à parier avec moi que ceci la fera remarquer par quelque agent d'Hollywood? En plein dans le mille. Ses débuts sont difficiles (la légende veut qu'elle travaillait comme opératrice de «switchboard» pour American International Pictures!). Finalement, elle décroche un minuscule rôle dans le légendaire Beyond the Valley of the Dolls de Russ Meyer en 1970. Puis, vint The Big Doll House, qui débute une des carrières les plus hallucinantes pour une comédienne américaine.

haut les mains et bas les pattes


En fait, qui aurait cru qu'en jouant dans une multitude de films de prison pour femmes (comme The Big Bird Cage, Black Mama White Mama, Women in Cages), Pam Grier deviendrait respectée autant de groupes féministes que de la communauté noire? Elle devint ainsi un symbole incontournable du cinéma «blaxploitation», un style de films d'action à l'origine visant le public africain-américain. Encore des titres: Cool Breeze, Hit Man, Coffy, Foxy Brown, Friday Foster, Sheba Baby. Coffy demeure un de mes favoris, surtout quand on observe notre héroïne dissimuler des lames de rasoir dans son large afro en cas où elle se ferait attaquer! Parfois vulnérable, souvent implacable, les personnages de Pam à cette époque sont de bonnes filles cherchant à se venger de quelque injustice. Toute la série blaxploitation est jouissante à visionner aujourd'hui, mélangeant un style de musique soul typique de l'époque, ainsi qu'un retour à une mode vestimentaire qu'on ne peut qualifier que d'extravagante. Plusieurs de ses titres sont ressortis ces derniers mois, avec même un Pam Grier Collection!

Pam!


Mais Pam une Scream Queen? Notez les titres suivants du début de sa filmographie: Twilight People, Scream Blacula Scream et The Arena (le seul film de gladiatrices de tous les temps? quelle déception). Et d'autres demeuraient à venir. Pendant ce temps, Pam Grier devenait une actrice-culte, un sex-symbol. Elle posa nue pour le magazine Players. Mais curieusement, alors que cette mode s'essoufflait, ses apparences au grand écran devinrent plus rare. Elle tourne Greased Lightning en 1977 avec Richard Pryor, un rôle plus «sérieux» et qu'elle espère débutera une succession de productions de meilleure qualité. Pas de chance: son prochain film est quatre ans plus tard, soit Fort Apache The Bronx avec Paul Newman, où elle campe le rôle d'une prostituée meurtrière. Pam verra comme récompense la plupart de ses scènes coupées au montage.

cool


Un peu de respect lui sera finalement accordé en 1983 dans Something Wicked This Way Comes, basé sur le classique de Ray Bradbury. Pam y apparaît plutôt silencieuse, mais son personnage est une sorcière, considérée «la plus belle femme du monde». En 1986, elle tourne au Canada avec Jean-Claude Lord dans The Vindicator, film d'action sci-fi. Ensuite, elle se retrouve avec Steven Seagal dans Above the Law et à partir de ce moment, elle recommence à travailler régulièrement. En peut la voir dans Class of 1999, en professeure-robot et dans Ted & Bill's Bogus Journey. Dans Original Gangstas, elle revient au style blaxploitation, avec trois autres habitué: Jim Brown, Richard Roundtree et Fred Williamson. Quatuor de choc! En 1996, on l'aperçoit dans le déplorable Escape From L.A. de John Carpenter et l'incompris Mars Attacks! de Tim Burton. Mais le meilleur était à venir.

Class of 1999


Alors que c'est maintenant la mode de cracher sur Quentin Tarantino, il aura au moins fait quelque chose de valable: donner le rôle-titre de Jackie Brown à Pam Grier, chose qu'il lui avait promise quelques mois auparavant. Paraissant presque 20 ans de moins que son âge véritable, Pam donne la performance de sa carrière. J'affectionne particulièrement la scène initiale, où l'on se contente de l'observer alors que la chanson Across 110th Street joue à tue-tête et qu'elle se tape un interminable escalier-roulant. Pourquoi ne pas l'avoir retrouvée candidate comme Meilleure Actrice aux Oscars? Bande de vieux ignorants! Au moins les Golden Globes avaient eu la décence de la mettre en nomination!!!

smile!


Qu'est-ce que l'avenir réserve à Pam Grier? Un retour à des séries B, comme semble l'indiquer sa participation prochaine à Fortress 2? Ou encore des petits rôles dans des productions mises en scène par des réalisateurs qui ont grandi sur les films de années 70 de l'actrice? À suivre. Son enthousiasme et son talent ne doivent pas être gaspillés. À mes yeux, elle demeure une des actrices les plus fascinantes des 30 dernières années.


hubba hubba


Allison Hayes
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