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LINDA HARRISON
Ça ne prend
pas grand-chose, parfois, pour devenir Scream Queen. Pas nécessairement besoin
d'une carrière couvrant plusieurs décennies ou encore d'être honorée par plusieurs
prix d'interprétation. Parfois, il s'agit seulement d'une unique opportunité... Notre
élue ce mois-ci, par exemple, est principalement connue pour un seul rôle, tenu dans
deux films... avec un seul mot de dialogue dans les deux productions combinées! Difficile
à croire? Pas tellement, quand vous vous souviendrez que Linda Harrison incarnait Nova
dans PLANET OF THE
APES et BENEATH THE PLANET OF THE APES.
Linda est née le 26 juillet 1945 à Berlin, dans le Maryland, aux
États-Unis. Grosse surprise, elle a remporté une succession de concours de beauté lors
de son adolescence (dont Miss Berlin en 1963, Miss Del-Mar-Va en 1964, Miss
Ocean City et Miss Maryland en 1965), ce qui lui permettra de se retrouver
à New York comme mannequin, elle qui avait déjà débuté à être actrice à l'école,
vers 1963. Toujours en 1965, elle sera une des finalistes du Miss American Pageant
se tenant à Long Beach, en Californie (à ne pas confondre avec le Miss America
Pageant). Alors, la prochaine étape devenait facile à identifier. Quelqu'un,
découvrez-moi!
À l'âge de 20 ans, Linda a la chance de tester pour la 20th Century Fox,
résultant en un test qui à sûrement impressionné quelqu'un, quelque part, car la
compagnie lui fait signer un contrat de sept ans. Sa carrière d'actrice débutera en 1965
dans THE FAT SPY, ainsi que de minuscules rôles
pour la télé, dont un en meneuse de claques pour deux épisodes de la série Batman
alors que le Joker est le méchant de service, en 1966. Cette même année, Linda
est dans WAY... WAY
OUT, une comédie de
science-fiction avec Jerry Lewis... et bénéficiant d'une apparition du monstre de
Frankenstein original tel qu'interprété par Boris Karloff!
A GUIDE FOR THE MARRIED MAN est un grand succès comique de 1967, où Linda
est présente pour environ cinq minutes et ne dit pratiquement rien dans le rôle de Miss
Stardust. Ce n'est pas grave, sa beauté remarquable en dit autant que n'importe
quelle ligne de dialogue (même si elle est blonde dans le film, ce qui ne lui allait pas
vraiment). Curieusement, je ne peux pas penser à une autre actrice ayant une belle plus
dentition... L'avenir s'avèrera prometteur et comme Fay Wray en 1932, Linda verra sa
légende éclore alors qu'elle se retrouvera entourée de simiens à l'intellect
prononcé.
L'aventure de PLANET OF THE APES est lancée (avec dans le générique "introducing Linda Harrison as
Nova") et évidemment personne ne pourra oublier la présence de Nova,
jeune primitive devenant l'élue du coeur de l'infortuné explorateur George Taylor.
C'est tout en son honneur, car l'actrice ne fait pas vraiment grand-chose, regardant avec
incompréhension les évènements se déroulant autour d'elle. Elle sera même témoin
muet de l'impact que la révélation finale aura sur Taylor. Ce rôle fera d'elle
une star-culte, alors que le reste de sa carrière demeure peu mémorable. Mais ironie du
sort, encore 33 ans plus tard, on le retrouve avec enthousiasme dans les conventions de
science-fiction, alors que d'autres comédiennes populaires de l'époque sont oubliées!
Le succès du premier film de la série est phénomémal, alors dans l'esprit logique
d'Hollywood se dessine le plan d'en produire un deuxième.
Linda reprend son personnage de Nova
dans BENEATH THE
PLANET OF THE APES,
qui sort sur les écrans en 1970. Elle attire l'attention d'un autre explorateur perdu, John
Brent (joué par James Franciscus dans un rôle proposé à Burt Reynolds), mais
retrouvera son amour premier, dans la scène la plus mémorable que Linda Harrison aura
jamais interprétée, alors qu'elle s'écrit: "Taylor!", prouvant
qu'elle aurait pu apprendre à discuter dans des circonstances plus favorables. Presque
tout le monde explose à la fin du film et Nova ne sera pas de la partie pour les
trois autres épisodes à venir de la série.
À travers tout cela, Linda était devenue régulière pour la série
télévisée Bracken's World. Elle pose pour une couverture mémorable de Cosmopolitan
et devient même amie avec la légendaire éditrice, Ellen Gurley Brown, qui deviendra
marraine des deux fils de Linda (Harrison et Dean), qu'elle a eu de son mariage avec le
producteur Richard D. Zanuck. Les enfants sont la raison pourquoi Linda disparaîtra des
écrans pour les quelques prochaines années, puisqu'on la reverra ensuite dans AIRPORT '75, alors que son
nom d'actrice est curieusement changé en Augusta Summerland (voilà un prénom pour
lequel j'ai beaucoup d'affection, toutefois). Elle ratera de peu d'obtenir le rôle
principal féminin dans JAWS
de Steven Spielberg en 1975, vu que son mari en est le producteur. Mais c'est la femme du
patron de Zanuck qui obtiendra le rôle! Tu parles de favoritisme! C'est Roy Scheider qui
a dû être déçu!
En 1978, Linda et Zanuck divorcent. On ne retrouvera Linda sur les écrans
(sous son nom original) qu'en 1985 pour COCOON et sa suite en 1988, COCOON: THE RETURN. Toujours de petits rôles qui ne tiennent pas le poids devant le mythe Nova.
En 1995, Linda revient dans WILD BILL de
Walter Hill, narrant les exploits de Wild Bill Hickok. La série de La Planète des
Singes est redevenue récemment disponible sur vidéo et DVD, ce qui redonnera de
l'intérêt en la personne de Linda Harrison et son rôle immortel, comme il se doit.
Elle devrait être de la partie pour
le PLANET OF THE APES de Tim Burton, qui devrait sortir
le 27 juillet prochain (une journée après l'anniversaire de Linda, en fait!), alors
qu'une courte apparition y est prévue aux côtés du héros joué par Mark Wahlberg.
Linda demeure encore aujourd'hui dans sa ville natale de Berlin et est constamment en
demande pour être présente dans les nombreuses conventions de cinéma aux États-Unis.

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