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MARISA MELL
Vous savez ce que c'est... vous idôlatrez votre Scream Queen favorite
et vous attendez que le mec chez AstroneF Magazine en discute... mais en
vain. De mois en mois, vous espérez que le nom chéri apparaisse au tableau principal,
mais... le néant. Vous savez, ma plus grande frustration envers ce dossier est que je
m'empêche de discuter de certains actrices dû au fait que l'information est souvent
injustement rarissime. Que ce soit l'impossibilité d'obtenir des éléments
autobiographiques valables ou simplement de mettre la main sur un support visuel adéquat,
les déceptions ont été nombreuses. Ce mois-ci, je fais exception: le texte sera
probablement mince, mais l'appoint graphique plutôt intéressant. Et pour cause! En fait,
je m'offre un cadeau de Noël à moi-même, que je partage avec vous.
Marisa Mell... que dire?
Parmi mes plus vieux souvenirs cinématographiques se retrouvent les dernières minutes du
film DANGER: DIABOLIK, où elle tient peut-être son
plus célèbre rôle, l'immortelle Eva Kant, mystérieuse assistance de Diabolik
lui-même, grand génie criminel avec penchant au déguisement qui se moque des
autorités. Eva devient otage de méchants rivaux, à un certain moment, et est détenue
de la façon suivante: attachée sur un lit en camisole et petites culottes. Ugh. C'est
beau si j'avais dix ans... comment oubliez ces moments presqu'érotiques de notre
pré-adolescence? Je vous le dis: ce dossier ne me rajeuni pas, mais me fait remémorer
d'excellents souvenirs.
Marisa Mell est née le 24 février 1939 à Graz, en
Autriche, sous le nom de Marlies Theres Moitzi. Elle a débuté sa carrière d'actrice en
1954, mais c'est vraiment à partir de 1960 qu'on la retrouvera régulièrement sur les
écrans. Après avoir tenu une succession de rôles mineurs (dont un dans un film policier
allemand basé sur les écrits d'Edgar Wallace, PUZZLE OF THE RED ORCHID), elle se retrouve en 1963 dans
le premier long métrage d'un futur "bad boy" du cinéma britannique, Ken
Russell, pour son FRENCH
DRESSING. Elle y
tient le rôle d'une vedette féminine du grand écran. La même année, Marisa est
impliquée dans un grave accident d'automobile en France. Elle dû subir des traitements
de chirurgie esthétique (!), ce qui laissa comme seule séquelle une lèvre supérieur
retroussée, ajoutant à son charme déjà considérable.
En 1965, Marisa tourne dans son premier film italien, CASANOVA '70, de Mario Monicelli, avec
Michèle Mercier et Virna Lisa, maman! C'est l'Italie qui semble lui avoir apporté le
plus de notoriété, si on considère que DANGER: DIABOLIK de Mario Bava en fera une vedette en 1968. Bava
l'aurait même préférée à Catherine Deneuve, rien de moins, alors qu'il recherchait
une beauté style "comic book". DIABOLIK demeure une des meilleures adaptations d'une
bande dessinée sur grand écran (et le rôle ultime du stoïque John Philip Law) et les
costumes du anti-héros ont peut-être inspirés Tim Burton pour son BATMAN de 1989. (Oh et en passant, voilà un fait
anodin: Marisa aurait joué Mata Hari sur Broadway, avec mise en scène de
Vincente Minelli! Huh?)
Marisa entreprend alors la meilleure partie de sa carrière
(toujours en Italie, allant également de la France à l'Espagne), enchaînant avec ce qui
est probablement sa plus impressionnante prestation d'actrice dans ONE ON TOP OF THE OTHER, de Lucio Fulci, daté de 1969.
Notons également en 1971 SEVEN BLOOD-STAINED ORCHIDS d'Umberto Lenzi, avec le père d'Antonio Sabato
Jr. ... Antonio Sabator Sr.! En 1975, citons également DIARY OF AN EROTIC MURDERESS et MAHOGANY avec Diana Ross, Billy Dee
Williams et Anthony Perkins. Qui n'a pas vu il y a une vingtaine d'années au
"Canal 10" CASANOVA & CIE avec Tony Curtis, diffusé presqu'à chaque mois?
Marisa y est, avec une autre Marisa, Berenson celle-là, et Sylva Koscina, Britt Ekland et
Jeannie Bell. Elle a le temps d'apparaître dans le Playboy italien pour le
numéro de novembre 1976.
Au début des années 80,
Marisa tourne dans des films plus obscurs, pratiquement pas distribués ou encore connus
hors de l'Europe, pour la plupart des comédies légères à saveur érotique. En 1990,
elle a le temps de se retrouver dans ATOR III: THE HOBGOBLIN de Joe D'Amato, avec l'inoubliable Laura Gemser. En 1991, dans I LOVE VIENNA, Marisa participe à son dernier
film. Elle décédera le 16 mai 1992 à Vienne d'un cancer de la gorge, disparition subite
qui surprendra la totalité de ses fans, alors qu'elle n'avait que 53 ans.
Finalement, pas si mal pour un gars qui croyait n'avoir rien à dire sur une des
euro-starlettes des plus marquantes des années 60 et 70. La beauté de Marisa Mell et son
testament cinématographique feront qu'elle ne sera jamais oubliée de génération en
génération. Eva Kant, où es-tu?

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