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La majorité d’entre nous demeure toujours impressionnée
par les films vus lors de notre enfance. Adolescent, je devenais fou à la
simple perspective de pouvoir visionner une aventure de Godzilla à la télé. Cet amour pour les histoires de gros monstres
destructeurs ne s’est jamais évaporé et je m’amuse à constater que
c’est à travers quelques films de cette série que j’ai pu découvrir
la ravissante Kumi Mizuno. Kumi Mizuno? Ben oui! Qui pourrait oublier ces
hallucinants yeux? Elle a contribué à quelques inoubliables titres du
cinéma japonais de science-fiction des années ’60, alors son inclusion
ici ne peut paraître surprenante.
Elle est née le 1er janvier 1936 (ou est-ce
1937?) sous le nom de Maya Igarashi, à Nigata, au Japon. Elle s’enrôlera
et graduera d’une école de comédiens pour débuter en 1957 dans CRAZY
SOCIETY. L’année suivante et maintenant nommée Kumi Mizuno, elle fera
partie d’une campagne de promotion des studios Toho en compagnie de deux
autres jeunes actrices, résultant en un trio nommé « Les Trois
Beautés ». Il semble que le mot « mi » veut justement
dire « beauté » en japonais et que les trois possédaient ces
lettres dans leurs noms (les deux autres étant Misa Uehara et Mina Mitsu).
Kumi sera la seule qui aura une carrière significative, toutefois.
Le célèbre metteur en scène Ishiro Honda la prendra
comme protégée et l’impliquera éventuellement dans son immortelle série
de films de monstres colériques. Pour l’instant, elle tourne pour la
première fois avec lui en 1959 dans SENIORS, JUNIORS, CO-WORKERS, qui
semble n’avoir rien en commun avec des envahisseurs de l’espace ou
dangereux champignons ambulants. La même année, Kumi se retrouve dans
l’immense film BIRTH OF JAPAN, d’une durée de trois heures, avec
l’illustre Toshiro Mifune. Le titre décrit très bien le sujet. Mifune
a même le temps de se battre contre un dragon. Kumi côtoiera quelques
fois Akira Kubo, autre jeune acteur japonais qui sera impliqué dans la série Godzilla.
En 1962, Kumi débute officiellement l’aspect
science-fiction de sa carrière en jouant dans GORATH, sous la direction
d’Honda (qui pourra admettre plus tard qu’elle aura été sa comédienne
favorite à diriger). Avec des allures de films à désastre, on y voit un
météore géant qui trouve la Terre sur son chemin et risque de l’anéantir
à leur collision. Le titre du film est, incidemment, le nom de cette planète.
Toujours en ’62, un classique du cinéma japonais apparaît sur les écrans,
une autre version d’une vénérable histoire : nous parlons bien sûr
des 47 RONINS, où Kumi a un rôle. Une production qui dure 207 minutes,
précisons-le.
1963 sera une autre année importante, voyant l’arrivée
d’ATTACK OF THE MUSHROOM PEOPLE, l’un de mes titres favoris de tous
les temps. Kumi est en vedette, avec Akira Kubo, dans ce film qui n’a en
fait que sept personnages. Ils sont tous des naufragés sur une
bizarre île et certains auront le privilège d’être transformés en créatures
mi-humaines, mi-…champignons! Tout cela donne l’air du summum de
l’absurdité, mais le film réussit tout de même à créer une atmosphère
d’inquiétude. Un des rares films d’horreur susceptible de soulever
des plaisanteries impliquant Les joyeux naufragés. Pour une fois, Ishiro
Honda n’a pas à composer avec des monstres géants radioactifs et en
maudit.
Peu après, Kumi retrouve Toshiro Mifune dans THE LOST
WORLD OF SINBAD, qui n’a pas vraiment grand-chose à voir avec la série
anglo-saxonne de Sinbad.
Pourtant, nous avons ici un héros astucieux qui tente de contrecarrer les
plans d’un vilain conquérant. Kumi est Miwa,
la chef des rebelles. Dans WHIRLWIND, Kumi tient un rôle de sorcière
dans ce film historique. Puis, vient INTERNATIONAL SECRET POLICE, KEY OF
KEYS, film d’espionnage qui tombera entre les pattes de Woody Allen,
traduisant le tout pour en faire l’inoubliable parodie WHAT’S UP
TIGER LILY?, concernant cette fois une recette de salade aux œufs recherchée. Cette
version ultra satirique sortira sur les écrans américains en 1966.
Ensuite, nous arrivons à FRANKENSTEIN CONQUERS THE WORLD
et le mot « indescriptible » n’est pas assez fort pour
rendre justice à ce scénario complètement capoté. On y retrouve
notamment le cœur du monstre de Frankenstein venant d’un laboratoire
nazi qui sera exposé aux radiations de la bombe atomique tombée sur
Hiroshima. Ce cœur deviendra un corps humain complet, résultant en un
garçon sauvage qui a une tête plate comme le monstre de Frankenstein de
Karloff! Prenant soin de lui, on découvre les docteurs James
Bowen et Sueko Togami. S’emmerdant, le garçon sectionne sa propre main
avec ses dents et quitte le labo. Il se mettra à grandir tout en restant
très laid, vêtu de fourrures, se battant même contre un dinosaure et
une pieuvre gigantesque. L’acteur américain Nick Adams se retrouve dans
cette galère et c’est avec surprise qu’on peut constater qu’il joue
bien aux côtés de Kumi, malgré les circonstances. Même qu’on soupçonnera
une romance entre les deux, pendant le tournage, rumeur encore démentie
à ce jour par Kumi.
WAR OF THE GARGANTUAS sera la suite de ce film, avec notre
garçon mutant ressemblant encore plus à un gigantesque primate et sa
main sectionnée étant devenue comme un frère jumeau! Un autre acteur américain
déconcerté partage la vedette, cette fois l’agile Russ Tamblyn, qui débutait
une tournée de carrière assez ahurissante, avec un rendez-vous prochain avec le
metteur en scène Al Adamson, célèbre pour son manque de talent.
Mais la question que je devine pendue à vos lèvres :
où est Godzilla dans tout cela?
Il est dans GODZILLA VS MONSTER ZERO, en compagnie du vaillant
Rodan
et du détestable Ghidrah. Et également
GODZILLA VS THE SEA MONSTER. Kumi se retrouve dans ces deux productions et
a passé à l’immortalité à cause d’elles. Dans le premier, elle
retrouve Nick Adams et elle joue une extra-terrestre qui fait partie
d’un plan pour envahir le monde, après avoir privé la Terre de ses
deux plus valeureux défenseurs, Godzilla
et Rodan. Kumi porte une attrayante combinaison spatiale et une coupe
de cheveux style « petit page » délicieuse.
Dans le second, elle est une indigène des mers du Sud,
alors que Godzilla fout le
bordel en se prenant au collet avec Ebirah,
grosse bibitte laide. En 1967, Kumi se retrouve dans THE KILLING BOTTLE,
film d’espionnage léger où l’on se dispute une sorte de mousse meurtrière
en tant qu’arme mortelle (?). On la voit ensuite en 1974 dans LOVE
IS IN THE GREEN VALLEY pour un rôle maternel et en 1988, prêtant sa voix
à une émission japonaise pour enfants avec des koalas en vedette, peut-être
plus reposant qu’une paire de frères mutants anthropoïdes provenant
d'un labo nazi. C’est à la télévision qu’on retrouve
Kumi en 1998 dans le film Tsukisoibito
no uta.
Kumi Mizuno a presque eu un rôle de support dans le récent
GODZILLA 2000, mais le tout n’a malheureusement pas pu se réaliser.
Tout de même, sa collaboration à la série fait d’elle une des
principales figures féminines à participer aux aventures du monstre. Son apparence dans MONSTER ZERO est passé à l’Histoire depuis
longtemps. Qui sait si on ne la verra pas un jour en train de courir
pendant que des buildings s’écroulent autour d’elle dans une nouvelle
production? Comme la photo accompagnant ce paragraphe le démontre, Kumi
et le Big G ne font-ils pas un charmant couple?
Consultez la filmographie de Kumi Mizuno!
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